Une Anglaise se dit terrorisée par les bananes. Que faut-il y voir?

dumont2_147_0.jpg

© DR

De quoi avez-vous peur? De tout et de rien, bien sûr. La crainte ne se commande pas, surtout quand elle n’a aucun motif. Bien des gens (des femmes, assurent les mauvaises langues) se focalisent ainsi sur les souris et les araignées. Notez que s’il s’agit de grosses mygales, il convient néanmoins de rester prudent. Caressez les le moins possible.

 

Une Britannique (tiens, nous revoilà encore au Royaume-Uni…) déclare ainsi développer une véritable angoisse des bananes. Elle n’en fait aucun mystère. La chose fait les gros titres de «Metro UK» qui constitue, vous l’aurez deviné, le grand gratuit londonien. Et comment cette peur se manifeste-t-elle? Mais par les symptômes les plus classiques que reflètent les films d’horreur. La malheureuse change de couleur. Elle transpire. Elle tremble. Bref, le grand jeu.

 

Pour Fran Dando, tout a commencé à 7 ans. Normalement, il s’agit de l’âge de raison. Ici, ce fut plutôt celui de l’irrationnel. La maman de Fran a alors glissé pour plaisanter une banane dans le lit de sa fille. Celle-ci en a développé un véritable traumatisme. La torture plutôt que ça! Et il en va ainsi depuis quatorze ans.

 

La vie quotidienne de la jeune femme s’en trouve affectée. Quand elle fait ses courses, au Sainsbury du coin, il lui faut fermer l’œil au moment stratégique. Autrement, l’œil en question se révulse. Il tourne. J’ignore si Fran se tord par terre comme une possédée du démon, mais j’imagine quelque chose comme ça.

 

L’ennui, c’est que Fran, mariée jeune, a un fils. Et que ce fils adore comme de juste les bananes. Il les met dans le caddie, que la jeune femme recouvre d’un linge. A la maison, les fruits se voient rangés à l’aveuglette par une cuisinière armée de gants en latex et d’une serviette. On voit d’ici la scène. Une scène qui se renouvelle quotidiennement, ou presque. Il est parfois dur d’être mère de famille.

 

Mais pourquoi la banane, au fait? Vous me direz que l’aliment possède une nette connotation érotique. Comme la fraise du reste. Un numéro d’anthologie d’une comédie musicale hollywoodienne (1) mettait d’ailleurs les deux fruits, géants, en compétition. Les spectateurs étaient supposés comprendre l’allusion, même si le docteur Freud balbutiait encore outre Atlantique.

 

Toujours est-il que la «bananophobe» a suscité un raz de marée sur Google. Certains internautes ne parlent plus que de ça. Mais il leur faut bien tuer le temps, après tout… En plus, il s’agit d’une chose proche, concrète et quotidienne. Le babillage a beau s’être universalisé depuis quelque temps. Rien n’a fondamentalement pas changé depuis qu’on battait le linge à la fontaine du village.

 

(1) «The Gangs’s all here», 1943. Le ballet était de Busby Berkeley.

Publier un nouveau commentaire

Etienne Dumont

© DR

La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

Lire la suite

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…