
Pour se présenter au public, Siegfried Meryn projette une photo de compatriotes autrichiens en habit traditionnel. Quatre hommes et un petit garçon, tous vêtus d’un costume vert à pantalon court, longues chaussettes, plume au chapeau, bombent fièrement le torse. «En regardant cette image, vous allez comprendre d’où viennent une bonne partie des problèmes de santé des hommes», lance le professeur de l’Université de Vienne, invité au 21e Congrès international de la santé sexuelle à Göteborg la semaine dernière afin de s’exprimer sur les troubles érectiles masculins. Pour un peu, on croirait qu’il est hors sujet. Mais ce que Siegfried Meryn cherche à mettre en avant, c’est le lien étroit entre une certaine conception «masculine» de la santé et la présence de troubles érectiles.
Être un homme: un facteur de risque
En caricaturant la moindre, le professeur explique que l’attitude des « mâles » leur joue de bien vilains tours en matière de santé. Ces Messieurs prennent plus de risques que les femmes: plus forte tendance à abuser de substances nocives comme le tabac et l’alcool, et à vivre plus dangereusement. Si leur espérance de vie est inférieure de 5 à 7 ans à celle des femmes, ce n’est pas un hasard. Seule 1 année et demie s’explique par des facteurs génétiques. Le reste par un mode de vie «masculin». Lequel implique également une réticence à se préoccuper de sa propre santé.
Bonne santé générale, bonne santé sexuelle
Comment intéresser davantage les hommes à leur santé? Se demande le professeur de l’Université de Vienne. Et bien… en les rendant attentifs à une question qui ne les laissera certainement pas indifférents: les troubles érectiles. Une étude effectuée aux Etats-Unis montre que moins de 25% des hommes qui en souffrent consultent un médecin. Les pannes sexuelles peuvent pourtant constituer un symptôme d’un problème de santé ou annoncer sa venue: problèmes cardiovasculaires, déficience hormonale, diabète, dépression, problèmes de prostate, surpoids... Ridwan Shabsigh renchérit. «Pour que le sexe d’un homme s’érige, il faut que de nombreuses fonctions du corps se fassent correctement.» Si l’une ne marche pas, ce sera le calme plat. Selon ce professeur d’urologie à l’Université de Columbia, les pannes chroniques peuvent précéder une attaque cardiaque de 3 ans et l’arrivée d’un diabète de 8 ans.
Solution?
La solution n’est donc pas forcément la pilule bleue (Viagra de Pfizer) ni la pilule orange (Vardenafil de Bayer), qui, dans les cas cités, ne traiteraient alors que le symptôme. Mais plutôt le traitement ou la prévention des affections dont les dysfonctions érectiles peuvent être les signes avant-coureurs. Comment? Très souvent par des actes de la vie de tous les jours… Alimentation saine, pas de fumée, moins de stress, plus de sport… On y revient toujours!
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