Vous avez beau citer les Vénus préhistoriques, les nymphes de Rubens, les baigneuses de Maillol et les actrices de Fellini comme exemples. Le rêve de la plupart des femmes reste de perdre un poids. Nous vivons au cœur de la civilisation «light». De même que l’idéal esthétique est devenu le vide, le volume du corps doit aujourd’hui à peine dépasser le squelette. Un seul problème. Perdre du poids prend du temps. Perdre du poids demande de l’énergie et de la constance. Perdre du poids suppose avant tout des sacrifices. Nous voilà loin d’un autre idéal des années 2010, le «tout et tout suite». On ne dira jamais à quel point le lancement du café instantané par Nestlé, en 1938, a changé le cours de la pensée universelle. Il existe tout de même des exceptions à cette lenteur. Des exceptions que je ne vous souhaite d’ailleurs pas. Une Argentine vient ainsi de perdre 22,6 kilos d’un coup. Qu’a-t-elle donc fait? Une de ces opérations esthétiques de choc dans le genre liposuccion avec un aspirateur géant? Pas du tout! Cette femme de 54 ans, dont le nom ne se voit pas communiqué, souffrait d’une tumeur. Son médecin, Oscar Lopez, s’attendait à enlever une poussée maligne d’une taille raisonnable sur une grosse dame. Pas du tout! Il lui a fallu se battre contre le monstre, un peu comme certains pêcheurs doivent ferrer la baleine. Moby Dick, quoi! «En trente-quatre ans de carrière, je n’avais jamais rien vu de tel. Aucune tumeur de cette dimension n’est mentionnée par les ouvrages de médecine.» D’ici à ce que le bon docteur Lopez aille se pointer au Guiness Book, il n’y a qu’un pas. Toujours est-il que le cher homme se répand dans la presse. La discrétion éthique a été laissée au vestiaire. «Pensez que c’est là le poids moyen d’un enfant de sept ans.» Et la dame, au fait, qui finit par se contenter de faire de la figuration dans cette histoire? Eh bien, rien à déclarer. La grande muette. Ou alors la songeuse. Avec 23 kilos de moins, on doit avant tout penser à sa prochaine garde-robe d’été. Enfin en taille 40! D’elle, les agences ne disent finalement qu’une chose. Après cinq jours d’hospitalisation, l’Argentine est rentrée chez elle. Tout est donc bien qui finit bien. Elle, au moins, n’a peut-être pas envie de parler de records. Un record qui se verra, bien sûr, un jour battu avec une tumeur de 24 kilos.
Une Argentine perd 22,6 kilos d'un coup. La pauvre!

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