Super Nanny : «Il m’arrive de crier et de pleurer à l’hôtel»

Cathy Sarrai est de passage à Lausanne pour dispenser ses bons conseils aux parents et aux professionnels qui le désirent. Rencontre avec une pasionaria de la discipline.

Super Nanny. (Photo: Joana Abriel)

Super Nanny. (Photo: Joana Abriel) ©

C’est une Cathy Sarrai en jeans et en tricot, débarrassée de son tailleur strict, qui nous accueille en ce jeudi à Lausanne.
A part cela, Super Nanny se révèle d’emblée semblable à l’image qu’elle renvoie sur M6. Même index levé, parfois, même façon personnelle de transpercer le regard de son interlocuteur par-dessus ses lunettes, même chaleur humaine…
«A la télé, je ne joue pas un rôle», confie l’intéressée, qui travaille au contact de têtes blondes depuis trente ans. «Une vocation», assure celle qui fut baby-sitter, nounou, nurse, puis gouvernante.

 

En attendant de reprendre le tournage de l’émission fin mai pour dix épisodes, cette mère de trois enfants, de 24 à 28 ans, est de passage en Suisse romande. Dès le 4 mai, la quadra blonde animera, à Lausanne puis à Genève, des séminaires de formation à l’attention des parents et des professionnels. Quatre dates sont prévues (lire ci-contre). Rencontre.

 

– Vous avez joué les coaches auprès de familles où l’enfant avait pris le pouvoir à un point qui laisse perplexe. Cela est-il bien réel?

 

– Si j’étais téléspectatrice, je me poserais la question en effet. Mais un enfant est incapable de jouer la comédie, de mimer une colère puis de devenir sage. Non, ce n’est pas du chiqué.

 

– Super Nanny est tantôt douce, tantôt ferme, mais donne le sentiment de toujours conserver son sang-froid. Est-ce le cas?
– Quand je le perds, j’essaie de le faire loin des parents et des enfants. Il m’arrive de crier et de pleurer à l’hôtel.

 

– Vous prenez beaucoup sur vous…

 

– Prendre sur soi, c’est cela l’éducation.

 

– Au fond, ce sont les parents autant que les enfants, voire plus, que vous éduquez…

 

– Je suis là pour les aider à reprendre confiance en eux pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Les parents que j’ai rencontrés n’avaient pas les bonnes méthodes.

 

– Ces méthodes justement, viennent-elles de vous seule?

 

– Je suis seule avec un cameraman et un ingénieur du son. Il n’y a ni synopsis ni texte. Tout est filmé dans la réalité des gens.

 

– Votre passage chez eux a-t-il des effets positifs durables?

 

– Je leur laisse des clés et des méthodes, à eux de continuer à les appliquer. Un enfant a son caractère, mais il ne naît ni capricieux, ni impoli, ni tyrannique. C’est le comportement des parents qui forge cette attitude.

 

– Restez-vous en contact avec les participants?

 

– Il fut un temps où je le faisais. J’avais même laissé mon numéro de téléphone à bon nombre de personnes. Mais cela est devenu ingérable. Aider, oui. Mais écouter toutes sortes de confidences, cela ne m’intéresse pas.

 

– L’émission vous a-t-elle valu des remarques des milieux pédagogiques?

 

– Jamais. Mais les professionnels semblent s’accorder à dire que je donne des conseils de bon sens.

 

– Le côté racoleur du programme ne vous dérange-t-il pas?

 

– C’est aux parents d’assumer, pas à moi. Je fournis un service, auquel ils sont libres de recourir.

 

– Avez-vous été la même Super Nanny pour vos trois enfants?
– Oui, voire pire. Ce qui ne m’empêche pas aujourd’hui de sortir avec eux en boîte jusqu’à 6 h du matin!

 

M6 rediffuse l’émission Super Nanny samedi prochain à 15 h 50 et samedi 9 mai à 15 h 40.

 

Les scènes qui indignent Super Nanny

 

LE DODO PARTAGÉ - Junior s’immisçant dans le lit de papa et maman: pour Cathy Sarrai, il s’agit-là d’une très mauvaise habitude, qui peut créer un malaise dans le couple. «Les parents acceptent souvent cette situation pour avoir la paix», déplore-t-elle. «Il y a un temps pour les enfants et un temps pour le couple. » Le conseil: l’obliger à dormir dans son lit.

 

LA CRISE AU SUPERMARCHÉ - Halte au bambin qui fiche la honte à ses parents en réclamant à cor et à cri un énième gadget au milieu des rayons: «Ils n’ont pas à subir cela. Le jouet est quelque chose que les parents offrent à l’enfant pour lui faire plaisir. » L’astuce: l’impliquer dans le remplissage du caddie en emportant avec soi des images d’aliments découpées au préalable. Une bonne façon de le détourner de ses caprices.

 

L’IMPOLITESSE - «Je ne supporte pas qu’un enfant soit insolent avec ses parents», dit-elle, intransigeante. L’astuce: surveiller son langage en relevant les gros mots. S’il abuse des formules caca-pipi, lui ordonner de les proférer une fois pour toutes aux toilettes puis de tirer la chasse d’eau. Et pour se faire obéir, rien ne vaut un regard ou une intonation d’autorité.

 

Coaching privé hors caméras
Cathy Sarrai ou Super Cathy animera une série de séminaires d’ici au mois de juin, à Lausanne et à Genève. Au programme: dix heures de cours par groupes de quinze. «A taaable!», «T’as pas vu la zappette?», «Tu sais à qui tu parles?», sont quelques-uns des thèmes qu’elle abordera, devant les parents et les professionnels qui le souhaitent. L’occasion de briser le tabou entourant les problèmes d’éducation. «Il n’y a pas de honte à dire que l’on est dépassé. Il n’existe pas de mauvais parents», rassure-t-elle. De même, l’enfant ne se détournera pas de l’adulte parce qu’il est grondé. Si des candidats le demandent, celle qui assure ne pas agir à des fins mercantiles se rendra à domicile. «Je débarquerai avec ma brosse à dents et ma chemise de nuit!»

 

 


Séminaires à Lausanne: du 4 au 8 mai et du 11 au 15 mai, de 9 h à 11 h, de 14 h à 16 h ou de 18 h 30 à 20 h 30. Prix: 400 francs. Inscriptions au 0848 500 111.

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