Imprimez Envoyez Commentez cet article

Mixité en entreprise: qu’est-ce qui freine? (Pacte 7)

Travail | 13:31  Malgré la volonté affichée par le monde de l’économie, les femmes sont encore sous-représentées dans l’encadrement et les équipes dirigeantes.






Sandra Weber | 03-02-2010 | 13:31

C’est devenu une évidence. La mixité sexuelle de l’encadrement et des équipes dirigeantes profite aux entreprises. Et pourtant, les femmes sont encore en nette minorité dans ces équipes. Qu’est-ce qui cloche?

 

A entendre le professeur Yves Flückiger, directeur de l’Observatoire universitaire de l’emploi de l’Université de Genève, c’est pourtant clair. «La diversité des genres au sein des conseils d’administration a une influence significative sur le taux de rendement net sur les investissements et sur les actifs.» L’étude de McKinsey, notamment, démontre les meilleures performances des équipes panachées.

 

Françoise Piron, directrice de Pacte, association professionnelle visant à favoriser l’accès des femmes à des postes à responsabilité, a souhaité mieux cerner la problématique. Elle a réuni quatre femmes de milieux professionnels divers lors d’un débat la semaine dernière.

 

Quotas chez Unia
Que ce soit au sein d’une banque privée comme Lombard Odier, d’UBS, du syndicat Unia ou des Services Industriels de Genève (SIG), l’unanimité est de mise. Pour des questions d’image, d’efficacité ou de majeure adéquation à une clientèle de plus en plus féminine, le nombre de femmes dans l’encadrement et à la direction doit augmenter. Comment y parvenir? Entre les bonnes intentions et les quotas, difficile de trouver la solution adaptée à chaque culture d’entreprise dans la large palette d’actions envisageables.

 

Unia a clairement opté pour les quotas. «L’un de nos objectifs est d’atteindre 33% de femmes à la direction, précise Monika Imhof, cheffe de projets au sein des ressources humaines. Nous y sommes désormais parvenus, alors qu’en 2005, elles n’étaient que 20%.» Les SIG ont choisi une méthode plus douce (lire ci-dessous).

Quant aux banques, difficile d’évoquer la question ouvertement. Les deux femmes sous-directrices présentes n’étaient pas habilitées à communiquer avec la presse. Et la banque Lombard Odier oppose un no comment. A UBS, le filtre du service médias indique que la mixité hommes-femmes fait partie de la politique de «diversité» de l’entreprise, qui dépasse les critères de genre. Le but étant principalement de mieux comprendre la clientèle et les marchés régionaux.

 

Pas de solution toute faite
Françoise Piron aime à rappeler qu’il n’existe pas de solution toute faite en matière de mixité. «Il faut absolument que la volonté vienne de la direction, dans un but qui dépasse celui d’améliorer l’image de la société. Sinon ça ne marchera pas.» Elle se méfie des quotas. «Dans certaines situations, cela peut être une bonne option. Mais il y a des domaines où l’on trouve effectivement peu de femmes.»

 

La faute aux structures de la société et à la lente évolution des mentalités. «Faut-il vraiment mettre la pression sur une femme qui doute et hésite à prendre un poste à responsabilité? L’encourager, oui. Mais elle ne doit pas porter tout le poids de la problématique des genres sur les épaules.»


Programme ambitieux à SIG
Les Service industriels de Genève (SIG) ont décidé d’agir suite aux résultats d’un audit de notation sociétale effectué en 2007. L’analyse avait mis en évidence la faible représentation des femmes aux postes à responsabilité. Depuis, l’entreprise publique a lancé le projet «Progression des femmes à SIG» visant à créer les conditions nécessaires pour combler ce retard. «Nous avons soumis un questionnaire à toutes les collaboratrices et collaborateurs afin de connaître leur appréciation de la situation, indique Swati Rastogi Mayor, responsable de l’analyse technologique. Ceci dans le but de proposer à la direction des actions concrètes.» Des informations ont également été collectées à l’extérieur de l’entreprise, notamment auprès des hautes écoles en ingénierie.

 

Cette enquête a permis de définir bon nombre d'actions proposées et validées par la Direction. Parmi celles-ci: la certification equal-salary, obtenue la semaine dernière, des formations spécifiques pour les femmes et une participation active de SIG aux événements externes tels que le Forum EPFL ou la journée des filles. Toutes ces mesures devraient contribuer à augmenter le pourcentage des femmes à chaque niveau d’encadrement. On compte actuellement 14% de femmes parmi les cadres intermédiaires et 10% au sein des cadres supérieurs. A noter que Marie-Noëlle Favarger Schmidt, directrice des ressources humaines, en fonction depuis le 1er juillet dernier, est la première femme à occuper un poste de direction à SIG.

 

Pacte poursuit les «Cafés Emplois» , rencontres pour femmes qualifiées en recherche d’emploi ou désirant en changer. Les prochaines dates, à Genève et Lausanne, le programme et les inscriptions sur www.pacte.ch


Reagissez à cet article!

Imprimez Envoyez Commentez cet article

Liens en relation avec l'article :


Le contenu de ce champ est gardé secret et ne sera pas montré publiquement.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

1 + 0 =
Solve this simple math problem and enter the result. E.g. for 1+3, enter 4.

A lire également dans la même rubrique :

les chroniques