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WikiLeaks, l'avenir du journalisme ?

| 11:27  Chaque semaine, un décryptage subtil et éclairé de l'information économique par Beth Krasna, administratrice de sociétés






Beth Krasna | 30-07-2010 | 11:27

La publication de 91'000 documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan sur le site de WikiLeaks soulève toutes les passions. Certains estiment que le public a le droit de savoir. D’autres objectent sous l’aspect sécuritaire et la protection des personnes impliquées dans les documents publiés. Le gouvernement américain est particulièrement vocal sur cette question, mais étrangement a participé à la divulgation de documents similaires sur les enquêtes des Nations Unis sur le même site WikiLeaks. Comme quoi on exigerait une transparence totale pour les organisations internationales, mais il ne faut surtout pas appliquer les mêmes règles à un gouvernement.

 

La presse peut rapporter les événements, les analyser, éduquer le public et diffuser des informations que certains préféreraient ne pas voir sur la place publique. Une presse libre et objective est un garant pour l’honnêteté des gouvernements. Mais à un certain moment, la presse peut basculer et essayer d’influencer ou de provoquer des événements. Dans le cas de WikiLeaks, les fondateurs ont clairement admis qu’ils essayaient de remettre en question l’implication des Etats-Unis en Afghanistan. Mais ils ne fournissent aucune analyse, les documents sont livrés en vrac. Difficile de se faire une opinion éduquée face à une telle masse d’informations.

 

Plus troublant est la question de la privauté. Il n’y a plus de sphère privée. Les informations des sociétés, organisations internationales et gouvernements sont les cibles privilégiées des médias, et le public, friand de téléréalité, ne trouve rien à y redire. Les informations personnelles suivent le même chemin : les informations bancaires peuvent être volées par des employés et distribués à tout venant, possiblement contre rémunération, et les profils sur Facebook n’ont plus guère de secrets. La tendance va vers une transparence totale. Faudra t’il dès lors s’inventer des facettes fictives pour préserver une partie de sa sphère privée ?


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