
«On a peine à imaginer qu’un mari abuse de sa femme, un couteau sous la gorge. Et pourtant ça se passe aujourd’hui, à Genève», témoigne David Bourgoz, délégué à la Violence domestique pour le canton. Les agressions ou les pressions d’ordre sexuel sont le plus souvent accrochées au triste cortège des violences conjugales ordinaires, mais elles en prennent rarement la tête. «Lorsque les victimes consultent, ce n’est pas ce qu’elles relèvent en premier», confirme David Bourgoz. C’est une violence de l’ombre parce qu’elle touche à la sphère privée dans ce qu’elle a de plus intime. La notion du «devoir conjugal» laisse les femmes dans l’idée qu’elles doivent s’y soumettre.
Déni et stratégie
Identifier la contrainte sexuelle au sein d’un couple est affaire particulièrement délicate. Surtout qu’elle échappe souvent à la lucidité des victimes et des auteurs eux-mêmes. «L’homme n’a pas conscience qu’il met sa partenaire sous pression. Il peut même penser que cela fait partie de «la parade amoureuse» que de la brusquer un peu», relève David Bourgoz. Sournois, l’abus l’est d’autant plus lorsque la femme s’y plie, sans apparente résistance. «C’est pour elle un moyen de court-circuiter la tension», confirme le délégué. La victime lâche sur le front sexuel, pour avoir la paix ailleurs, pour préserver la sécurité des enfants, par exemple. Les femmes ne sont pas dans l’acceptation mais dans une stratégie de survie. Elles abandonnent le domaine sexuel à l’homme. C’est comme si elles se disaient: «Qu’il se serve, je suis ailleurs. » Une stratégie qui leur permet de préserver leur identité. Ce n’est que lorsqu’elles sont dans un travail thérapeutique, retrouvant petit à petit leur autonomie, qu’elles se rendent compte que la sexualité qu’elles vivaient n’était pas partagée mais forcée. Elles sont alors dans un mélange de sentiments, entre la honte et la peur.
Emprise
La contrainte sexuelle au sein du couple s’inscrit dans un processus aux ressorts psychologiques complexes, diffus autant qu’impalpables. Si le viol conjugal et la contrainte sexuelle sont parfaitement balisés d’un point de vue juridique, il n’en est pas de même concernant les autres formes d’abus sexuels dans le couple. La victime sous emprise, c’est-à-dire sous la domination morale, intellectuelle, physique de son agresseur, est prise au piège d’un mécanisme dont il est très difficile de se distancier.
L’emprise est le fait de dépersonnaliser l’autre pour se l’approprier. «L’autre est déplacé petit à petit ou brutalement de sa place de sujet à celle d’objet qui doit donner satisfaction à tout prix», ajoute David Bourgoz. En matière de sexualité, on peut imaginer combien l’emprise peut être délétère. Un mécanisme entraîné par l’idéalisation du couple et de la sexualité véhiculée par les médias et par la pornographie.
S’en sortir
Comment y échapper? Un couple peut-il y survivre? Le plus grand pas qu’une victime puisse faire est celui de reconnaître qu’elle est battue, qu’elle vit sous le contrôle de son conjoint, qu’elle n’est pas libre de ses mouvements ou des mots qu’elle veut prononcer. «Lorsqu’à la question êtes-vous en sécurité sous votre propre toit?, elle a tendance à répondre non, c’est qu’elle a commencé à actionner l’un des leviers fondamentaux qui permet de sortir de la violence, elle a commencé à réaliser ce qui se passe», affirme David Bourgoz.
Au départ d’une démarche thérapeutique, il y a toujours «crise». C’est par exemple une agression plus violente qu’une autre ou qui se déroule devant les enfants, qui conduit la victime malgré elle vers des structures socio-médico-juridiques, comme dans le cas d’un viol conjugal, qui est poursuivi d’office depuis le 1er avril 2004. Ou alors, la victime, d’elle-même, s’oriente vers une aide associative ou médicale. En cas d’agression, l’appel à la loi, donc au pouvoir judiciaire, est particulièrement important et nécessaire selon David Bourgoz: «C’est la voix de la société qui dit s’il y a eu transgression de la loi ou non. En condamnant l’auteur des actes de violence, elle dit à la victime qu’elle n’est en rien responsable des violences qu’elle a subies. La sanction participe ainsi au processus de réappropriation par la victime de sa personne. C’est ce qui la fait sortir d’un mouvement de confusion qui lui faisait croire qu’elle avait une part de responsabilité dans les coups qu’elle recevait. Aucune victime de violence n’est responsable des violences qu’elle subit!» Il est rare que, dans ce dernier cas, le couple se reconstitue.
La violence sexuelle: en quoi consiste-t-elle?
Harceler sexuellement.
Obliger à regarder du matériel pornographique.
Imposer des accessoires, des tenues, la réalisation de fantasmes.
Obliger à poser pour des photos ou des vidéos à connotation érotique ou pornographique.
Contraindre à des actes non désirés lors des rapports sexuels (sodomie, fellation…).
Humilier durant les rapports sexuels (injures, insultes, utilisation d’objets domestiques, positions dégradantes…).
Agresser physiquement durant les rapports sexuels (mordre les seins, tirer les mamelons, pénétrer violemment, frapper, ligoter…).
Contraindre d’une manière ou d’une autre (force, menaces, bouderie, cadeaux) à des actes sexuels.
Violer, tenter de violer.
Contraindre à des actes sexuels avec d’autres partenaires.
Forcer à la prostitution. (source: www.violencequefaire.ch ).
A qui s’adresser?
Police: 117.
Urgences médicales: 144.
Consultation interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (CIMPV). Tél. 022 372 96 41.
Vires s’adresse aux personnes ayant des comportements violents au sein du couple et de la famille. Tél. : 022 328 44 33/078 765 30 14.
Solidarité Femmes propose une aide sociale et psychologique aux victimes de violence conjugale et à leurs enfants. Possibilité d’hébergement. Tél. 022 797 10 10.
Viol secours. Tel. : 022 345 20 20. www.viol-secours.ch.
www.violencequefaire.ch offre des informations générales sur la violence au sein du couple. Tél. 021 351 31 07
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qu'elles ont des limites a
qu'elles ont des limites a elles, je voulais dire.
on impose trop de choses aux femmes.
le problème c'est qu'il y a une enorme tendance "liberatrice" qui fait croire qu'une femme qui ne veut pas faire une fellation par exemple, ou qui ne veut pas jouer avec des sex toys pour exiter son partennaire, n'est pas moderne ou libre.
des magazines font croire que tous ces petits "rituels" autour du sexe doivent s'y retrouver .
on fait croire que la vrai sexualité , c'est de passer au dela de ce que l'on ressent et de ce que l'on a besoin, au dela de nos limites . on fait croire que la douceur, notre propre sensualité ou la tendresse c'est arcaique et qu'il faut aller plus loin pour vraiment dire que c'est de la sexualité. on veut nous faire passer d'un acte d'amour a un acte de possession.
beaucoup de femmes, j'en suis certaine, detestent la fellation et autres "rituels"du style, mais se sentent obligées de passer a l'acte pour ne pas paraitre peu libres ou arcaiques.
d'autres le font pour que leur compagnon n'aille pas chercher ailleurs.
d'autres finissent par croire qu'elles sont psychologiquement bloquées ou mauvaises amantes, parcequ'elles n'aiment pas aller au dela de leur fantasmes a elles. parce qu'on ne les laisse pas apporter de leur sensualité sans fantaisies superficielles.
je suis pour qu'on arrete de nous faire croire que la sexualité saine, c'est de passer aux gadgets et aux actes et rituels inutiles si on les deteste.
la liberté de la femme, par ailleurs, passe surtout par le fait que l'homme , son partenaire, se fasse controler sa libido et son appareil sexuel reproducteur au moins une fois par année. les mst sont dangereux lors des fellations, mais aucun homme ne va se faire controler annuellement chez un andrologue pour prevention, il n'a donc , aucune limite imposée, mais il aime bien imposer ses fantasmes et sa vision de liberté.
la femme sentira toujours qu'elle est imparfaite et peu liberée, et elle se sentira obligée de jeter ses fantasmes a elle pour adopter ceux de son compagnon, parcequ'elle croira etre a ce moment comme lui avec lui dans la liberté.
on a trop fait croire que la femme devait se liberer, quand en fait c'est l'homme qui devrait se faire controler de temps en temps, et arreter d'exiger qu'elle se mette a son niveau.
par ailleurs, la femme est libre , et bien libre surtout quand elle sait qu'elles sont ses limites a elles.