
On ne badine pas avec les choses du sexe. Juliette Buffat, médecin-psychiatre, et Marie-Hélène Stauffacher, psychologue, toutes deux spécialisées ès bagatelles en sont convaincues. Aussi ont-elles lancé les cafés sexologiques, sur le modèle des cafés philosophiques. Comment cela marche-t-il? Des experts ouvrent les feux et le public échange ses connaissances, détaille ses expériences.
Alors? Mardi soir (comme chaque dernier mardi du mois), une vingtaine d’hommes et de femmes ont confronté leurs secrets d’alcôve. Au menu, les fantasmes. Sont-ils tous pervers? Pouvons-nous les partager en couple? Faut-il les réaliser? Vastes questions. Certes. Mais, il y a quelques tendances générales. Les femmes, dans leur majorité, considèrent l’exotisme érotique un rien dépravé. Tandis que ces messieurs ont un spectre fantasmatique en constant éveil, ou presque. C’est ainsi que le Dr Buffat plante le décor face à une assistance encore plongée dans l’expectative.
Les chaussures rouges
«Le fantasme est pourtant affaire de définition», lance doctement un participant. Mais encore? «Une représentation mentale d’un thème propre à doper le désir», explique-t-il en substance. «Mais le passage à l’acte est possible», ajoute la psychologue. Sous condition évidemment. A savoir un consentement mutuel. Et pour étayer sa démonstration, elle évoque le cas d’un patient qui demandait à sa partenaire de chausser des escarpins rouges avant chaque rapport intime.
«Il faut que ce petit jeu-là soit agréé par le couple. La dame pourrait ressentir quelques lassitudes», insiste donc la thérapeute. Soit. Ce d’autant que le rouge ne sied pas à tous les teints, serait-on tenté d’ajouter, si nous étions dotés de quelque malice.
Revenons-en au débat ex cathedra sur les ébats amoureux. Un fringant quadra n’en a pas fini avec les contours du fantasme pervers. Alors, l’une des spécialistes reprend: «L’interdit dans ce domaine, c’est tout ce qui peut générer la peur chez l’autre. Certaines sexualités se fondent dans la crainte lue dans le regard de l’autre.»
«La faute à l’éducation»
Au fond de la petite salle du restaurant, un groupe de femmes, réuni autour de la même table, est jusque-là demeuré silencieux. Une pétillante quadra ose pourtant sortir de sa réserve. «Si les femmes sont moins versées dans le fantasme, c’est la faute à l’éducation.» La psychiatre hoche de la tête en guise d’assentiment: «Les femmes, jeunes ou matures, que je reçois à mes consultations sont souvent victimes de censures liées précisément à l’éducation.»
Et le romantisme dans tout cela? dixit une trentenaire avant d’ajouter que les femmes sont plus sujettes aux images de princes charmants version contemporaine qu’aux exercices ultrasophistiqués. Peut-être, mais pas exclusivement, corrige aussitôt le Dr Buffat.
Les hommes sans visage
Le fantasme très tendance chez la gent féminine, ce sont les hommes sans visage. En clair des plastiques irréprochables ou modelées à leur goût, mais jamais rehaussées de la tête de George Clooney, Brad Pitt ou du facteur. Voilà, les arcanes de la libido sont désormais moins obscurs. Quoique… un frais quinquagénaire aimerait rectifier les propos d’une intervenante.
Il ne voit pas pourquoi les hommes fantasmeraient le jour et les femmes la nuit. Lui, la journée, il est professionnellement assez absorbé, alors pas question de rêvasser sur la gaudriole. «Changez de secrétaire», glisse son espiègle voisine. Petit dérapage? Contrôlé, et le seul de la soirée car les cafés sexologiques sont affaire de sérieux dans la Cité de Calvin.
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À quoi sert un
À quoi sert un médecin?
-et un psychiatre?
Pourquoi vouloir les employer à toutes les sauces comme si il s'agissait des spécialistes de tout et de rien?
C'est un peu comme si on demandait à un sexologue de l'aide pour les maux de tête.
slim