Améliorer la vie des patients souffrant de cancer: le CHUV innove
SANTE | 06:00 Le projet est sans précédent en Suisse, par son ampleur, et par son approche. Le CHUV va mettre en place toute une série de mesures concrètes pour rendre plus supportable la vie des personnes atteintes d’un cancer. 30% des patients de l’hôpital sont concernés.
MADELEINE VON HOLZEN | 10-05-2008 | 06:00
Une femme qui reçoit un téléphone pour les rendez-vous de radiothérapie avant de connaître son diagnostic de tumeur cancéreuse, une personne à qui l’on dit «on n’a pas le rapport, mais il me semble qu’il n’y a rien» ou des parents qui découvrent trois ans après le début du traitement de leur enfant le nom de leur médecin de référence: les témoignages concernant le cancer et la manière de le vivre sont parfois terribles.
Au départ, il y a donc eu la conviction qu’il était possible de faire mieux. Comme le dit l’infirmière cheffe du centre coordonné d’oncologie du CHUV Nadia Fucina, une des personnes à l’origine du projet: «Nous sommes parties d’un seul a priori: dans tous les domaines qui ne concernent pas le traitement des patients, il y a des choses à améliorer.»
Comprendre, pouvoir poser des questions, connaître le plan de traitement, ou simplement le bon numéro de téléphone sont autant d’éléments qui comptent énormément pour les personnes à qui l’on vient d’annoncer une maladie chronique et potentiellement mortelle.
Le constat aujourd’hui est pourtant clair: trop souvent, il y a un vrai défaut de communication. En Suisse, un homme sur deux et une femme sur trois développent un cancer à un moment ou un autre de son existence. Et 30% de tous les patients du CHUV sont atteints d’un cancer.
Le choc du diagnostic
Tout commence par l’annonce du diagnostic. Face au choc, les patients retiennent 10 à 30% des informations qu’on leur donne à ce moment précis.
Et trop souvent, repartent avec une angoisse démultipliée à cause de simples mais importantes lacunes de communication ou d’organisation. «Nous le savons, de nombreux patients restent traumatisés, des années plus tard par ce moment», explique la cheffe de projet Doris Schopper. Ce moment tient donc une place importante dans le projet du CHUV. Mais la démarche est globale: elle vise à aborder tous les domaines ne relevant pas du traitement strictement médical des patients.
Si quelques expériences pilotes ont été menées à l’étranger, aucun hôpital n’avait encore empoigné cette problématique de manière aussi large en Suisse. Un budget de 2,8 millions de francs sur trois ans, une équipe composée de six personnes et un réseau d’une cinquantaine de professionnels de tous les services concernés. A quoi il faut ajouter une démarche très innovatrice: l’intégration de groupes de travail constitués de patients – plus de 40 personnes – dans le projet.
En tout, 14 actions et 9 domaines ont été identifiés: de la communication aux «petites choses qui changent la vie» en passant par le bien-être corporel.
Concrètement, qu’est-ce qui va changer? Toutes une série de mesures, petites ou grandes, seront mises en place pendant les deux prochaines années.
Rassembler l’information
Exemple: le patient recevra un classeur. Aujourd’hui, il reçoit paradoxalement très peu d’informations écrites. Une fois rentré, encore sonné par l’annonce de son diagnostic, il part souvent à la pêche aux informations sur internet, avec tout ce que cela suppose d’angoisses et d’erreurs possibles. Ce classeur, déjà utilisé dans certaines zones pilotes en France, rassemblera des informations sur le cancer.
Une documentation très détaillée sera également disponible sur internet: le CHUV est sur le point de mettre en ligne un nouveau site spécifique. Un programme de formation à la communication sera mis en place pour tous les professionnels concernés.
On réfléchit à la présence d’une infirmière dite «de liaison» lors des entretiens importants, personne de référence vers qui les patients pourront se tourner en cas de doute ou d’angoisse, pour entendre à nouveau certaines informations et poser des questions qu’elles n’osent pas toujours adresser au médecin. La transmission d’informations d’un service à un autre sera améliorée.
Les considérations humaines sont à la base du projet. Mais les aspects économiques plaident aussi en sa faveur: les patients moins angoissés subissent moins d’effets secondaires et sollicitent moins les médecins, qui peuvent à leur tour se consacrer à traiter de manière plus efficace d’autres malades.
Le projet connaît d’ailleurs visiblement une très grande adhésion des différents corps de métiers du CHUV, que ce soit de la part des médecins, chirurgiens, infirmiers ou encore de la direction de l’hôpital.
Pour plus d’informations, vous pouvez vous adresser par mail à: espacecancer@chuv.ch
Reagissez à cet article!




A flb
Cher Monsieur, ou Madame,
Nous ne pouvons pas vérifier des commentaires, et avons édicté des règles bien précises à ce propos. Il se peut qu'une personne ait ressenti les choses d'une certaine manière et que ce ressenti ne corresponde pas à l'avis d'autres personnes. Pour autant qu'il ne soit pas diffamatoire ni insultant, nous avons fait le choix de respecter les prises de position ouvertes.
Mais la vôtre aura apporté un autre regard sur les compétences déployées par le service d'oncologie du Chuv.
Meilleures salutations
Madeleine von Holzen
Je ne comprend pas que votre
Je ne comprend pas que votre journal puisse laisser les gens déballer ce genre de propos sans aucune vérification de votre part. Le paragraphe concernant l' oncologie du Chuv est totalement infondé. Les lecteurs qui liront le commentaire de ce frustré auront une fausse appréciation de l'oncologie en général et du professionnalisme irréprochable des médecins oncologues.
A Thierry
Bonjour et merci beaucoup pour votre commentaire. Un petit complément, car ce n'était peut-être pas clair: le site mis en référence ici (www.cancer-chuv.ch) n'est pas encore celui annoncé par l'équipe s'occupant de ce nouveau projet. Le démarrage du site - version nouvelle - est prévu pour juin, et en effet, il devrait rassembler beaucoup plus d'informations. Nous annoncerons ce démarrage - et la nouvelle adresse - ici. Avec nos meilleures salutations, Madeleine von Holzen
sympa mais insuffisant
Ce n'est pas encore sur ce site que l'on en apprendra grand chose sur son cancer. Victime d'un lymphome et confronté à l'ignorance feinte ou non des oncologues, j'ai finalement trouvé d'excellentes information chez Wikipedia (taux de survie) et surtout France lymphome espoir, éditeur d'une remarquable brochure en PDF (Francelymphomeespoir.fr/).
Non content de friser le degré zéro de l'information, l'oncologie du Chuv souffre en outre d'une informatique déficiente qui contraint les patients à tenir leur propre dossier médical (!) afin de mettre au courant les multiples médecins assistants qui se forment sur le dos des patients et changent donc à chaque rendez-vous.
Cela dit, ces gens sont absolument charmants, disponibles malgré une charge de travail effrayante et leur bonne humeur communicative. Et puis, ils m'ont pour l'instant sauvé grâce à des traitements lourds (chimio) mais certainement plus efficaces que des médicines "douces" qui mènent à une mort lente et douloureuse. Mon conseil : battez-vous avec eux.