Une pionnière en informatique primée | Les Quotidiennes

08/01/2009 17:44
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Une pionnière en informatique primée

EPFL | 05:00  Première femme nommée membre émérite d’IBM, Frances Allen reçoit demain le prix Erna Hamburger récompensant une carrière scientifique féminine d’exception.






SANDRA WEBER | 05-05-2008 | 05:00

Des distinctions, Frances Allen, première femme nommée membre émérite par IBM, en a reçu à la pelle durant sa carrière d’informaticienne. Cette Américaine de 76 ans est mondialement reconnue, notamment pour avoir développé des algorithmes qui sont toujours actuellement à la base de la théorie d’optimisation des programmes. Demain, elle sera à Dorigny pour recevoir une récompense qui lui tient particulièrement à cœur. Le Prix Erna Hamburger, attribué chaque année à une femme pour sa carrière scientifique exceptionnelle par la Fondation EPFL-WISH (Women in Science and Humanities Foundation). «C’est merveilleux pour moi de recevoir un prix associé aux femmes, s’exclame-t-elle avec enthousiasme. Il y en a encore trop peu dans les sciences et la technologie.»

En 1957, IBM cherchait à recruter des femmes

En informatique, cela n’a pourtant pas toujours été le cas. «Je suis entrée chez IBM en 1957, raconte Frances Allen. L’informatique en était à ses balbutiements. La matière en tant que telle n’existait pas, ni la profession d’informaticien.» De nombreuses femmes travaillaient chez IBM. «A ce moment-là, beaucoup de femmes, réputées pour être précises, développaient des programmes, se souvient-elle. Mais lorsque l’informatique a été enseignée dans les écoles d’ingénieurs, fréquentées par une grande majorité d’hommes, le nombre d’informaticiennes a chuté puisque les entreprises se sont mises à engager des gens formés dans ces écoles (ndlr: la proportion actuelle d’étudiantes à la Faculté informatique et communication de l’EPFL est de 13%).»

A l’âge de 25 ans, Frances Allen se destinait pourtant à l’enseignement. «Je suis entrée chez IBM grâce à une brochure que cette entreprise avait distribué sur le campus pour recruter davantage de femmes.» La jeune diplômée ne comptait y travailler qu’un ou deux ans, le temps de payer les dettes contractées pour financer ses études. Sa carrière chez IBM durera 45 ans. «J’ai adoré pouvoir traduire les besoins des utilisateurs en langage informatique.»

Frances Allen s’est beaucoup impliquée dans le programme de mentorat d’IBM, accompagnant les nouveaux employés dans leur ascension professionnelle, et en particulier les femmes. «Souvent isolées, elles manquent de réseau. J’ai partagé mon carnet d’adresses avec elles.» Cette pionnière en informatique estime que les programmes visant à intéresser les femmes à la science sont encore essentiels. «Tant que les exemples de femmes qui ont réussi seront si rares, c’est nécessaire. La limite? L’aide apportée ne doit pas pouvoir dévaloriser les qualifications des femmes.»


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