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Internet pour tous n'est pas une réalité

| 08:56  La fondatrice de Netsurf porte un regard de spécialiste sur l'actualité des nouvelles technologies.






Emily Turrettini | 12-05-2009 | 08:56

Selon un article du NY Times, Internet se heurte à son tour à la mondialisation et ce n'est pas seulement lié à un problème d'infrastructure dans les pays en voie de développement. En Inde, en Indonésie, en Turquie et au Brésil, le nombre d'abonnés à Facebook et à YouTube est en pleine croissance, mais les géants du Web opèrent à perte dans ces marchés. Peu de revenus publicitaires, des offres d'accès Internet à bas prix mais avec des coûts d'entretien onéreux, l'offre devient limitée ou se modifie.

 

MySpace - 130 millions d'abonnés dont 45 pour cent en dehors des Etats-Unis - fait des essais pour réduire les coûts et propose dans certains pays un accès "light", offrant une version plus épurée du site, moins gourmande en bande passante.

 

Le site de partage vidéo Veoh a carrément interdit l'accès à son contenu non seulement dans certains pays, mais dans des continents entiers: En Afrique, en Asie, en Amérique et Sud et en Europe de l'Est, l'accès est bloqué. Le retour sur investissement y est trop faible.

 

Facebook à son tour se trouve victime de son succès. 70% de ses 200 millions d'abonnés sont connectés depuis l'étranger et le réseau social devra trouver une solution pour rentabiliser l'infrastructure qui permet de télécharger 850 millions de photos et 8 millions de vidéos tous les mois.

 

Dans une économie globale, les pays défavorisés font baisser les marges de profit des grandes marques Internet, ce qui crée encore une fois des inégalités Nord-Sud.

 

Parfois même, les pays développés sont confrontés à des blocages pour des raisons de bottom line. Selon Suite101, si les canadiens n'ont pas accès aux séries télé diffusées sur les sites des chaînes américaines et autres sites partenaires comme Hulu et YouTube, ce ne serait pas pour des questions de droits d'auteur. Ce sont les chaînes télé canadiennes elles-mêmes qui l'exigeraient pour ne pas perdre de l'audimat et des revenus publicitaires.

 

L'espoir de l'Internet accessible à tous est en train de s'estomper et succombe à son tour aux lois du marché.


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