
Aller chez le «psy» n’est pas un acte anodin. Il entraîne des réactions de méfiance, de peur, de suspicion. Pourtant, l’intervention d’un psychologue dans le cadre d’une mauvaise passe de la vie, d’un dysfonctionnement personnel passager ou récurrent, d’un désir de mieux se connaître et se comprendre améliore sensiblement sa qualité de vie.
La démarche introspective aide dans son rapport à soi, mais aussi aux autres. Quelles sont les bonnes questions à se poser avant de se lancer dans une psychothérapie? Le point avec Rolf Stauffer, psychologue FSP à Genève, créateur d’un cabinet de psychologie appliquée (www. psy-coach. ch).
Psychiatre ou psychologue? Le premier est un médecin.
Il traite les grandes pathologies psychiques, les psychoses, les troubles maniaco-dépressifs, la schizophrénie, les névroses et les dépressions sévères. Il est habilité à prescrire des médicaments. Il est aussi remboursé par l’assurance maladie de base.
Le second, le psychothérapeute ou psychologue, intervient plutôt sur une période donnée, lorsqu’une personne affronte, dans un domaine de sa vie, une problématique particulière. Ses prestations peuvent être prises en charge dans le cadre d’une assurance complémentaire. Le psychologue, dans certains milieux, sport et travail notamment, est un soutien plus qu’un thérapeute. Il est appelé pour améliorer des performances, et non plus pour résoudre des défaillances. Raison pour laquelle, dans ces cas, on préfère parler de coach (entraîneur).
A quel moment est-il utile de consulter? A chaque étape de la vie, il y a des passages difficiles à négocier: l’adolescence, le mariage et le divorce, l’arrivée et le départ des enfants, le travail ou le chômage, la retraite, la maladie, le deuil. Tout le monde n’est pas «armé» pareillement pour affronter ces changements, autant de stress qui mettent à mal ce que Rolf Stauffer appelle «la capacité d’autorégulation».
«C’est ce qui nous permet de nous adapter à notre environnement naturel et social. » Cette capacité d’adaptation, qui est aussi la faculté de répondre au stress, est très variable d’une personne à l’autre. «Mais, rappelle le psychologue, tout le monde, même les plus forts, est susceptible un jour ou l’autre de se déréguler. » Cette dérégulation crée un affaiblissement général qui peut se manifester par des symptômes physiques, des somatisations ou des maladies.
Comment le psychologue intervient-il? «Le psychothérapeute va apprendre à la personne à s’autoréguler dans des situations perturbantes, à rétablir un fonctionnement adéquat et à le maintenir dans la durée. Soit à retrouver un bon équilibre», résume Rolf Stauffer.
Pour ce faire, le psychologue utilise plusieurs méthodes. Pour autant, le patient doit s’assurer que la psychothérapie proposée respecte deux phases essentielles. Premièrement, le psychologue et son patient fixent des objectifs thérapeutiques: «Que veut-on changer? Améliorer?» Deuxièmement, la psychothérapie doit pouvoir proposer une action et un bénéfice immédiats par l’apprentissage de techniques ou d’«outils». «Comment se détendre dans une situation stressante?» Enfin, le duo thérapeute- patient peut aussi, en parallèle, explorer les causes conscientes ou non d’un dysfonctionnement récurrent. «C’est ce que fait la psychanalyse notamment», précise Rolf Stauffer.
Tout au long de la thérapie, plusieurs domaines sont «travaillés»: le comportement, les douleurs somatiques, les émotions, la cognition (valeurs, idéaux) ainsi que l’histoire de vie.
Thérapie individuelle, de couple ou familiale? C’est selon la nature du problème. «Souvent, il est utile de combiner deux formules», de l’avis de Rolf Stauffer. Les consultations en couple complétant les séances individuelles. Il faut aussi se rendre compte qu’un changement de comportement a forcément des répercussions sur l’entourage, parents, enfants ou amis.
Combien de temps? Une psychothérapie n’a pas besoin d’être longue. Il suffit parfois de quelques séances pour débloquer un nœud, une situation délicate, une phobie, etc. Toutefois, «l’apprentissage de son autorégulation n’est pas toujours simple, relève Rolf Stauffer. Souvent, il faut changer de comportement. Il faut se rééduquer, réapprendre, désapprendre. Et cela peut prendre un certain temps. »
L’idée principale étant toujours de conduire le patient vers l’autonomie. Le psychologue n’est que de passage pour donner des clés qui permettent à ceux qui le consultent d’être directement responsables et acteurs de leur mieux-être.
En savoir plus
Fédération suisse des psychologues (FSP)
Créée en 1987, la Fédération suisse des psychologues compte 5800 membres, tous au bénéfice d’une formation universitaire. Elle regroupe 40 associations cantonales et professionnelles, dont l’organe genevois (AGPsy). Par le titre de «psychologue FSP», la fédération garantit des prestations sérieuses, fondées scientifiquement et éprouvées dans la pratique.
Trouver un psychologue
AGPsy, l’Association genevoise des psychologues:
12, rue des Cordiers, 1207 Genève, tél. 022 735 53 83
www. psy-ge. ch
Le site www. psychologie. ch de la FSP propose une rubrique et un formulaire pour trouver un psychologue par canton et spécialité.
Reagissez à cet article!
les chroniques
Etienne Dumont, journaliste
La petite actualité insolite féminine insolite de la Planète
Stephanie Booth
Chroniques du monde connecté. Chaque lundi, un coup d'œil humaniste dans ...
Emily Turrettini
La fondatrice de Netsurf porte chaque semaine un regard sur l'actualité du Net.
Pascal Rytz
Chaque semaine, l'avocat répond à vos questions.
Mélanie Richoz
Un regard malicieux sur les relations homme-femme.
Edmée
Chaque jeudi, notre chroniqueuse égratigne les stars du sport.
Psychos.
C'est comme si j'allais demander à mon garagiste si il serait préférable d'aller réparer ma voiture chez lui ou apprendre à le faire moi même, et voilà que mon garagiste se lance dans un descriptif sur les caractéristiques et les qualités de son job, et mine de rien, défendre son gagne pain, ce qui est de bonne guerre faute de quoi, il faudrait qu'il change de métier.
Puis je passerais chez le carrossier à qui je vais m'adresser pour demanderla marque d'un polis pour faire briller ma caisse et je lui demande; "à quel moment faut il que j'arrête de frotter?"
slim
psychologue et coach, c'est différent
Une petite précision. Les psychologues exerçant dans le cadre du travail ou du sport ne sont pas des coaches. Ce sont bien des psychologues du travail ou des psychologues du sport.
Les premiers travaillent dans le cadre des ressources humaines, du recrutement, de la prévention des risques psychosociaux(harcèlement moral, etc.), dans la gestion des compétences, etc.
Les seconds travaillent notamment sur le "mental" du sportif : motivation, stress, etc.
Le coaching, c'est différent. Il s'agit d'une technique plus spécifique d'accompagnement dans l'atteinte d'objectifs ou de résolution de problèmes identifiés.
Pour être psychologue, il faut cinq années d'études universitaires. Pour pratiquer le coaching, aucun diplôme n'est requis.