Elle fera des miracles pour ses patientes en quête de bébés | Les Quotidiennes

20/11/2008 11:42
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Elle fera des miracles pour ses patientes en quête de bébés

MATERNITÉ | 15:45  Le Dr Dorothea Galié-Wunder a pris le 1er septembre les rênes de l’Unité de médecine reproductive du CHUV. Une première suisse. Rencontre.




Dorothea Galié-Wunder, future maman, se réjouit de sa nomination. (Photo: Vanessa Cardoso)


Francine Brunschwig | 05-09-2008 | 15:45

Elle s’appelle Dorothea Wunder et elle espère bien sûr faire des miracles pour ses patientes. Arrivée à Lausanne il y a quelques jours, le Dr Dorothea Galié-Wunder dirige depuis le 1er septembre l’Unité de médecine de reproduction (UMR) du CHUV.

 

Exclusivité suisse pour le Département de gynécologie-obstétrique-génétique du CHUV: la jeune femme d’origine bâloise est la première à diriger une unité de médecine de la reproduction dans un hôpital universitaire. A noter que l’UMR du CHUV et ses dix-huit collaboratrices (médecins, psychologue, conseillère en planning, infirmières) sont un service entièrement féminin. Le Dr Galié-Wunder succède au Pr Dominique de Ziegler, parti diriger un centre à Paris.
Future mère

 

Une femme face à d’autres qui consultent parce qu’elles ne peuvent pas avoir d’enfants: un bon plan. «Je suis très heureuse. Je trouve à Lausanne une équipe motivée et compétente», se félicite la gynécologue spécialisée en endocrinologie gynécologique et en médecine de la reproduction. «Détail» piquant: à peine arrivée, la nouvelle cheffe de service partira en congé maternité. A 41 ans, elle a l’âge auquel nombre de femmes doivent recourir à la procréation médicale assistée. Mais elle précise qu’elle n’en a pas eu besoin pour tomber enceinte! «Tout à coup, on se dit: oh là, j’aurai 40 ans l’année prochaine et il sera bientôt trop tard», témoigne la jeune femme dont la carrière clinique et scientifique à l’Inselpital de Berne et à l’Hôpital universitaire de Zurich a jusqu’ici accaparé tout son temps. Début 2008, elle a obtenu le titre de privat-docent.

 

Débordante d’énergie, confiante dans sa capacité à gérer de front son nouveau défi professionnel et la future naissance, Dorothea Galié-Wunder concède que 2008 sera une année «un peu exceptionnelle». «Tout vient en même temps. Mais c’est une chance à ne pas laisser passer, et aussi beaucoup de bonheur. » Songe-t-elle, en disant cela, à sa nomination ou à sa grossesse? «A l’enfant», répond-elle, radieuse.

 

La FIV, traitement phare
Mais son nouveau poste (elle assurera la supervision du service durant son congé maternité) suscite le même enthousiasme. Future mère, la voilà encore mieux armée pour comprendre le désir d’enfants des couples qui viennent chercher de l’aide. L’UMR comptabilise près de 10 000 consultations annuelles.
La fécondation in vitro (FIV) constitue le traitement phare de la stérilité, qui touche environ un couple sur dix. «Avant d’y songer, sauf exception, le couple doit avoir derrière lui au moins un an d’essais infructueux», explique le Dr Galié-Wunder.

 

A l’opposé du risque d’échec des traitements de la stérilité, il y a celui de donner naissance à des jumeaux, voire à des triplés. «Nous informons les patientes qu’une grossesse multiple peut constituer une source de complications pour la mère et les bébés, mais cela ne retient pas les parents, tant leur désir d’enfants est fort.»

 

Parmi les projets que caresse la nouvelle cheffe figure le développement de la recherche en endocrinologie et autour de la ménopause. Un domaine où elle a acquis des compétences à Berne avec le Pr Martin Birkhäuser, dont le centre de la ménopause était unique en Suisse.

 

CHUV ou centre privé, la FIV pas remboursée
Pour le Pr Patrick Hohlfeld, chef du Département de gynécologie obstétrique du CHUV, il est important pour un hôpital public de pouvoir développer la recherche et l’enseignement sur les techniques de procréation médicale assistée. Depuis que l’Hôpital cantonal de Genève a abandonné la fécondation in vitro (FIV) en 2006 (mais tous les autres traitements de la stérilité sont offerts), un réseau romand universitaire pour la fécondation in vitro existe sur le papier. Mais, pratiquement, le seul centre du CHUV travaille plus ou moins en solo. «Nous n’avions pas assez de patientes», commente le Pr Jean-Bernard Dubuisson, chef du Département de gynécologie obstétrique des HUG. Il dénonce «l’injustice sociale» que représente le fait que la FIV (environ 5000 francs) n’est pas remboursée. Avis partagé par le Pr Hohlfeld. Environ 40% des couples stériles devraient pouvoir en bénéficier.
La concurrence est vive dans ce domaine. Les couples ont le choix entre le CHUV et quelque cinq centres privés à Genève et à Lausanne. Le plus grand est le CMPA à Lausanne.


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