
On savait les hommes jeunes statistiquement plus enclins aux excès de vitesse que les femmes ou les hommes plus âgés. Mais pour la première fois, une étude scientifique menée à l'Université de Neuchâtel le prouve: exposé à un univers typiquement masculin, un jeune homme accélère en moyenne deux fois plus vite que les autres.
Pour ce faire, 83 étudiants de 20 à 27 ans ont été confrontés à un simulateur de voiture dans lequel une voix égrenait des mots à forte connotation masculine (muscle, barbe ), féminine (rose, rouge à lèvres ) ou neutre (mur, chaise ). S'ils entendaient le mot "horaire" en revanche, ils devaient systématiquement klaxonner, ce qui permet de garantir que toute l'attention des conducteurs étaient portée vers le son. Résultat: durant une course de 8 minutes sur ce simulateur, les hommes plongés dans un univers exclusivement masculin roulent à une vitesse significativement plus élevée. Aucun des cobayes ne s'est rendu compte qu'il appuyait davantage sur le champignon: c'est exclusivement l'inconscient qui réagit.
Une information qui était déjà prise en compte par les assurances puisque les hommes jeunes et originaires des Balkans payent des primes plus élevées. Selon la professeur Marianne Schmid Mast, directrice de l'étude, le lien avec la nationalité est caduc: «Pour cette étude, nous n'avons pas voulu cibler les personnes originaires des Balkans. Ils ont certes une image plus traditionaliste de l'homme, mais le lien entre machisme et vitesse reste une norme valable pour tout le monde.» Le passif des étudiants volontaires (éventuels accidents dans le passé, durée de possession du permis de conduire...) na pas du tout influencé les résultats.
Marianne Schmid Mast souhaiterait que les campagnes de prévention des accidents de la route prennent en compte ces résultats: «La vitesse est en lien avec le stéréotype viril de l'aventurier. La sécurité routière se doit de dissocier les hommes de ce cliché pour être plus efficace. Si par exemple George Clooney, reconnu comme typiquement masculin, expliquait dans un spot qu'il conduit toujours très lentement, cela aurait un véritable impact.»
L'Université de Neuchâtel envisage d'ores et déjà de s'intéresser de la même façon aux réactions des femmes face aux mêmes stimulis.
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