Poupons et pompons
chronique | 16:29 Madame devenue Maman troquera son Wonderbra contre des soutien-gorge d’allaitement blindés, pur coton, qui vous resteront aussi en travers de ... la gorge.
Lila Sonderman | 05-11-2008 | 16:29
On peut difficilement pouponner et se pomponner, Messieurs!
Et si, pour vous, procréer est avant tout une partie de plaisir, nous autres femmes allons devoir subir quelques transformations corporelles non négligeables et dont on ne se remettra pas en une semaine!
Petit exposé...
Primo, pendant neuf mois, Madame va se transformer en usine à bébé, ce qui représente une dépense d’énergie et de calories formidable. Fatigue assurée. Les réserves vont en prendre un coup, mais la ligne aussi.
Et puis, pour vous offrir une postérité, Madame va s’offrir, elle, quelques semaines de nausées et parfois pire, assorties de fortes compulsions alimentaires pour cornichons, fraises ou rhubarbe, aliments rarement disponibles sur le marché toute l'année, mais que vous pourrez toujours trouver au rayon surgelé. Et, non Messieurs, ces envies ne sont pas des caprices mais bel et bien les conséquences mystérieuses de la biochimie de la gestation devant laquelle votre sage-femme vous demande de vous incliner.
Pour ma part, j’ai littéralement brouté un bouquet de persil quotidiennement durant deux mois, et l’envie était si irrépressible qu'en arrivant à la caisse de l'épicier il ne restait déjà plus que les tiges!
Secundo, la surcharge physique croissante que représente une grossesse va rendre de plus en plus pénible tout déplacement. Celles qui n’ont pas d’ascenseur seront les mieux placées pour le savoir! Et au fil des mois, de devoir porter votre descendance plus les courses du week-end-end et la litière du minou, ça deviendra si pénible que Madame sera heureuse de profiter de vos beaux biceps. En Amérique -où d'autre??- il existe même un coussin de forme et de poids « fin de grossesse » pour futurs pères, à harnacher autour de la taille pour les aider à réaliser la condition de leur darling. Jolie idée de cadeau de Noël, non?
Et puis, enfin, se pointera la petite merveille, fruit de vos amours, et viendra le moment où vous ramènerez fièrement votre petite famille à la maison en songeant déjà ... au prochain dîner aux chandelles. Souvenez alors que que les hormones dans lesquelles baigne le cerveau de Madame à ce moment-là sont celles de l’instinct maternel et plus du tout celles de Basic Instinct. Que les premières semaines suivant l'accouchement, la libido frise grosso modo les mêmes températures qu'en Antarctique, et qu'il faudra un peu de temps, celui pour les hormones de retrouver leurs esprits... et d'éprouver votre patience de gentleman.
En attendant, Madame devenue Maman troquera son Wonderbra contre des soutien-gorge d’allaitement blindés, pur coton, qui vous resteront aussi en travers de ... la gorge. Eh oui, la poitrine de rêve c’est d'abord pour l’héritier!
Et quand, finalement, arrivera le moment du sevrage et que, soulagée, elle pourra vous refiler le bébé et son biberon pour aller au fitness, ne vous réjouissez pas trop vite, les mensurations auront passé de D à B, avec un léger affaissement que vous accepterez, avec le sourire bien sûr.
Ah! j’ai oublié l'épisiotomie. Rien que d’en parler avec vos épouses je vous vois, Messieurs, serrer les dents -ou les fesses-.
Mais non ce n’est pas agréable d’avoir des nœuds de pêche à cet endroit et de se trimbaler avec une bouée pour hémorroïdes dans l'appartement, les «émeraudes» comme on les a baptisées dans notre jargon pour faire un peu sourire les mamans! Non, vraiment, pas drôle du tout d'avoir une cicatrice si mal placée alors comme dit la formule de politesse, merci d'avance de votre compréhension.
Si donc, bon gré mal gré, il nous faut bien accepter ces petits inconvénients, vous, Messieurs, faites de même et, s'il vous plaît, détournez les regards des publicités mensongères d’adolescentes déguisées en femmes fatales qui, elles non plus, n’échapperont pas quand viendra leur tour.
Après tout, c’est le prix de l’amour qu’on paie et pour un trésor pareil, croyez-moi, c’est pas cher payé!
Quant à ceux qui persistent à ruminer qu’ils ne retrouvent plus leur femme d'antan, je vous pose la question que vous poserez courageusement à votre inconscient: vous ne seriez pas un peu jaloux de ne pas pouvoir exhiber un gros ventre et d’avoir la vedette pendant neuf mois par hasard?
Reagissez à cette chronique!




Poupons et pompons
Magnifique, cette chronique ! Elle devrait figurer en bonne et due place dans toutes les salles d'accouchement et chambres des maternités...