Les règles vaudoises en matière d’avortement suscitent la critique
REPROCHES | 09:59 Des spécialistes dénoncent le fait que le choix de la méthode par anesthésie locale, plus simple, n’est pas proposé aux femmes.
FRANCINE BRUNSCHWIG | 24-07-2008 | 09:59
Depuis le 1er juin 2008, les gynécologues vaudois sont autorisés à pratiquer une interruption de grossesse dans leur cabinet. Ce n’était pas le cas avant. Les nouvelles directives entrées en vigueur le 1er juin dernier imposent cependant, pour des raisons de sécurité médicale, la présence d’un anesthésiste lorsque la méthode choisie n’est pas médicamenteuse (option choisie dans la majorité des cas jusqu’à sept semaines de gestation), mais chirurgicale. Une exigence vaudoise (la majorité des cantons ne l’imposent pas) qui «consterne» l’Association de professionnels de l’avortement et de la contraception (APAC). Elle l’estime «absurde», car une interruption chirurgicale en cabinet peut se faire sous anesthésie locale, «ce qui ne nécessite pas la présence d’un anesthésiste», affirme Anne-Marie Rey.
La secrétaire générale de l’APAC et ancienne présidente de l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement dénonce d’une manière plus générale le fait que cette méthode, pratiquée en Suisse allemande, n’est quasi pas proposée aux femmes en Suisse romande. «Or de nombreuses études indiquent qu’elle engendre moins de complications», affirme Anne-Marie Rey. Elle est largement utilisée en Grande-Bretagne et en Hollande notamment. Pour Anne-Marie Rey, il importe de «laisser le choix aux femmes».
Gynécologues satisfaits
Interpellés par l’APAC, les gynécologues vaudois se déclarent satisfaits des directives adoptées. «C’est vrai, pour des questions de sécurité mais aussi de sensibilité, nous ne proposons pas la méthode sous anesthésie locale, reconnaît le Dr Jean-Paul Châtelain, président des gynécologues vaudois. Elle nécessite une infrastructure au cabinet dont les praticiens ne sont en général pas équipés. En cas d’interruption chirurgicale, on préfère la clinique ou l’hôpital.»
Au CHUV, la simple anesthésie locale (piqûre autour du col de l’utérus) n’est pas pratiquée non plus. «Je sais que la méthode a ses adeptes, admet le professeur Patrick Hohlfeld, chef du Département de gynécologie et d’obstétrique. Personnellement, j’y ai longtemps été opposé car j’avais entendu des témoignages de patientes plutôt traumatisées par cette méthode. Entre-temps la pratique a évolué et on peut imaginer réexaminer la question. » Au CHUV, les interruptions de grossesse chirurgicales se font soit sous anesthésie générale, soit loco-régionale (péridurale).
FRANCINE BRUNSCHWIG
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IVG sous anesthésie locale
J'ai eu une IVG sous anesthésie locale dans un cabinet médical et j'ai été très heureuse qu'on me propose cette méthode. Je n'ai eu aucune douleur, sauf les 4 piqûres (un peu comme chez le dentiste). Et l'ambiance est nettement plus sympa que dans un grand hôpital. En plus on peut rentrer beaucoup plus rapidement après l'intervention (environ une demie ou 1 heure après) et c'est moins coûteux.
C'est vraiment scandaleux qu'en Suisse cette méthode ne soit quasiment plus enseignée aux jeunes médecins.