
Tout semble aller de soi. L’ensemble des cantons suisses a désormais mis en place la campagne de vaccination contre les papillomavirus (HPV). Transmissibles par contact sexuel, ceux-ci sont à l’origine du cancer du col de l’utérus. Les recommandations émises par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en 2008 ont donc été suivies. La vaccination, affirment ses promoteurs, éviterait que chaque année 160 femmes déclarent la maladie et 50 décèdent.
Mais la controverse, autour de l’efficacité de cette prophylaxie ne s’est pas apaisée pour autant (participez à notre sondage). En témoigne le postulat déposé la semaine dernière au Grand Conseil vaudois par Fabienne Despot (UDC). La députée avait été alertée par un incident survenu en février dernier. Après l’hospitalisation de deux adolescentes ayant suivi le traitement, 75'000 doses ont été retirées du marché par les autorités sanitaires espagnoles. Fabienne Despot demande donc au Conseil d’Etat une information plus approfondie sur le produit et ses effets secondaires.
Des effets indésirables?
Il faut savoir que le vaccin – protégeant contre les deux types de HPV les plus fréquents – est proposé à toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans. L’information est aujourd’hui dispensée par les établissements scolaires. Mais pour les plus sceptiques, la vaccination n’est pas complètement inoffensive. «Trente-trois décès ont été recensés aux Etats-Unis», avance Jean-Paul Ecklin, médecin et membre du Groupe médical de réflexion sur les vaccins. A entendre les autorités suisses, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Après l’incident espagnol, l’OFSP n’a d’ailleurs pas jugé pertinent de modifier ses instructions.
Dépistées à temps?
Pour le docteur Jean-Paul Ecklin et le groupe de médecins dont il fait partie, ce vaccin serait tout simplement superflu. «Si le cancer de l’utérus est le deuxième parmi les plus fréquents chez les femmes dans le monde, il n’est en Suisse qu’au 18e rang», dit-il. Le dépistage effectué de manière régulière chez le gynécologue lui semble suffisant. «Il permet de détecter les lésions précancéreuses et de les traiter à temps.»
Un raisonnement qui fait bondir Anne-Thérèse Vlastos, médecin adjoint au Service de gynécologie des Hôpitaux universitaires de Genève. «Tout le monde ne se soumet pas régulièrement à ce dépistage. Et surtout, certaines lésions du col de l’utérus entraînent des complications pouvant engendrer des fausses couches ou des naissances prématurées.» Des études montrent en effet que le vaccin permettrait d’éviter 2000 cas de lésions précancéreuses dans notre pays.
Dépense superflue ou économie à long terme?
L’aspect financier n’est pas épargné par la polémique. Le vaccin coûte entre 400 et 480 francs. Administré dans le cadre des programmes cantonaux, il est entièrement pris en charge par l’assurance-maladie de base. Un luxe à l’efficacité douteuse, pour les uns. Une dépense que l’on doit légitimement à la jeunesse, pour les autres. Selon le calcul de la présidente de la Commission fédérale pour les vaccinations Claire-Anne Siegrist, une économie est attendue à terme. «Le dépistage coûte 200 millions de francs par an. Le traitement du cancer 23 millions. Or la vaccination annuelle de la population concernée revient à 16 millions de francs.» Quant au débat sur les intérêts financiers des entreprises pharmaceutiques, Anne-Thérèse Vlastos le juge mesquin. «Un bénéfice est forcément perçu!»
Reste à déterminer la durée d’efficacité de la préparation. Les connaissances actuelles permettent-elles de le savoir? Alors que l’on parlait de cinq ans il y a peu, les experts parlent désormais d’une période de protection de dix ans. Et après? Un rappel sera sans doute indispensable.
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réel impact du vaccin contre le HPV
Excellent article pour entamer un débat sérieux.
Nous pouvons déjà noter la différence entre un médecin qui a un contact direct avec les femmes et des médecins qui organisent les campagnes de vaccination, qui parlent de données et qui assurent que la sécurité du Gardasil est aussi bonne que celles des autres vaccins, ce qui est très vite dit puisque nous n'avons pas du tout le même recul.
Des réflexions très intéressantes sur la prise en compte ou non des effets vaccinaux se trouvent sur: http://www.alis-france.com/download/accidents_postvaccinaux_europe.pdf.
Quant au Gardasil, différents institutions européennes ont des réticences que vous pouvez consulter auprès de:
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/gardasil-tres-critique-a-l-etra....
Pour les anglophones (mais des traductions existent) Google
vous indiquera bien des demi-secrets sur:
National Vaccine Information Center.
Cinq jeunes filles sont décédées peu après le vaccin. Il est évident que le vaccin n'ètait pas seul en cause mais rien n'est fait pour tester qui risque de trépasser.
Le vaccin contre le HPV est-il vraiment nécessaire en Suisse?
Merci à Sandra Weber pour cet article équilibré présentant bien la problématique. Merci surtout à Mme la députée Fabienne Despot pour oser questionner nos autorités sur ce sujet sensible.
Le dépliant distribué aux parents ne mentionnait pas que ce type de cancer n'est qu'au 18e rang en Suisse... Manque d'impartialité et campagne de markéting au frais du contribuable ?