Précurseur mais pas téméraire

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Pour une fois que la Suisse est en avance sur les Etats-Unis et l’Angleterre… La Finma, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, a édicté des règles pour encadrer les bonus des douze plus grandes sociétés dans le secteur financier à partir du 1er janvier 2010. La Finma n’a pas été jusqu’à fixer des limites chiffrées, ce que réclamait le G20, mais la directive oriente la rémunération variable sur le long terme. La transparence sera aussi plus grande, donc ce sera aux actionnaires de cadrer ou faire changer la rémunération s’ils ne sont pas d’accord. La Suisse est donc un des premiers pays à se prononcer sur une rémunération durable des établissements financiers.

 


Mais il y a des effets pervers… Pour axer la rémunération variable sur le résultat à long terme de la société, la pratique voudrait qu’on donne une partie du bonus sous forme d’actions bloquées sur trois ans. Comme cela, si la société subit un revers, les cadres et dirigeants seront partie prenante par la diminution du prix de leurs actions. Plusieurs sociétés ont suivi cette pratique pour les bonus 2008, donc ont payé les bonus en actions en 2009. Avec l’effondrement des bourses, le prix des actions était au plus bas en mars 2009. Avec la remontée des bourses de cet automne, le montant de ces rémunérations variables octroyées en mars 2009 a augmenté d’environ 20%. Les cadres et dirigeants s’en sortent plutôt bien. Il sera intéressant de voir si la recommandation du G20 de fixer en encadrement maximal, sera éventuellement suivi par un des pays. Pour le moment, la Suisse est en avance, mais ne va pas aussi loin.

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Edmée Cuttat

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