Un improbable Léopard d’Or | Les Quotidiennes

20/11/2008 10:19
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Un improbable Léopard d’Or

LA GRIFFE DU LEOPARD | 13:50  Moretti et Melgar relèvent le niveau d’une compétition et d’une Piazza sans éclat.






Edmée Cuttat | 17-08-2008 | 13:50

Contrairement à d'autres qui se lèchent les babines ou presque en évoquant la compétition 2008, je n’aurais pas attribué de Léopard d’Or, aucun film n'ayant à mon humble avis l’allure du fauve en question. A se demander pourquoi Frédéric Maire n’avait pas jugé bon d’y inclure Forteresse de Fernand Melgar, incontestablement l’un des événements majeurs de la quinzaine, au lieu de nous fourguer un documentaire particulièrement calamiteux pour clore le concours. Et ce ne sont pas les explications vaseuses du directeur du festival dimanche matin sur les ondes de la Première, qui me convaincront de la visibilité hautement supérieure de l'opus helvétique dans une autre section.

Mais puisqu’il n’était pas question de passer outre à la consécration suprême, j’avais quand même imaginé deux ou trois titres possibles parmi les dix-sept proposés. Plus spécialement Kisses, de l’Irlandais Lance Daly, montrant la fragilité de deux jeunes fugueurs confrontés à la dureté des adultes. Ou même, soyons fous, Un autre homme de Lionel Baier, un des Romands très en forme cette année.

Inutile de préciser que j’étais complètement à côté de la plaque. Au point qu’aucun de mes éventuels prétendants n’a été mentionné au palmarès. Depuis le temps remarquez, je devrais avoir l’habitude, les jurys locarnais s’ingéniant souvent à nous dégotter l’improbable. En l’occurrence Parque Via, du Mexicain Enrique Rivero, sorte d’avatar du décoiffant Japonais gagnant de l’an dernier, avec une mise en scène principalement basée sur la répétition de gestes quotidiens d’un vieil employé de maison menacé de se retrouver à la rue. Du genre repassage ou nettoyage, agrémentés d’un peu de sexe. Inutile d’en raconter davantage, dans la mesure où je ne suis pas certaine que vous le voyiez un jour…

Pendant que j’y suis, on ne s’est pas beaucoup plus éclaté sur la Piazza Grande, à quelques exceptions près. Dont la saga d’ouverture Brideshead Revisited de Julian Jarrold, ou Son of Rambow, la fameuse comédie potache de Garth Jennings, qui a logiquement reçu le prix du public. Et je n’oublierai évidemment pas Palombella Rossa de Nanni Moretti. La rétrospective, les choix et la présence magnétique de l'icône italienne ont largement contribué à relever le niveau général.

Bref, vivement l’année prochaine! Surtout si le Grand Hôtel, qui fut l'âme et le coeur du festival, rouvre ses portes. Mais pitié, sans quelques détails plombants comme l'album Panini ou les obsessions glamour de Nicolas Bideau, qui s’obstine à mélanger Cannes et Locarno. Et surtout, de grâce monsieur Solari, sans mystère autour du successeur de Frédéric Maire. Il n’y a rien de tel que ce suspense à la noix, vous forçant à traquer l'info au lieu d’aller au cinéma, pour vous pourrir la vie.


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