Le docteur Jean-Pierre Spinosa aime recentrer le débat sur les données scientifiques. Il a épluché de nombreux articles scientifiques sur la question. Nous lui avons demandé de préciser certains points. «Je serais le premier à promouvoir le vaccin contre le HPV si j’étais convaincu par des données tangibles, assure ce gynécologue obstétricien. Or je ne comprends pas que l’on puisse le conseiller sur la base des connaissances actuelles. Celles-ci ne permettent pas d’affirmer que le vaccin protège du cancer du col de l’utérus.»
Les informations fournies par l’Office fédéral de la santé lui paraissent incomplètes. A commencer par l’affirmation selon laquelle le vaccin permettrait d’éviter 70% des cancers du col de l’utérus, ceux causés par les HPV 16 et 18. «C’est probable. Cependant, il s’agit de chiffres basés sur des études effectuées dans d’autres pays. Rien ne nous dit que cette proportion serait la même en Suisse, pays où les femmes effectuent des tests de dépistages réguliers.»
Le médecin lausannois estime que le vaccin réduit le développement d’affections précancéreuses du col de l’utérus (dysplasie). «Mais seulement celles causées par les HPV 16 et 18. C’est là tout le problème. Le vaccin ne protège pas des méfaits d’autres types de HPV à haut risque. Ce risque semble confirmé par des études. Celles-ci montrent que le vaccin ne réduit le nombre de dysplasies que de 28% et non pas de 70%. » Le vaccin n’abaisse donc pas le nombre d’affections précancéreuses dans la proportion attendue, selon Jean-Pierre Spinosa. Comment expliquer cette différence de 50%? «Par l’action d’autres types de HPV, dont le vaccin ne protège pas.»
Autre problème à débattre, « les chiffres officiellement publiés montrent un risque augmenté de développement de dysplasie grave dans certains sous-groupes de jeunes filles vaccinées qui avaient déjà été en contact avec le virus.». On sait que le vaccin ne peut déployer son efficacité maximale que s’il est administré avant tout contact avec le virus, donc avant le début de la vie sexuelle. Mais comment s’assurer que la piqure se fait à temps? «Il est impensable de s’immiscer dans la vie privée des élèves en les interrogeant sur une question aussi intime ou en effectuant une prise de sang qui pourrait révéler la présence du virus. On vaccine donc les jeunes filles sans distinction, regrette le médecin. Or inoculer un sujet porteur du virus semble augmenter le risque de dysplasie grave de plus de 40%.»
Jean-Pierre Spinosa regrette la validation «prématurée» d’une vaccination qu’il juge partielle. «Ce n’est pas le principe du vaccin en soi qui me dérange, j’y suis en principe plutôt favorable.»
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- Je pense qu'à l'heure actuelle, on doit préserver la liberté individuelle, quant au choix de se faire vacciner ou non. Il n'y a pas encore suffisamment de recul par rapport aux effets secondaires de ce vaccin.
- On laisse bien les gens fumer et abuser régulièrement de l'alcool...