Valérie Garbani fait à nouveau la une de la presse
NEUCHÂTEL | 08:55 La police est intervenue au domicile de l’élue ce week-end après une dispute avec son compagnon. Quelques heures avant, un témoin affirme l’avoir vue, éméchée, invectiver des musiciens sur la scène de la Case à chocs.
Cédric Waelti | 17-06-2008 | 08:55
Malgré la promesse de changer de comportement et de relations, et surtout, malgré le pardon des électeurs qui l’ont réélue le 27 avril dernier, la conseillère communale Valérie Garbani continue de défrayer la chronique des faits divers.
La police est une nouvelle fois intervenue ce week-end au domicile de l’ex-conseillère nationale socialiste. Sur le coup de 8 h du matin, samedi, la magistrate de la ville de Neuchâtel criait, en petite tenue, devant sa fenêtre ouverte. La police cantonale a confirmé l’information révélée hier par les journaux L’Express et L’Impartial.
Prise de boisson dans une boîte de nuit
Quelques heures avant «cette dispute», Valérie Garbani a par ailleurs été vue dans la boîte neuchâteloise la Case à chocs où se produisait, vers 1 h 30 du matin, samedi, un groupe lausannois. Selon ce témoin direct contacté par la rédaction, la socialiste, prise de boisson, aurait invectivé les musiciens. La politicienne aurait aussi lancé des gobelets de bière sur le chanteur.
Malgré nos appels, Valérie Garbani n’a pas répondu hier à ces accusations. L’administrateur de la Case à chocs, Hugues Houmard, confirme ces débordements suite au show «provocant» du chanteur. «Il est possible que Valérie Garbani était là, mais je ne peux pas l’affirmer catégoriquement. »
En ce qui concerne l’intervention de la police à son domicile, Valérie Garbani, citée par les quotidiens neuchâtelois, affirme avoir été réveillée par les coups donnés par son compagnon. Outre une consommation d’alcool parfois excessive, la socialiste avait expliqué avant les élections être victime de violences domestiques.
A ce jour toutefois, selon la police cantonale neuchâteloise, la conseillère communale n’a pas déposé une plainte. «Et on ne sait pas non plus si Mme Garbani vit en ménage avec son compagnon, ce qui permettrait de poursuivre d’office le cas de violence», précise Marika Raimondo, juriste à la police cantonale neuchâteloise. A cause de sa nuit agitée, la conseillère communale avoue avoir raté un discours qu’elle devait prononcer samedi.
Démission demandée
La présidente des libéraux de la ville de Neuchâtel n’est pas surprise. «Malgré les promesses, rien n’a changé, Valérie Garbani a toujours des problèmes avec l’alcool», relève Caroline Gueissaz, qui demande aux socialistes «de reprendre leurs responsabilités». Donc de contraindre Valérie Garbani à la démission? «Oui», répond la libérale, qui estime que le comportement de l’élue est «incompatible» avec sa fonction.
«Une démission n’est pas à l’ordre du jour, rétorque Matthieu Béguelin, président du PS de la ville de Neuchâtel. Mais nous allons discuter avec elle, sans doute mercredi soir, pour faire le point. » Matthieu Béguelin assure ne pas être au courant des événements de la nuit de vendredi à samedi à la Case à chocs. A-t-il le sentiment d’avoir été trompé par les promesses de Valérie Garbani? «Non, elle a promis de s’engager dans un processus, et comme socialisteS, nous devons l’aider. »
«Une manière comme une autre d’exprimer sa détresse»
Ludovic Favre, intervenant au centre Lavi de Genève, travaille avec des victimes de la violence conjugale. Il répond à nos questions.
– Avant sa réélection, Valérie Garbani a promis de faire de l’ordre dans sa vie. Mais on voit aujourd’hui que ses difficultés ne sont pas résolues…
– Ce n’est pas surprenant: ce genre de situations est fait de hauts et de bas. Il ne faut pas oublier que, même s’il y a violence, les sentiments vis-à-vis du conjoint sont ambivalents. Et en général, ces femmes ne tournent réellement la page que lorsqu’elles le décident elles-mêmes.
– Valérie Garbani n’a pas porté plainte contre son compagnon. N’est-ce pas surprenant?
– Non, les victimes de violences ont souvent honte. Et une personnalité publique doit avoir encore plus de mal à aller voir la police. Mais en l’occurrence, c’est vrai, l’aveu public a déjà été effectué dans la presse.
– Le conseil à donner à de telles femmes n’est-il pas de quitter leur domicile?
– Nous pouvons leur conseiller de s’écouter elle-même et de se demander jusqu’où elles sont capables d’aller. Un jour, il y a un événement de trop, celui qui fait déborder le vase. Mais on ne peut pas dire à ces femmes qu’elles doivent changer de vie et les pousser à le faire. C’est d’elles que doit venir la décision.
– Valérie Garbani elle-même a connu certains débordements. Cela vous semble-t-il normal dans sa situation actuelle?
– Elle vit aujourd’hui dans une situation de détresse. Et ce comportement peut être une manière comme une autre de l’exprimer.
C. Z.
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