
L’affaire Vanessa George scandalise l’Angleterre. Cette assistante maternelle de Plymouth a utilisé les enfants et nourrissons placés sous sa surveillance pour assouvir ses fantasmes. Les photos de ces scènes pédophiles étaient ensuite diffusées sur Internet. Trois autres complices, qui avaient créé un réseau sur Facebook, ont été interpellés. Depuis le début de ce mois d’octobre, les Anglais découvrent avec horreur les méandres de cette affaire qui met en lumière une zone encore taboue: la perversion féminine.
Qu’en est-il en Suisse ? «Nous n’avons répertorié aucun cas avéré de pédophilie féminine», note Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. A la faculté de criminologie de l’Université de Lausanne, aucune étude. Et on renvoie toute personne désireuse d’en savoir davantage à la faculté de sociologie…
Pas d'égalité entre hommes et femmes
Ce n’est que depuis peu que la police genevoise a inscrit deux cas de pédophilie féminine. La première affaire concerne une quadragénaire ayant abusé sexuellement d’un garçon de 14 ans, ami de sa fille (voire ci-dessous le témoignage de «Bob»). La femme a été condamnée ce mois de septembre à 180 jours amende avec sursis. Le Tribunal de police a relevé que la victime «semblait avoir librement consenti à entretenir des rapports intimes». Quoi qu’il en soit, la peine encourue a laissé à l’avocat du mineur, Me Daniel A. Meyer, un sentiment de profonde injustice. «Ni la société ni la justice ne sont prêtes à admettre l’égalité entre hommes et femmes.»
La seconde affaire concerne elle aussi une quadragénaire. «Il s’agit d’une femme accusée par une ex-amie d’avoir masturbé son propre fils de 5-6 ans», fait laconiquement savoir la police genevoise. Pédophilie, inceste? Impossible d’en savoir davantage avant le procès prévu le 26 octobre prochain.
Hormis des déclarations de police éparses, il n’existe aucune étude concrète sur la question en Suisse. Ni même en France où la pédophilie féminine est toujours considérée comme «le tabou des tabous», si l’on en croit la psychothérapeute Martine Nisse. Les Anglo-Saxons sont, eux, plus en avance. Une récente étude britannique montre en effet que les femmes sont de plus en plus nombreuses à passer à l’acte. «Dans les années 80, entre 3 et 7% des cas d’abus sexuels étaient commis par des femmes», signale le psychocriminologue Philip Jaffé. «25 ans plus tard, les mêmes estimations anglo-saxonnes montrent une nette augmentation. Entre 10 et 25% des cas sont à imputer à des femmes».
Duperie et tromperie
«Les statistiques sont certes importantes. Mais elles incluent les femmes complices ou passives face à des actes commis par des conjoints », signale Martine Nisse. « Les vraies pédophiles sont rarement des prédatrices. Elles sont plutôt des mères incestueuses, présentant souvent des symptômes d’anesthésie émotionnelle.»
Les Anglo-saxons n’ont pas attendu l’affaire Vanessa George pour se montrer pragmatiques. Les Latins demeurent, eux, plus pudiques face au phénomène. «Reconnaître la pédophilie féminine, c’est toucher à la sacro-sainte image de la vierge, de la mère ou de la femme soumise», explique encore Martine Nisse. «L’abus au féminin se décline assez différemment», analyse de son côté Philip Jaffé. «Il prend souvent des allures de duperie ou de tromperie. Il se manifeste alors par des soins corporels trop appuyés, des marques d’intimité ritualisées, comme des séances de déshabillage». Une manière de procéder différente des stratégies masculines, expliquant, en partie tout au moins, le silence des victimes. «De tels gestes s’avèrent destructeurs. Mais ils sont difficiles à cerner ou à formuler.»
«La pédophilie féminine est encore largement taboue dans la magistrature et la police», confirme la journaliste française Anne Poiret. L’auteure de «L’ultime tabou, femmes pédophiles, femmes incestueuses » (2006), note cependant que le sujet occupe davantage l’espace médiatique depuis le début des années 2000. «Le phénomène est loin de se confiner à certaines classes sociales», note-t-elle encore. «Ces formes de perversion touchent de plus en plus des bourgeoises. C’est peut-être le début d’une progressive levée du tabou.»
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pédophilie féminine
tant que le sida ne concernait que les homos, la recherche médicale était très timoréé.... Alors on a contaminé les femmes! Il en est de même pour la pédophilie ...Et réflexion faite la folie est asexuée
Société
A force de voir du sexe partout, sur les affiches, à la télé, les gens petent les plombs et commettent des abus. Quand j'y repense à 14 ans, certaines femmes de 40 ans me faisaient fantasmer, mais de là à savoir quelle aurait été ma réaction et mon comportement en cas de rapport sexuel avec une personne de cet âge, je n'en ai pas la moindre idée.
Femmes pédophiles
Bonjour,
pour qui travaille avec les victimes de violences familiales (physique, psychique, sexuelle), ce n'est ni nouveau, ni original. Souvent dans les problématiques incestuelles et incestueuses, les mères sont des complices actives (et pas seulement passives comme elles aimeraient le faire croire, voire faire croire qu'elles n'étaient pas au courant). Souvent aussi elles sont d'anciennes victimes. Disons que pour moi, c'est juste que ça vienne maintenant sur la place publique et que l'on prenne conscience que des femmes comme Michèle Martin (épouse Dutroux) ne sont pas seulement de pauvres évaporées bernées par leur conjoint mais aussi des complices actives de la destruction psychique, physique ou sexuelle d'enfants, y compris des leurs !
femmes pédophiles
Il n'y a pas de statistiques, ni d'études faites à ce sujet en Suisse, car les dénonciations sont très rares.
Ce que la statistique nous dit, par contre, c'est que le 80 % des "maltraitances d'enfants" (incluant les abus sexuels) se passeraient dans le cadre familial élargi (y compris les personnes admises dans le cercle familial). Cela explique le faible taux de dénonciations.
Les enquêtes de la police belge, au cours de années 90, ont montré que le rôle des femmes, dans ces "jeux" n'est et de loin pas toujours celui de simple complices ou assistantes passives !