Le Web, Dan Brown et les trous noirs | Les Quotidiennes

20/11/2008 09:13
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Le Web, Dan Brown et les trous noirs

CERN AU FÉMININ 8/9 | 07:00  Renilde Vanden Broeck travaille au Centre européen de recherche nucléaire depuis seize ans, comme attachée de presse. Elle y a vu naître le Web.




(Photo: Steeve Iunker Gomez)


Anne-Muriel Brouet | 08-08-2008 | 07:00

«L’image du CERN a changé avec la naissance du Web. Il a rendu Internet accessible à tout le monde et nous a permis de communiquer, de dire: c’est cela le CERN. L’autre élément qui a beaucoup attiré l’attention sur nous est le livre de Dan Brown Angels and Demons, qui parle de l’antimatière. Mais ce n’est qu’après le succès du Da Vinci Code, une fois que l’auteur est devenu célèbre, que les gens se sont intéressés à son œuvre et notamment à ce livre publié avant le best-seller.»

 

Renilde Vanden Broeck travaille au Centre européen de recherche nucléaire depuis seize ans, comme attachée de presse. Elle y a vu naître le Web. Aujourd’hui, elle aide les médias à comprendre l’accouchement du LHC.
«Le CERN a toujours suscité l’attention des médias. On ne peut pas se plaindre du manque de publicité! Contrairement à beaucoup d’attachés de presse, je ne dois jamais solliciter les médias.

 

La physique des particules, c'est très sexy
L’intérêt des médias s’est encore accéléré avec le démarrage des travaux de génie civil du LHC, en 1998, et surtout après les 50 ans du CERN, en 2004. L’an dernier, 600 médias se sont intéressés au CERN, soit quelque 1400 journalistes et autres personnes des médias qui sont venus sur le site de l’organisation. «Il y a eu jusqu’à six semaines de délai pour honorer une demande de visite.»
Il en va de tous les genres: des radios et télévisions publiques à Paris Mach ou Vanity Fair, en passant par Discovery Channel, ou des petits canards dont on ne soupçonne même pas l’existence. «Nous avons même eu un article dans Play-Boy.» Comme quoi la physique des particules est très sexy.

 

Toutes les questions sont posées, mais certaines reviennent avec insistance. «Quand?», demandent les médias à quelques semaines annoncées du démarrage du plus grand accélérateur de particules du monde. «C’est une énorme machine, extrêmement complexe, il y a beaucoup de tests à effectuer. Il est prévu de la démarrer cet été. » Donc avant le 21 septembre…
La question qui a parasité aussi ces derniers temps le service de presse est celle des trous noirs que pourrait produire le LHC et qui auraient le potentiel d’avaler le monde. Là encore le Web vient à la rescousse. On y trouve tous les arguments du CERN et des rapports indépendants. «C’est trop facile de faire peur aux gens», estime Renilde Vanden Broeck. Dont l’employeur ne craint de toute façon pas la mauvaise publicité.

 

Des craintes, le CERN en suscite. Il y a notamment le mot qui se cache derrière le N de nucléaire. «Il prête à confusion, d’autant que nous avons depuis longtemps dépassé le niveau du noyau atomique. Nous travaillons au niveau de la particule. » D’aucuns se méprennent encore entre réacteur et accélérateur. «Ça ne me gêne pas de répéter les choses des milliers de fois»
Mais c’est surtout la curiosité et la fascination qui amènent les médias au CERN[0]. «Elles vont bien au-delà des découvertes scientifiques que nous attendons. Nous travaillons sur des sujets qui excitent l’imaginaire collectif: le mystère, remonter dans le temps, l’antimatière, l’origine de l’Univers.»


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