
«Le conflit, la femme et la mère», s’intitule le nouvel ouvrage d’Elisabeth Badinter. L’interview de l’auteure par Les Quotidiennes, également publiée dans le Matin Dimanche, suscite des commentaires fournis. La preuve que le statut de mère et de femme fait toujours – ou à nouveau - débat.
La philosophe raconte la façon dont l’émancipation féminine est, à ses yeux, remise en cause par la tendance actuelle à la promotion de ce qu’elle nomme la « bonne mère écologique » : une maman qui allaite forcément et utilise des couches lavables. Petit tour d’horizon des réactions.
Une publicitaire féministe?
Certains, sur notre site et ailleurs, voient une contradiction entre les propos féministes de la philosophe et son statut de publicitaire, elle qui est l’actionnaire principale de Publicis, société fondée par son père. Elisabeth Badinter, se classe effectivement à la quatrième place des femmes fortunées de France avec une fortune estimée en 2009 à 493 millions d'euros. Ainsi une certaine « maman » se demande si elle ne serait pas « à la solde des industriels de l’alimentaire et des fabricants de couches-culotte ».
Pas de contradiction entre les couches lavables et le féminisme
La plupart des réactions témoignent d’un certain étonnement. En quoi l’écologie serait-elle incompatible avec l’émancipation des femmes et des mères ? demande lacinderella. « Utiliser des couches lavables, allaiter longtemps, éviter la lolette, le youpala, réfléchir avant de vacciner, porter plutôt que pousser, utiliser un hamac, sont quelques unes des choses qu'essaient de faire les familles qui pratiquent le parentage proximal. »
L’instinct maternel n’est pas un mythe
La notion même d’instinct maternel, qu’Elisabeth Badinter refuse depuis plus de 30 ans, semble tenir à cœur de certains internautes. L’allaitement découlerait tout simplement de cet instinct.
Et les hommes dans tout ça ?
Les réactions de la blogosphère, sur notre site et ailleurs, s’étonne du peu de cas que l’auteure semble faire des pères. Ainsi lacinderella fait remarquer qu’une mère seule ou dont le partenaire ne s’engage pas dans les soins à l’enfant aura effectivement de la peine à allaiter et laver des couches sans être débordée, voire asujettie à sa tâche de génitrice. « Parmi les jeunes mamans que je fréquente, celles qui ont cessé l'allaitement relativement tôt, utilisent couches jetables, petits pots industriels et crèmes industrielles au pétrole ne sont pas celles qui sont le plus secondées par leur compagnon... Sans doute n'aurais-je pas choisi cette voie si je n'avais pas été soutenue ! » Anita elle, fait remarquer que les pays où l’on allaite le plus sont ceux dont les congés maternités sont les plus longs. Et où le partage des tâches constitue une évidence.
L’allaitement, c’est pratique
Et puis… signalent des lectrices attentives, l’allaitement n’est de loin pas que l’assujettissement des mères à leur enfant ou leur statut de maman. Sans entrer dans le débat des qualités nutritives, certaines rappellent simplement qu’allaiter, c’est pratique. « Si la liberté c'est de devoir aller en pleine nuit à la cuisine pour chauffer de l'eau et préparer un biberon ! Et bien je préfère l'allaitement, qui peut se pratiquer presque sans ouvrir un oeil!»
Exagération
Enfin Jeanne fait remarquer que les femmes qui veulent allaiter et passer plus de temps avec leur enfant, par exemple en interrompant leur activité professionnelle quelques années durant, ne sont pas forcément manipulées par une société machiste. C’est aussi une liberté…
Bref, que chacune puisse procéder comme il lui plaît et selon ses possibilités. Pour autant qu’il y ait le choix…
Reagissez à cet article!
les chroniques
Etienne Dumont, journaliste
La petite actualité féminine insolite de la Planète
Beth Krasna
Chaque semaine, un décryptage subtil et éclairé de l'information économique ...
Stephanie Booth
Chroniques du monde connecté. Chaque lundi, un coup d'œil humaniste dans ...
Liliane Maury Pasquier et Maria Roth-Bernasconi
Chaque semaine, les conseillères aux Etats et nationale Liliane Maury Pasquier ...
Mélanie Richoz
Petits tracas quotidiens
Edmée
Chaque jeudi, notre chroniqueuse égratigne les stars du sport
Barbara Polla
Médecin et galeriste, elle croque la vie de mille et une façons.
Emily Turrettini
La fondatrice de Netsurf porte chaque semaine un regard sur l'actualité du Net
l'allaitement !
j'ai 35 ans, j'ai allaité mon fils aîné durant 11 mois et je nourris mon deuxième fils actuellement âgé de 4 mois. J'ai opté pour un congé parental de 3 ans, à la fois pour être présente et pour allaiter mon fils au moins aussi longtemps que la durée de mon congé parental.C'est un choix, en accord avec mon mari. Je ne me sens pas du tout dépendante de lui financièrement. Je suis cadre de catégorie A dans la fonction publique et je clame haut et fort que c'est MON choix que d'allaiter et de me retirer de la vie professionnelle 3 ans durant, même si j'adore mon métier !
vécu personnel
Lorsque je suis devenue maman, je n'avais pas un emploi fixe à plein temps. Ce que j'ai maintenant. Mais je me souviens que, bien évidemment, on m'a encouragé à alaiter mon bébé... je l'ai fait et ne le regrette pas.
J'ai eu des problèmes de santé dûs à l'alaitement, une mastite qui a mal tourné. je me suis obstinée à vouloir continuer à l'alaiter, mais tout était bouché, plus rien ne sortait de mon sein. J'avais 39.5° de fièvre et à l'hôpital, au lieu de me faire faire un traitement pour couper le lait, on s'est obstiné... Je devais continuer... m'obstiner... Erreur de diagnostics... je me sentais tellement mal... et coupable de ne pas y arriver... et on me culpabilisait.
Et quand j'ai eu mon abcès au sein (du pus qui sort du sein, génial!), au lieu de me réconforter, on a cherché à me culpabiliser en disant que je n'avais pas bien fait les choses, que je n'avais pas bien tiré mon lait, etc.
Moralement, c'était très dur. Evidemment que je voulais donner le meilleur pour mon bébé.. Ce dernier a tout de suite accepté le biberon quand il a vu que c'était la seule solution (on lui a parlé! et ça a marché).
La secrétaire de mon médecin a eu la seule parole qui m'a réconfortée, en me disant: "vous savez, il existe d'excellents laits maternisés". Je dois dire que ça a été le mot dont j'ai eu besoin à ce moment.
Par mon expérience qui est un cas particuliers à ne pas généraliser, j'ai constaté qu'effectivement souvent, on culpabilise les femmes... au lieu de les aider... Les commentaires de jugement de la part de certaines personnes du milieu hospitalier sont déroutants... Il y a une pression énorme sur les femmes. Je comprends Elisabeth Badinter dans ces propos.
Et la personne qui m'a rassuré a été une secrétaire, cette fois-ci, pas une infirmière ni un médecin. Merci à elle.
@Anonyme du 16
@Anonyme du 16 février:
Elisabeth Badinter s'exprime sur la base de longues recherches et de données bien documentées. Le fait que vous ne vous retrouviez pas dans ce livre ne veut pas dire qu'il soit faux. Vous reprochez à Mme Badinter de généraliser au point d'inclure votre situation que, de toute évidence, vous estimez contraire à ce qu'elle décrit, mais vous-même, généralisez votre propre expérience personnelle, sans aucune précaution méthodologique, pour discréditer ses propos. Honnêtement, ce n'est pas très sérieux.
Je pense sincèrement que
Je pense sincèrement que les propose d'E. BABINDET ne reflète pas la vie actuelle d'une maman active. Je suis âgée de 30 ans, et sincèrement, lorsque j'ai lu et écouté ses propos j'ai été déconcertée de ce qu'elle pouvait dire. Comment ça, on nous pousse de plus en plus à l'allaitement ?? Totalement FAUX : j'allaite aujourd'hui mon bébé de 3 mois et je peux vous dire que je suis la seule dans mon entourage. Et à la reprise du travail, comment peut on continuer à allaiter ? C'est quasi impossible, alors NON on ne favorise pas le sein au biberon !!! Elle dit que les maternités favorisent l'allaitement et regarde comme bêtes noires les mamans qui souhaitent nourrir leur enfant au biberon ?? Là non plus je ne suis pas d'accord...le personnel médical, à l'affut du moindre gramme de perdu pour le bébé, et hop un complément au biberon.Pour moi, l'allaitement a été un vrai choix, et je ne regrette pas du tout...et je peux vous affirmer que je n'ai pas du tout été poussé par ma famille, au contraire !
Aujourd'hui, j'aimerais avoir le choix de rester à la maison pour élever mes enfants, j'aimerais avoir le choix de travailler à temps partiel, j'aimerais être épanouie à la fois au travail et à la maison....Mais la société fait qu'aujourd'hui c'est une nounou qui verrait mon fils grandir !!
tire lait : une arme pour être plus "libre" selon E. Badinter
le biberon peut également être rempli avec du lait maternel!! et oui le tire lait existe!! ;-)