
Elles sont gestionnaire financière, présidente de Fondation, coiffeuse indépendante ou journaliste. Elles vivent en Suisse, s’y sentent bien, ont une famille, des amis et vont au spectacle. Alors pourquoi en parler? Parce qu’elles sont musulmanes et que désormais, cette seule identité, suffit à les rendre différentes. «Les fantasmes sur l’Islam, et les femmes en particulier, commencent à devenir lancinants, dit avec beaucoup de calme Nemat Mardam-Bey, Suissesse d’origine syrienne, gestionnaire financière et présidente de la Fondation Entre-Connaissances à Genève engagée dans le rapprochement des cultures. «L’UDC nous colle une image qui ne correspond pas à nos réalités, mais à laquelle il faut répondre. Du coup, on ne parle que de ça!»
370.000 musulmans en Suisse
Entre les fondamentalistes qui encagent les femmes et l’UDC qui enferme chaque musulmane dans une image univoque, la marge de manœuvre se rétrécit pour les 310.000 musulmans en Suisse (soit 4,3% de la population), dont la grande majorité est laïque. Mais cette estimation fédérale datant de 2000 est à revoir à la hausse: le nombre de musulmans s’élèverait désormais à 370.000. Environ 10% d’entre eux, considérés comme pratiquants, s’en tiennent aux prescriptions du Coran. Voilà les chiffres. Et puis, il y a les fantasmes, les confusions, les amalgames de part et d’autre.
Arabes, mais de quelle confession
Bel exemple de confusion, celui vécu régulièrement par la libanaise Soha Bechera, détenue pendant dix ans dans une prison de Khiam après avoir tiré deux balles sur le général Antoine Lahad. C’était en 1988. Depuis, la lauréate du prix «Femme exilée, femme engagée» vit à Genève. Souvent, lors des conférences qu’elle donne à travers le monde, les gens s’adressent à elle en tant que musulmane…. sauf que Soha Bechara ne l’est pas.
«Je suis Libanaise, communiste et s’il faut encore aller plus loin… de naissance chrétienne. Au Liban, on s’est battu justement contre ces confessionnalismes qui nous ont minés. Je suis surprise qu’en 2009, on puisse ignorer à ce point qu’il y a des arabes chrétiens, juifs et musulmans.»
Mais si l’on peut être arabe sans être musulmane, on peut aussi être musulmane sans être arabe. «Quand je dis que je suis musulmane, on dit «Ah, arabe!». Non, je suis Afghane et de culture persane», s’amuse Zamilia Yunus, coiffeuse indépendante. Femme libre à Genève comme elle l’était à Kaboul avant 1982, la religion relève pour elle de la sphère privée. «On n’a pas besoin des minarets pour prier.»
Mosaïque musulmane
Culture, traditions et religion sont des choses différentes. «L’islam est un mais il y a diverses interprétations. En revanche, il n’y a pas d’homogénéité musulmane. Chaque pays a ses spécificités historiques, politiques, culturelles. Le Maghreb est différent du Moyen-Orient, l’Iran de l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan du Yémen», précise Nemat Mardam-Bey qui ne porte pas le voile bien qu’elle soit pratiquante. On s’en étonne. «C’est un choix personnel, chaque femme a sa propre déontologie. Si le voile est une prescription, il est lié à la discrétion. Mais comme sa visibilité est exacerbée depuis 10 ans, il est devenu un objet ostentatoire fortement instrumentalisé. Quel paradoxe !»
La polémique Diam’s
«Je n’ai pas besoin de montrer que je suis musulmane» dit Nehza Drissi, marocaine pratiquante et présidente d’Althea à Pully, une Fondation qui œuvre depuis 2002 au Maroc, en Mauritanie, en Egypte et en République démocratique du Congo pour que l’accès à la santé et à l’éducation devienne une réalité pour tous. Cette Marocaine installée en Suisse depuis 19 ans, «mon deuxième pays» estime d’ailleurs que le voile est de plus en plus «une marque identitaire, presqu’une arme pour tuer l’autre.»
Le phénomène est surtout visible en France, où les photos de la rappeuse Diam’s arborant le voile continue de susciter la polémique. «Les grands médias français portent une certaine responsabilité dans la radicalisation de l’islam en France. Ils n’ont pas voulu voir l’émergence de l’élite musulmane, diplômée de l’administration, chercheurs, intellectuels, ce qu’on a appelé la «beurgoisie». Au lieu de ça, ils se sont focalisés sur d’improbables burqas», dit Nadia Khouri-Dagher, auteure de «L’Islam moderne, des musulmans contre l’intégrisme» et ancienne rédactrice en chef du magazine féminin Yasmina.
Religion ou pauvreté
«Désormais, on donne une dimension religieuse à tout», se désole Hasni Abidi, directeur du centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) qui plaide pour un Islam laïc, enfin affranchi de son identité mère. Mais à qui la faute? Aux islamophobes qui font le lit de l’intégrisme? Ou aux fondamentalistes religieux dont les discours propagandistes prospèrent grâce aux nouvelles technologies de diffusion (TV et Internet), faisant porter le soupçon sur tous les musulmans.
Misogynie partout
Analphabétisme et poids des traditions - dont les femmes sont les premières victimes -, voilà les deux plaies à panser au plus vite pour les musulmanes interrogées. «Les femmes sont le pivot de la société, si on s’attaque à elles, c’est la société toute entière qu’on attaque» dit Nemat Mardam-Bey.
Quant à la misogynie, elles relativisent. «Dans le milieu de la finance, où je travaille, la misogynie et les préjugés sont partout. Chrétiennes et musulmanes, c’est le même combat!», dit Nemat Mardam-Bey.
De son côté, Nehla Drissi raconte cette anecdote délicieuse, vécue la veille sur une route marocaine: «J’ai pris un vieux berbère en autostop. Il s’adressait à moi en disant Monsieur. Dans son inconscient, il ne pouvait pas imaginer que j’étais une femme puisque je conduisais. La misogynie n’est pas l’affaire des religions mais celle des hommes.»
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Sans doute, "la grande majorité des musulmans en Suisse est laïque" mais justement, à qui, à quoi servent les minarets et qui les bâtissent?
L'immense majorité des peuples des démocraties populaires d'Europe était anti-communiste mais les panneaux et slogans à la gloire du communisme importé de l'URSS étaient partout. Si on avait pris des mesures en 1945, ces peuples n'auraient pas mis près de 50 ans pour s'en affranchir.
"il n’y a pas d’homogénéité musulmane"
il n’y a pas d’homogénéité musulmane.. sauf une: à savoir que dans tous les pays musulmans c'est la dictature, parfois moyenâgeuse.
Le psychiatre qui vient de tuer 13 personnes était "laïque"
Le psychiatre qui vient de faire un carton aux Etats-Unis était aussi considéré comme "modéré", il était conseiller auprés de la Maison Blanche pour la sécurité. Oui, ce n'est pas une blague...Comme l'avait dit le 1er ministre Turc, modéré, laïque, ça ne veut rien dire, on est musulman un point c'est tout. Et le coran commande le jihad aux musulmans, point barre.
Le même 1er ministre a aussi dit que les minarets étaient les missiles de l'islam, pensez-y quand vous voterez contre prochainement...
C'est un fait, peu de femmes
C'est un fait, peu de femmes musulmanes sont épanouies, mais ce n'est pas leur faute, mais celle des hommes. Dès que l'on dit que l'on est musulmane : ah, mais tu es soumise! Tu parles, soumise? Vous êtes sûrs? Dans certaines régions, tout est affaire de pouvoir dans le couple, c'est la seule façon de survivre.
"Je suis mariée" mais tu es la première épouse? Il en a combien d'autres?
Si on porte le foulard : ah, c'est ton mari qui t'y oblige? mais si on n'est pas mariée et qu''on le porte?
L'Islam me plaît, par sa simplicité des événements, on ne passe pas 1 heure à se marier, 5 mn suffisent et on passe aux choses plaisantes. La naissance et la mort sont vues différemment du christiannisme et ce n'est pas un mal. On sait qu'on doit mourir, pourquoi s'enterrer sous une pierre tombale à 8'000.--? Et l'Islam est une religion simple à pratiquer, sans chichis, sans intermédiaire.
Pour le reste, les femmes, où qu'elles soient, chrétiennes, musulmanes, juives, athées, africaines ou américaines ou asiatiques ou autres, subiront toujours plus que l'homme.
Des exceptions qui ne sont pas la règle.
Il existe des femmes musulmanes épanouies...c'est une toute petite minorité. Lorsque chaque fillette aura droit à l'instruction laïque, nous avancerons vers la véritable liberté pour les femmes.
Ce sont les femmes de par le Monde qui font avancer les mentalités. Le droit à l'instruction est la première force pour ces femmes.
Mais l'actualité nous démontre chaque jours une radicalisation de l'Islam (interdiction du port de pantalon en Indonésie, conférences de M.Ramadan contre la mixité des piscines etc...)à laquelle il faut mettre un frein.
Nous savons que ce sont des pays et mouvements extrémistes derrière le financement des minarets=en contre partie le droit de regard sur le choix de l'imam.
À Genève, la radicalisation de l'enseignement est avérée.
Aucune femme, tant chrétienne, laïque ou musulmane, ne peut cautionner cette mouvance.