
En Suisse, l’anorexie touche environ 1,5% des filles de 13 à 24 ans (dont un garçon pour dix filles). Cette maladie psychique peut mener à la mort.
Aujourd’hui, Isabelle Caro, 25 ans, 1,65 m et 36 kilos, fait la une des journaux. Après avoir exhibé son corps nu décharné pour une campagne publicitaire contre l’anorexie réalisée par Oliviero Toscani l’année dernière, la revoici sur le devant de la scène avec une autobiographie, La petite fille qui ne voulait pas grossir.
Aubaine pour les milieux de la prévention ou piège à éviter? Comment parler de l’anorexie sans être incitatif? Nous avons posé ces questions à des professionnels de la santé.
Faut-il parler en détail de cette maladie? NON
«Il est bien sûr important de dire que l’anorexie existe et d’indiquer où l’on peut s’adresser pour se faire aider», estime Maria Carola, psychiatre et présidente de l’Association Boulimie Anorexie (ABA) jusqu’en février dernier. Par contre, entrer dans les détails en expliquant comment les malades s’y prennent pour manger le moins possible peut avoir une influence néfaste. «Nous avons observé que cela peut donner des idées», indique Maria Carola. La nouvelle présidente de l’association, Véronique Buttin, estime que donner des détails concernant le poids des malades peut les conduire à une certaine compétition.
Images de maigreur extrême: aide à la prévention? NON
Sophie Vust, psychologue et psychothérapeute à l’Unité multidisciplinaire de santé des adolescents (UMSA) du CHUV, ne pense pas que de telles images puissent inciter à l’anorexie, ni d’ailleurs aider à s’en sortir. «L’anorexie mentale est une maladie psychique qui peut donc rarement s’attraper par contagion.» Et si tel cas de maigreur extrême «ne donne envie à personne», la psychologue estime que son effet repoussant n’a que peu de chance d’aider les anorexiques: «Seul un traitement psychiatrique peut aider quelqu’un à arrêter de se sous-alimenter.»
Selon Véronique Buttin, les photos d’Isabelle Caro, laquelle insiste sur sa volonté de montrer l’horreur de la maladie pour aider les anorexiques, ne délivrent pas un message assez différent de celui des groupes qui prônent l’anorexie sur internet.
A un niveau plus global, Isabelle Lyon-Pages, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, reconnaît cependant à ces images la capacité de donner l’alerte. «Les images d’Isabelle Caro posent plusieurs problèmes. Elles incitent au voyeurisme et laissent penser qu’il peut y avoir un bénéfice secondaire à cette maladie: l’intérêt des médias voire la célébrité, à un moment où cette femme est encore malade. Un intérêt qui ne l’aide pas à s’en sortir. Cependant, les photos d’Oliviero Toscani ont déjà eu le mérite d’attirer l’attention sur un problème de société majeur sous-estimé, comme le sida à l’époque.» Selon cette psychiatre-psychothérapeute installée à la Clinique de La Source à Lausanne, la Suisse manque de structures de soin spécialisées pour cette maladie qui reste encore trop taboue.
Les témoignages d’anciens malades guéris sont-ils utiles? OUI
Présenter des exemples de personnes saines ou d’anciens anorexiques guéris s’avère beaucoup plus profitable que de mettre en avant des personnes aux prises avec la maladie. «C‘est très positif car ces témoignages montrent qu’il est possible de s’en sortir en suivant un traitement adéquat», selon Isabelle Lyon-Pages.
Le culte de la minceur pousse-t-il à l’anorexie? Plutôt OUI
Les publicités de saison incitant à maigrir et le modèle de la femme filiforme peuvent avoir une influence néfaste et favoriser le déclenchement de troubles atypiques des conduites alimentaires. «La multitude de régimes proposés au printemps fait flamber l’anorexie, constate Isabelle Lyon-Pages. Je ne me base sur aucune étude chiffrée. Mais tous nos patients ont commencé à maigrir en suivant un régime, puis ont perdu le contrôle. Et les anorexiques se restreignent encore plus avant l’été.»
Comment faire la prévention de l’anorexie?
C’est un sujet sur lequel aucun consensus n’émerge, en raison de la multiplicité des facteurs menant aux troubles alimentaires. «Travailler en amont de la maladie, par exemple sur le contexte socioculturel d’apparition des troubles alimentaires, semble s’avérer plus utile en termes de prévention qu’aborder de front les questions de l’alimentation et des troubles alimentaires», estime Sophie Vust. En cessant de vanter la minceur, en valorisant l’estime de soi liée à des valeurs de bien – être et non à l’apparence, ainsi qu’en renforçant la prise en compte des besoins affectifs et relationnels, et cela dès le plus jeune âge.
Des publicités montrant des femmes aux formes normales, comme les mannequins Migros ou ceux de la marque Dove ont une influence positive, selon Isabelle Lyon-Pages.
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Oui, l'anorexie touche aussi les garçons
Bonjour C-L.
Oui l'anorexie touche aussi les garçons: un pour dix filles souffrant d'anorexie.
A noter que cette maladie touche environ 1,5% des filles de 13 à 24 ans.
Comment lutter contre l'anorexie?
Pour combattre l'anorexie, il serait important de changer l'image présentée aux adolescentes,dans tous les médias et revaloriser enfin les formes naturelles féminines!
Il sera alors plus facile d'accepter la transformation de son corps à l'adolescence.
L'anorexie touche-t-elle les garçons?