
«Si la justice est pour tout le monde, elle devrait être en prison». Bob* d’origine africaine n’a rien à ajouter. La femme blanche qui a abusé de lui vient d’être reconnue coupable à Genève. L’inculpation (180 jours amende avec sursis) n’a pas calmé le souvenir. «C’est une femme», assène le jeune homme, 14 ans au moment des faits. Bob est assis sur le bord de la chaise, comme quelqu’un qui a hâte qu’on en finisse. «Et c’est parce que c’est une femme qu’elle s’en est si bien sortie.»
Bob souhaite aujourd’hui oublier. Sa mère, Melissa*, elle, garde un souvenir amer. «Au début, je n’ai pas cru qu’une mère de famille de 40 ans puisse abuser d’un enfant. Et puis, j’ai entendu un appel lancé à mon fils, lui enjoignant de ne pas raconter ce qui s’était passé.» Melissa porte alors plainte. Le téléphone est mis sur écoute. L’abuseuse, mère d’Eliane*, une amie de Bob, est piégée.
«Un policier m’a alors dit: «Prenez un bon avocat, sinon vous n’aurez aucune chance.» C’est ce que j’ai fait. Elle, elle s’est présentée seule au procès.»
Le moment le plus difficile? «Lorsqu’elle a décrit la scène», se souvient Melissa. «Elle avait tout prévu. Son linge autour de la poitrine, la capote sur la table de nuit… Elle a invoqué son divorce, la perte de son emploi, la prise de médicaments pour justifier son acte. Comme si cela pouvait être des raisons valables.»
Une traînée de poudre
A 15 ans, Bob tente aujourd’hui de se reconstruire. Il suit une thérapie. Il a dû changer d’école, de peur de se confronter avec Eliane, qui, elle, a pu poursuivre sa scolarité dans le même établissement. Plus de deux heures de trajet en bus par jour, histoire d’éviter le souvenir d’une affaire, dont les détails se sont répandus comme une traînée de poudre.
La légèreté de la peine ne parvient pas à refermer la plaie. «Et si l’abuseur avait été un quadragénaire de couleur? Et la victime, une blanche de 14 ans?», interroge le garçon. La question demeure entière. «Je ne voulais pas aller au procès», signale-t-il encore. «La justice, je n’y crois plus.»
*Prénoms fictifs
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femmes pédophile - réponse au premier Anonyme
"Un des problèmes n'est-il pas dû au fait que la situation ait été rendue publique par la mère ?
Un autre problème, décrit dans l'article, est que le procès a eu une incidence sur son psychisme. Qu'en aurait-il été, si aucune plainte n'avait été déposée ?"
Pas d'accord ! à 14 ans, la plupart des garçons sont encore plus fragiles que les filles dans le domaine de la sexualité. Je n'ai aucun doute sur le choc et le sentiment de culpabilité ressenti par Bob, même s'il a peut-être eu un peu de curiosité. S'il avait vécu cette expérience avec sa petite copine, je serais d'accord avec vous, mais il s'agissait de la mère de celle-ci!
Pour Bob, le plus gros traumatisme, est causé avant tout par le verdict risible de la justice. C'est un peu comme si le juge lui disait "tu as eu de la chance d'être initié par cette femme, de quoi te plains-tu ?"
Pour rappel, enfin, selon les conventions internationales, le statut d'enfant s'étend jusqu'à sa majorité et la maturité sexuelle est variable d'un pays à l'autre (en Suisse) 16 ans. A 14 ans, on est encore vraiment un enfant.
femmes pédophiles
"ayant un ado du même âge à la maison j'ai tout de même des doutes qu'il n'ait pas été consentant..."
et revoilà le cliché : les garçons "ne pensent qu'à ça" et les femmes sont toutes des saintes ! Et oui "cher/chère anonyme", il y a des femmes pédo et prédatrices. La statistique européenne qui, comme vous le savez certainement, ne compte que les cas dénoncés à la police, donc la partie émergée de l'iceberg, donne un taux entre 20 et 25 % des cas d'abus sexuels sur enfants perpétrés par des femmes.
Quant aux enfants - probablement même le vôtre - ce n'est pas parce qu'ils sont intéressés par les choses du sexe ou en rêvent qu'ils sont automatiquement consentants pour vivre des expériences imposées par des adultes, donc forcément choquantes et cupabilisantes.
Dans ce cadre là, il n'y a pas de différence notable entre les filles et les garçons, les filles rêvent du beau garçon de l'immeuble d'à côté et pas du papy du coin et les garçons du sourire "étourdissant" de leur petite camarade de classe et pas de la mère de ses copains !
Comme Bob, je ne comprends pas la différence de jugement homme/femme: un homme aurait très vraisemblablement pris de la prison ferme.
femme pédophile
ayant un ado du même âge à la maison j'ai tout de même des doutes qu'il n'ait pas été consentant...
tout de même un gars de cet âge sait dire non !
c'est un abus oui mais... ce pauvre garçon pourquoi l'avoir conduit jusqu'au procès ? c'est certainement ce qu'il y a eu de plus difficile pour lui !
Le couleur, encore la couleur, toujours la couleur
Qu'il ait été victime, soit.
Par contre, je ne vois pas ce que la couleur a à faire là-dedans.
Il n'a pas été victime à cause de la teinte de sa peau (ou alors, ça prouverait que la couleur de sa peau était attirante, ce qui semblerait plutôt flatteur). Le cerveau de l'abuseuse est de toute façon blanc, quelle que soit la teinte extérieure.
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Par contre, le fait que ce soit une femme qui ait abusé un garçon, ça a peut-être eu une incidence.
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Là, comme ailleurs, il faudrait aussi connaitre le poids qu'a eu ce qui s'est passé après les faits, sur la victimisation du jeune homme.
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Un des problèmes n'est-il pas dû au fait que la situation ait été rendue publique par la mère ?
Un autre problème, décrit dans l'article, est que le procès a eu une incidence sur son psychisme. Qu'en aurait-il été, si aucune plainte n'avait été déposée ?
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Autre point, valable aussi pour les jeunes filles:
Il ne s'agissait pas d'un enfant impubère, mais d'un adolescent, ce qui fait une énorme différence avec de la pédophilie.
C'est un abus commis sur un mineur, certainement pas un acte pédophile.
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