Informaticienne et maman à 100% | Les Quotidiennes

20/11/2008 15:10
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Informaticienne et maman à 100%

CERN AU FÉMININ 6/9 | 11:40  Maité Barroso Lopez travaille au CERN. Et concilie vie de scientifique et de mère.






Anne-Muriel Brouet | 06-08-2008 | 11:40

Comme beaucoup de femmes employées au CERN, Maité Barroso Lopez a un mari qui a travaillé au CERN. Il y a huit ans, elle l’a suivi à Genève, trouvant d’abord un emploi dans l’industrie. Un an plus tard, lorsque des postes se sont ouverts au CERN pour empoigner l’équation difficile de l’analyse et du stockage de l’avalanche de données informatiques issues du futur LHC, l’informaticienne a postulé. Avec succès.

 

Quand le Grand collisionneur de hadrons fonctionnera à plein régime, il provoquera quelque 600 millions de collisions chaque seconde. Un premier tri automatique évacuera les 99% des données. Il en restera encore de quoi remplir 20 millions de CD par an. Durant dix à quinze ans…

 

«Ici, nous possédons 20% de la puissance pour analyser et stocker ces données.» Le reste doit donc être détourné ailleurs. C’est la solution trouvée pour tout absorber en dépit de capacités réduites: la distribution.

 

Baptisé LCG, pour LHC Computing Grid, ou la Grille, elle implique 35 pays et plus de 140 centres de calcul. L’idée est qu’autour du centre de gestion initial, le CERN, 11 centres interconnectés par des fibres dédiées réceptionnent les données qui seront analysées par 38 réseaux regroupant les physiciens de 140 instituts. Un logiciel, appelé «intergiciel», permet aux utilisateurs d’avoir accès à toutes les données où qu’elles se trouvent.

 

L'angoisse de l'inconnu
L’angoisse de l’informaticienne, à quelques semaines du démarrage du LHC? L’inconnu. «Nous avons effectué deux tests en février et en mai. Nous sommes prêts. En outre, nous réalisons en permanence des simulations. Mais évidemment, les détecteurs n’ont pas encore fonctionné à plein régime et produit le volume de données escompté. » Et la panne d’électricité ou le piratage? «Nous avons eu deux pannes réelles et tout s’est bien passé.» Quant aux hackers, «les données elles-mêmes ne sont pas sensibles puisqu’elles sont publiques. On pourrait imaginer que des pirates recherchent notre puissance de calcul. Une équipe de sécurité informatique travaille à plein temps pour anticiper ce qui pourrait arriver. Rien de grave ne nous est arrivé jusqu’à présent. » Non, le point sensible c’est la… climatisation et l’espace pour mettre les machines. «Le centre de calcul du CERN, c’est 2000 machines qui tournent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, cela provoque énormément de chaleur et il est essentiel que les locaux soient refroidis en continu.»

 

Environ 400 personnes sont employées dans le département informatique du CERN. Surtout des hommes, mais pas seulement. «A l’Université, c’était déjà le cas, alors je suis habituée, ça ne me frappe pas » Pour cette jeune maman d’une fille de 10 mois, «la différence ne vient pas du fait que l’on est une femme, mais parce que l’on a un enfant. Ma fille est ma priorité, elle me permet de déconnecter, tout en me donnant de l’énergie pour faire mon travail que j’adore.» A 100%.

 

Le problème pour cette Espagnole est ailleurs. «La première année à Genève a vraiment été très dure. Ça a été très difficile de nouer des contacts en dehors du CERN, de rencontrer des Suisses, de s’intégrer.»


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