Faut-il museler les tenniswomen sur le court?

Toujours plus puissant, le tennis féminin actuel délaisse parfois les subtilités techniques pour laisser parler le biceps. Un jeu viril, dont la contrepartie sonore commence à agacer, des spectateurs jusque dans les plus hautes sphères de la discipline.

Maria Sharapova en juillet 2012 à Wimbledon

Maria Sharapova en juillet 2012 à Wimbledon © AFP

 

Ennuyeux, le tennis féminin d’aujourd’hui? Quel que soit l’avis des commentateurs savants sur la qualité des matchs offerts par les filles de la discipline, il est un constat plutôt partagé par tous: le niveau sonore proscrit tout endormissement intempestif dans les gradins... C’est que certaines dames ne savent pas jouer les coups droits autrement qu’en mode opéra wagnérien, se laissant aller à des envolées lyriques de factures diverses, des rugissements, des aboiements, des râles orgasmiques, voire des hurlements à la stridence pas toujours agréable pour les oreilles.

Parmi les championnes de la catégorie, on compte d’ailleurs les meilleures figures actuelles du circuit, telles Maria Sharapova, Francesca Schiavone ou Victoria Azarenka. Durant ses frappes les plus libératrices, la Russe gagnante de Roland-Garros cette année a même été mesurée à près de 100 décibels. Aussi fort qu’un train passant à vive allure juste à côté… Autant dire qu’au moment de se rencontrer sur le court, les balles mais aussi les vocalises guerrières s’enchaînent frénétiquement. Et on n'en peut plus...

Fatalité ou mauvaise habitude devenue un caprice de stars? Sans attendre de réponse à cette question, la fédération internationale de Tennis et la WTA songent sérieusement à intervenir pour soulager le sonomètre. Et nos tympans si possible. Mais les responsables cherchent encore la bonne solution: «Nous souhaiterions mettre un terme aux vociférations excessives sans pour autant handicaper les joueuses qui ont toujours été ­habituées à se comporter ainsi» précisaient-ils récemment dans un communiqué.

Au fait, qu’en pensent les principales intéressées? Pour Ana Ivanovic, la démarche est louable, même s’il demeurera, à son avis, difficile de chiffrer l’insupportable: «Je veux bien, mais comment mettre en place une limite? A partir de quel moment cela ne devient-il plus tolérable?» Quant à Maria Sharapova, les tics risquent, pour sa part, d’être difficiles à oublier, puisqu’elle avoue crier «depuis l’âge de 4 ans»…

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