Un enfant sur trois serait imprévu
| 12:06 La contraception a permis aux parents de «planifier» les naissances, mais l'Institut national français d'études démographiques estime toutefois à 36% le nombre de grossesses non prévues.
| 04-12-2007 | 12:06
En France comme en Suisse, en quarante ans, l'utilisation d'un contraceptif n'a cessé de se démocratiser. Selon un récent rapport de l'Institut national français d'études démographiques (Ined), le taux des naissances «désirées» est passé en France de 59% en 1970 à 83% en 1995. Toutefois, 19% des grossesses arrivent « plus tôt que prévues ». En leur ajoutant les grossesses « non désirées », l'institut calcule qu'un tiers (36%) des grossesses restent aujourd'hui encore « non prévues ».
En Suisse aussi, une étude avait révélé il y a quelques années que même si toutes les femmes utilisaient régulièrement un contraceptif fiable à 99%, 3 sur 10 se trouveraient enceintes contre leur gré au moins une fois dans leur vie. L'Ined français évalue d'ailleurs le "taux d'échec" de la pilule ou du stérilet entre "5 et 6%".
Parallèlement, le taux d'utilisation de la pilule chez les femmes de 20 à 44 ans est aujourd'hui de 60% (contre 5% en 1970 et 37% en 1978). Les Suissesses ne sont pas en reste: l'enquête nationale sur la santé 2002 a révélé que 71% des femmes de 15 à 49 ans utilisent une contraception. Parmi celles de 15 à 34 ans, 44% utilisent la pilule ou une autre méthode hormonale, suivie du préservatif avec 31%.
En 2004, la France a enregistré environ 210 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG), contre près de 110 000 aujourd'hui en Suisse, parmi lesquelles 50% à 60% seraient dues à un échec de la contraception. Avec un taux de 6 pour 1000 femmes de 15-44 ans, la Suisse fait partie des pays où il y a le moins d'IVG au monde. Le développement de la contraception a également permis aux futurs parents de "programmer" la naissance de leur enfant. Ils peuvent notamment se fixer des conditions, en particulier d'ordre matériel: en France, « 90% des femmes et 84% des hommes considèrent qu'il est « très important » que l'un des deux au moins ait un travail stable », avant d'avoir leur enfant.
« Les couples ont aussi plus d'exigences quant au moment précis où doit survenir la naissance », remarque l'Ined. Les enfants très rapprochés sont en particulier devenus rares. En 1990, 6% des seconds enfants survenaient dans l'année civile qui suivait la première naissance, alors qu'ils étaient 20% en 1965. "L'espacement idéal entre les deux premiers enfants ", selon l'Ined, serait ainsi aujourd'hui de 3 ans.
Enfin,"les préférences [pour la période de naissance des enfants, Ndlr] se portent principalement sur le printemps, saison considérée comme la plus agréable pour avoir un enfant", poursuit l'Institut. De vieilles réminiscences de nos origines primates?
Reagissez à cet article!



