Femmes professeures: l’Université de Lausanne veut faire mieux | Les Quotidiennes

20/11/2008 10:48
Imprimez Envoyez Commentez cet article

Femmes professeures: l’Université de Lausanne veut faire mieux

PLAFOND DE VERRE | 06:00  Les femmes sont toujours très peu nombreuses parmi les professeurs. L'université de Lausanne fait le point et propose des mesures correctives.




Elles sont aujourd'hui 17% à être professeures à l'université de Lausanne (Photo: PHILIPPE MAEDER)


Madeleine von Holzen | 18-06-2008 | 06:00

Des gros crabes éjectent une petite crevette de leur panier: cette illustration se trouve bien dans la brochure publiée aujourd'hui par le Bureau de l'égalité des chances de l'Université de Lausanne, bilan de sept ans de travail et de recherches sur les procédures de nomination de professeurs. Et l'on peut difficilement y voir autre chose qu'une métaphore du monde académique. C'est que les femmes ne représentent toujours que 17% des professeurs à l'université de Lausanne. Chiffre en augmentation depuis 2001 (7%), mais toujours très loin d’une quelconque parité.

 

La faute à qui? Aux fameux stéréotypes, que véhiculent, souvent inconsciemment d'ailleurs, hommes et femmes. Mais aussi, et c'est clairement dit, à l'institution elle-même et à ses procédures, qui crée ainsi une "discrimination systémique". Exemple: l'importance accordée au nombre de publications scientifiques comme critère de sélection. "Au moment où les hommes publient, les femmes font des enfants", constate la déléguée à l'égalité Guite Theurillat. Elles sont donc prétéritées, alors que d'autres critères, tels que la qualité des publications, l'enseignement, ou la gestion d’une équipe, pourraient contrebalancer le quantitatif.

 

L'âge biologique joue aussi des tours aux femmes. Jeunes, elles font face à la «suspicion» de maternité; âgées, elles présentent un dossier trop maigre. Les critères ne sont d’ailleurs pas toujours appliqués de la même manière aux hommes et aux femmes. Ainsi, «jeune» renvoie pour une femme à un manque d’expérience, alors que pour un homme c’est plus facilement un «chercheur prometteur», nous dit la brochure. «La figure de jeune chercheuse n’est pas aussi présente dans les rapports.» Les barrières institutionnelles et les stéréotypes sont liés, explique la déléguée à l’égalité.

 

De plus, bien que les commissions fassent référence à des critères de nomination précis, très peu de normes sont formelles et écrites. "Il s'agit donc de critères construits à partir de l'appréciation des membres des commissions de structure et de nomination. Ceci ouvre la porte à la subjectivité". Résultat: "l'université n'est pas neutre, mais sexuée, et mène à une discrimination souvent inconsciente, envers les femmes."

 

Alors? Les mesures correctives existent. Guite Theurillat met l’accent sur le travail en amont des nominations. Quantifier les besoins de relève au sein de l’université, identifier des femmes potentiellement professeures, proposer des mesures d’accompagnement, favoriser la flexibilité du temps de travail académique, pour les hommes et les femmes. Accorder des subventions pour participer à des colloques, notamment pour que les femmes soient plus visibles, font partie des mesures proposées.

 

La brochure vise les personnes et instances concernées par la nomination de professeurs à l'université. Elle parle des difficultés de la mise en place du mandat du bureau d'égalité, nomme des résistances, mais dessine des pistes et souligne l’engagement du rectorat de l’Unil en faveur du changement. Dans ce que la déléguée à l'égalité appelle un "éternel recommencement" d'information, d'explications, de sensibilisation. Car pour que les choses changent, "la bonne volonté ne suffira pas", affirme la déléguée à l'égalité. Le programme fédéral d'égalité fixe comme objectif 25% de femmes professeures d'ici 2011. Au rythme actuel, ce taux sera de 19% en 2016.


Reagissez à cet article!

Imprimez Envoyez Commentez cet article


A lire également dans la même rubrique :

D'autres articles

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter des Quotidiennes en envoyant "OUI" à lesquotidiennes@edipresse.ch

Nuage de tags

Actu TDG

Vaud 24heures

News Femina