Bientôt la rentrée, bonjour le casse-tête des horaires | Les Quotidiennes

20/11/2008 11:48
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Bientôt la rentrée, bonjour le casse-tête des horaires

FAMILLE | 09:30  L'accueil continu est désormais un besoin avéré pour répondre à la réalité vécue par les parents qui travaillent. La problématique est omniprésente dans le débat politique. 






Francine Brunschwig | 19-08-2008 | 09:30

Pour Marlène et Cédric Raemy, les vacances ne sont déjà plus qu’un souvenir. Flâner sans souci d’horaire, sans le stress que génère la difficile conciliation entre le rythme scolaire de leurs trois enfants et leurs contraintes professionnelles, c’était encore d’actualité la semaine dernière.

Hier matin, Marlène a repris son travail. Un emploi à 80% dans une PME à Berne, où la jeune femme, domiciliée à Payerne, est responsable de l’administration. Comme tant d’autres parents, Marlène et Cédric, menuisier poseur, doivent résoudre le casse-tête de l’organisation quotidienne. Une quadrature du cercle qu’une école à horaire continu, désormais au cœur du débat politique (lire ci-dessous ), est à même de résoudre.

 

Lever à 5 h 10
Chez les Raemy, le réveil sonne à 5 h 10. «Nous prenons notre petit-déjeuner, puis préparons celui des enfants que nous réveillons à 6 heures», explique Marlène. Départ de la maison à 6 h 30 avec Thibaud, 3 ans et demi, Bastian, 6 ans, et Loriane, 8 ans. «Je dépose Thibaud à la garderie à Payerne, puis Bastian chez sa maman de jour et Loriane chez la sienne. Ensuite je vais prendre mon train pour Berne à 7 h 30.»

 

L’an dernier, Bastian pouvait encore fréquenter la garderie avant d’aller à l’école, mais, à partir de 6 ans, c’est fini. «J’aurais souhaité confier Bastian et Loriane à une seule maman de jour. Mais cela n’a pas été possible. Il a donc fallu en trouver une seconde. » L’après-midi, vers 17 h 30, c’est Cédric, le papa, qui récupère les trois enfants. Marlène, elle, revient à la maison plus tard, entre 18 h et 18 h 30.

Face aux problèmes d’organisation, le couple a évoqué la possibilité que Marlène diminue son temps de travail. «On en a discuté, mais je n’en avais pas vraiment envie. De plus, financièrement, ce serait difficile. » Pour l’équilibre familial, Cédric a décidé de travailler lui aussi à 80%. «Pour profiter de nos enfants, et aussi diminuer les frais de garde. » Marlène est à la maison le mercredi, Cédric le vendredi.

 

Laetitia travaille, son fils Loïc finit l’école à 14 h 50
Duillier, près de Nyon. Changement de décor, mais même casse-tête. Pour l’heure, Laetitia Perrin se prépare à la rentrée en toute sérénité. Elle bénéficie encore de son congé maternité et de quelques mois supplémentaires jusqu’en mars prochain. A cette date, la jeune femme, maman de Loïc, 4 ans, de Maxime, 2 ans et demi, et de Romane, un mois, reprendra son emploi d’assistante en communication et en ressources humaines dans une grande entreprise de la région.
Laetitia travaille à 60%, les mercredis, jeudis et vendredis. Mais elle a d’ores et déjà dû négocier avec son employeur pour obtenir un changement d’horaire. «Heureusement, ma cheffe s’est montrée compréhensive», raconte Laetitia. Jusqu’ici, Loïc et Maxime allaient à la crèche deux jours sur trois. Mais, la semaine prochaine, Loïc commence l’école enfantine. Horaire: de 8 h 20 à 10 h 55, sauf le mercredi, et de 13 h 15 à 14 h 50 le mardi, puis d’autres après-midi par la suite. «Il existe une structure d’accueil à Duillier, mais seulement jusqu’à 14 h», explique Laetitia.

 

Le coup de main des grands-parents
La jeune femme travaillera donc désormais aussi le mardi, afin de pouvoir se libérer le jeudi et le vendredi pour chercher Loïc à l’école à 14 h 50. Ses parents et sa belle-maman, comme beaucoup de grands-parents, donnent des coups de main décisifs. Chaque mardi, ses parents font le voyage de Payerne à Duillier pour prendre en charge les trois petits-enfants. Le mercredi, c’est au tour de belle-maman.
Laetitia aussi a songé à arrêter de travailler. «Nous en avons discuté avec mon mari. C’est clair que cela réglerait nos problèmes d’organisation, lui travaille à plein-temps. Mais j’ai besoin d’avoir une activité professionnelle, c’est important pour mon équilibre.»

 


Berne met le paquet et dans le canton de Vaud, les projets aussi se multiplient
Horaire continu, structures d’accueil, horaire bloc: quels que soient les termes, l’idée de faire du milieu scolaire un lieu de vie plus large pour répondre aux besoins des familles est désormais largement admise. Le canton de Berne, qui vient de doubler son budget (10 millions de francs) pour soutenir, et, à terme, obliger les communes à mettre sur pied des modules d’accueil, montre la voie.


«C’est un besoin de société avéré», affirme Catherine Labouchère, présidente du Parti libéral vaudois. Elle fait partie d’un comité, composé de femmes radicales et libérales, attelé à la préparation d’une initiative vaudoise en faveur de l’horaire continu et de l’harmonisation des horaires de l’école. Sur le modèle du texte «pour un accueil continu des élèves genevois» que le Parti radical du bout du lac a déposé en janvier dernier. La droite (mais pas l’UDC) se positionne donc en force sur ce thème.


«C’est une partie de la réponse radicale aux propositions du bon scolaire. Nous voulons mettre nos forces, et les moyens, au service de ce qui existe pour l’optimiser», précise Christelle Luisier, présidente du Parti radical vaudois.
L’initiative radicale libérale veut donner un coup de pouce à HarmoS (le concordat voté par le peuple, mais qui doit encore être ratifié par dix cantons pour entrer en vigueur, prévoit la mise sur pied de structures d’accueil) et surtout un coup d’accélérateur à la concrétisation des multiples projets en cours dans le canton de Vaud. Car, même si le casse-tête organisationnel perdure pour nombre de familles, il faut relever que le canton de Vaud n’est pas resté inactif. Il figure même parmi les bons élèves.

APEMS à Lausanne (accueil pour écoliers en milieu scolaire) et UAPE dans le canton (unités d’accueil pour écoliers) ont été mis en place dans de nombreuses communes. La Fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE), qui réunit l’Etat et les privés, travaille à la mise en place de 25 réseaux. Cheffe de projet du réseau Broye Vully, qui comprend 46 communes, Yolande Perrin relève que le nerf de la guerre, ce sont bien sûr toujours les finances. Exemple: le budget annuel de fonctionnement du réseau qu’elle pilote (qui pour l’heure ne concerne que l’accueil préscolaire des petits) sera de 3 millions de francs. A raison de 50% à la charge des parents, 38% à celle des communes et 12% à celle de la FAJE.

 

«IL FAUT REPENSER LA RELATION ENTRE ÉCOLE ET FAMILLE»
Mettre en évidence les bénéfices pédagogiques des écoles à horaire continu. C’est le thème d’un congrès qui se déroule les 4 et 5 septembre prochain à Berne. Il est organisé par l’Institut des sciences de l’éducation (département de psychologie pédagogique) de l’Université de Berne et par l’Association suisse des écoles à horaire continu. Cette dernière dispose d’une antenne romande à Lausanne. Coorganisatrice du congrès, le Dr Marianne Schuepbach[0], pédagogue et chercheuse à l’Institut des sciences de l’éducation de l’Université, codirige le projet de recherche du Fonds national EduCare, consacré à l’accueil continu des élèves du cycle primaire. Interview.

 

– L’horaire continu rend service aux parents. Qu’apporte-t-il aux enfants?
– Il donne la possibilité de développer, avec les enfants, une approche pédagogique globale. La prise en charge, tout au long de la journée, d’élèves provenant de milieux familiaux différents leur permet d’acquérir des savoir-faire scolaires et sociaux. L’école comme lieu de vie plus large favorise leur développement personnel et leur intégration sociale. C’est un sérieux coup de pouce à l’égalité des chances.

 


– Toute la journée à l’école, n’est-ce pas trop?

– Il ne s’agit pas de donner plus d’école, plus d’enseignement, plus d’heures de classe, mais de proposer un large éventail d’activités dans un environnement pédagogique de qualité. On peut établir un lien entre ce que l’on apprend à l’école et la vie quotidienne. Faire participer, par exemple, les enfants à l’organisation des repas, au rangement de la vaisselle, à la confection de menus sains contribue à la formation globale.

 


– L’éducation ne doit-elle pas rester la tâche prioritaire des parents?

– La relation entre école et famille doit aujourd’hui être repensée. De nombreuses familles, pour des raisons de temps ou autres, ne peuvent pas ou ne veulent pas assumer entièrement leur rôle d’éducateurs. L’école a par conséquent le devoir de jouer, dans ce domaine, un rôle plus grand. Les parents doivent soutenir l’école dans sa tâche éducative. Il ne s’agit pas de prendre la place des parents: après l’école, les week-ends, tout ce temps est pour eux.


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horaire continu

mais alors que dire des parents qui mettent leurs enfants en garderie du matin au soir? Mauvais parents? En voila une journée continue... je trouve ridicule de penser que les enfants en primaire souffriraient d'un horaire continu.

horaires continus

Plusieurs commentaires en réponse à l'article.
Tout d'abord, sur le dernier point qui pose la question de l'éducation qui devrait rester la tache prioritaire des parents. Je ne vois pas en quoi l'horaire continu changerai les choses.
En effet, le parent qui travaille doit de toute manière déjà trouver une solution pour midi et pour après l'école. Par ailleurs, les enfants qui sont allés en garderie avant d'aller à l'école ont déjà eu des horaires continus, sans pour autant subir des conséquences négatives.
Le problème avec le canton de Vaud (je ne connais pas les autres) c'est que le choix n'est même pas laissé aux parents. On veut nous faire croire que tous les maris rentrent tous les midis à la maison et que la femme doit donc faire le repas de midi familial mais la réalité est tout autre (nous ne sommes plus en 1950).
Je ne compte plus les mamans qui n'en peuvent plus des horaires aberrants de l'école vaudoise.
Et je sais de quoi je parle car je suis moi-même enseignant en collège.
Je reste persuadé que l'on peut élever formidablement bien ses enfants tout en travaillant à plein temps, ce qui compte est la qualité et non la quantité. Et que dire de ces mamans stressées chaque jour de devoir faire la course car le grand commence à 8h30, la petite à 9h00... puis la petite termine à 11h00 et le grand à 11h30 (quand il y a pas un appui de 20 min de plus décidé le matin même par la maîtresse).
L'après-midi n'est pas en reste... début des cours 13h45, le temps de rentrer? Pas sûr car la fin des cours est à 15h15.
Les horaires ci-dessus sont ceux du primaire à Pully.
Cette situation est exaspérante, et rien ne semble changer, tout le monde râle dans la cours de l'école mais quand il s'agit d'en parler ouvertement aux enseignants ou à la direction il n'y a plus personne. C'est bien malheureux.

Horaire continu pour les élèves de l'école primaire

Actuellement, l'école primaire prend les élèves en charge de 8h à 16h en classe. Les parents ont ensuite la possibilité d'inscrire leurs enfants aux études surveillées afin qu'ils puissent faire leurs devoirs ou aux activités du parascolaire.
Il est vrai que l'horaire continu arrangerait bien certains parents par rapport à leur travail. Cependant, si l'on se met à la place des enfants, rester au sein d'un groupe d'enfants de 7h30 à 18h30 est une très longue journée. De plus, être dans une dynamique de groupe toute la journée rend les enfants excités mais aussi fatigués d'une telle journée. L'horaire continu pourrait créer des emplois pour les personnes devant s'occuper des enfants, ce qui serait bénéfique. Toutefois, en imaginant un enfant de 6 ans rester environs 11h dans l'établissement scolaire, même s'il aura accès à des activités extra scolaires, je pense qu'il serait plus bénéfique qu'il puisse rentrer chez lui ou chez une maman de jour, prendre son goûter et se retrouver tranquille un moment.


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