
Fusion nucléaire, énergie solaire, théorèmes, langage informatique… Si tout ceci vous fait penser à un scientifique, il est temps de vous rendre à l’EPFL. L’exposition inaugurée hier sur le campus présente des travaux significatifs dans l’histoire de la science réalisés par 37 femmes et illustrés par des manipulations interactives.
A toutes les époques, des femmes ont effectué des recherches importantes, telles la mathématicienne Hypatia qui vécu au IVe siècle ou Rosalind Franklin qui découvrit la structure de l’ADN au XXe siècle. Mais l’exposition ne s’arrête pas aux figures historiques. Elle présente aussi des chercheuses travaillant actuellement à l’EPFL. Et des étudiantes sont chargées d’animer les visites guidées.
La boucle est ainsi bouclée. Car le but de cette présentation réalisée sous l’impulsion du Bureau de l’égalité des chances de l’école polytechnique est de susciter des vocations auprès des jeunes filles. «Si la proportion d’étudiantes à l’EPFL est de 26% toutes branches confondues, et de 10% environ dans des sections comme le génie mécanique et l’informatique, c’est en grande partie parce que les filles manquent de modèles, estime Farnaz Moser-Boroumand, ingénieur chimiste, docteur ès sciences et déléguée à l’égalité des chances à l’EPFL. Et aussi parce qu’il existe encore beaucoup de préjugés dans notre société.»
12 prix Nobels féminins seulement
A l’EPFL, le visiteur pourra découvrir que malgré le peu de prix Nobel attribués à des femmes scientifiques depuis 1901 (12 sur un total de 519 en chimie, physique, physiologie ou médecine), les femmes sont pourtant nombreuses à avoir apporté leur pierre à l’édifice de la science dans des domaines aussi divers que l’informatique, les mathématiques, la physique, l’astronomie, la chimie, les sciences de la vie et des matériaux. Elles ont des noms et un visage, reproduits sur les panneaux réalisés par la Maison de la Science de Liège. Et elles ne sont de loin pas des garçons manqués, comme le veut le cliché. Mais plutôt des filles bien réussies, à l’instar de l’actrice américaine Hedy Lamarr, physicienne, inventeuse de la technique à la base du GSM.
Même des étudiantes de l’EPFL ont été étonnées du nombre de femmes scientifiques d’envergure. «Ce qui m’a frappé, ce sont les embûches qui se sont trouvées sur leur chemin parce qu’elles étaient des femmes, confie l’une d’elles. Certaines ont même pris un nom masculin pour se faciliter la vie.» Ces discriminations font heureusement partie du passé. Les jeunes femmes sont désormais encouragées à se lancer dans les domaines scientifiques. Qu’on se le dise.
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