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Ignorés ou violentés, les transsexuels revendiquent le droit à vivre en paix

Moeurs | 13:53  Victimes de violences et de discriminations, les transsexuels vont à l'occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, pour revendiquer le droit de vivre comme tout le monde.






AFP | 14-05-2009 | 13:53

Pour cette quatrième année de mobilisation, le comité IDAHO (International Day Against Homophobia and Transphobia) a décidé d’aborder plus spécifiquement la question des transsexuels.


Car il y a urgence, préviennent les organisateurs: "la transphobie tue".

 

"Les agressions physiques sont sans conteste le chapitre le plus sinistre de la transphobie internationale", estiment les organisateurs. "Qu’il s’agisse de travestis, de transsexuels, de transgenres, de drags, toutes et tous sont surexposés aux violences, passages à tabac, viols, meurtres".

 

 

Selon eux, bien souvent, "la police bâcle les enquêtes", quand ce ne sont pas les policiers qui "participent eux-mêmes aux violences".

 

 

Surtout, regrette le comité IDAHO, ces agressions sont régulièrement "présentées comme des faits divers plus ou moins obscurs, qu’on expédie en trois ou quatre lignes, dans l’indifférence générale. Or cette violence a un nom: il s’agit de transphobie".

 

 

Autre violence, moins évidente: le suicide des trans "stigmatisés, rejetés, harcelés", qui affecte en particulier les plus jeunes, selon le comité.

 

A ceux qui voient dans les trans une dérive moderne, le comité rappelle que la transidentité a traversé tant les époques que les cultures. Ainsi des Xaniths d’Oman, ces hommes parfumés et maquillés, ou des "masisis" d’Haïti, ces personnes de sexe masculin et de genre féminin, qui vivent à la marge de la société, mais trouvent un espace de liberté dans les rites vaudous.

 

 

Certes, les mentalités se sont assouplies depuis Jeanne d’Arc à qui la justice reprochait de porter l’armure et de s’habiller en homme, mais des progrès sont encore à faire, estime le comité IDAHO.

 

Il réclame notamment que la transgression du genre soit "déclassifiée", en d’autres termes, qu’elle soit supprimée de la liste des maladies mentales.
En France, cette classification remonte au XIXe siècle. Ajoutant à la réprobation religieuse, juridique et morale, la médecine avait alors décidé de faire de la transidentité une pathologie, nécessitant une prise en charge médicale.

 

 

Au niveau de l’Organisation mondiale de la Santé, c’est en 1996 que le transsexualisme fait son entrée dans la classification statistique internationale des maladies et problèmes de santé connexes (CIM 10) au chapitre des "troubles de l’identité sexuelle".

 

 

Se refusant à être des "citoyens sans droits", les trans revendiquent également une meilleure reconnaissance civile. "Les papiers d’identité constituent la problématique la plus sensible", relève le comité.

 

 

Selon lui, seuls trois pays d’Europe (l’Estonie, la Hongrie et le Royaume-Uni) n’exigent pas l’opération chirurgicale pour accorder un changement de genre à l’état-civil.
Pour les autres, regrette-t-il, la moindre des formalités (passer la douane, retirer un recommandé, candidater à un emploi...) oblige les personnes concernées "à révéler leur transidentité, aspect fondamental de leur vie privée".


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