Rachida Dati, le charme discret de la «beurgeoisie» | Les Quotidiennes

08/01/2009 14:01
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Rachida Dati, le charme discret de la «beurgeoisie»

| 17:32  Elle est la caution morale de Nicolas Sarkozy, son joker des banlieues et un modèle de réussite à l'américaine. A 42 ans, cette célibataire, fille d'immigrés, devrait rejoindre le gouvernement de celui à qui elle a écrit un jour de 2002 pour avoir un job.






| 15-05-2007 | 17:32

Si le parti socialiste français n'était pas si empoté, logiquement, elle aurait dû être à gauche. Proche de Kouchner, de Strauss-Kahn, elle avait même été approchée pour figurer sur la liste Rocard aux Européennes de 94. Finalement, avec son sens de la gagne, elle a préféré Nicolas Sarkozy, dont la trajectoire de self-made man fait écho en elle. Comme lui, Rachida Dati déteste la fatalité, le déterminisme et l'immobilisme.

Un ministère phare

Devenue sa porte-parole lors de la campagne présidentielle, alors qu'elle n'a pris sa carte UMP qu'en décembre 2006, elle devrait, elle la Marocaine d'origine, se retrouver avec un beau maroquin d'ici vendredi. Dans le casting du prochain gouvernement promis paritaire, le ministère de l'immigration et de l'identité nationale lui irait comme un gant. Mais, en deus ex-machina, il n'est pas impossible que Sarkozy lui préfère celui de la Justice, autre symbole fort. Rachida Dati n'a pas encore 42 ans.

Le sens de la débrouille

Il y a en elle de la Cendrillon, mais sans la méchanceté des soeurs, du Rastignac, de la Gisèle Halimi, ardente avocate d'origine tunisienne, mais aussi quelque chose de Gabrielle Chanel, petite femme menue au regard d'ébène et à la fulgurante ascension sociale. D'ailleurs, question fringues, même pauvre comme elle le fut au début de sa carrière, Rachida Dati avait trouvé le truc: la mutualisation de la garde-robe griffée avec des copines de même corpulence. Déjà son désir de s'en sortir, déjà la conscience de ce qu'il faut faire pour y parvenir. «On faisait tourner les sacs, les jupes, les vestes, en fonction de nos entretiens d'embauche», confiait-elle au magazine Elle.

Tous les métiers

Deuxième d'une famille de douze enfants, père marocain et mère algérienne, Rachida Dati s'est rêvée toute petite un grand avenir. Ses armes: le culot, la volonté, le travail et l'estime de soi, acquise grâce à des parents analphabètes mais désireux d'offrir le meilleur à leurs enfants. C'est ainsi que Rachida, au lieu d'aller à l'école de sa banlieue de Châlon-sur-Saône, se retrouve dans un lycée catholique entourée de filles de la bourgeoisie de province. Pour payer ses études, elle fait tous les métiers: vendeuse en charcuterie, caissière en grande surface, aide-soignante, standardiste. A l'âge où les filles rêvent d'un carnet de bal, Rachida, elle, préfère l'idée d'un carnet d'adresses.

Elle attend son heure

La nuit, elle épluche journaux et magazines, découpe les articles qui l'intéressent, repèrent les noms de ceux et celles qui pourraient l'aider, et parfois leur écrit. Rachida n'attend pas que la chance lui tombe dessus, elle anticipe. A 21 ans, en faculté d'économie à Dijon, elle apprend que l'ambassade d'Algérie donne une réception à Paris. Elle sent que son heure est arrivée. Rachida Dati obtient une invitation et, au culot, demande au ministre Albin Chalandon qui présidait la soirée de lui trouver un stage. Bluffé par cette Mademoiselle Sans Gêne, il l'appuie pour qu'elle entre chez Elf comme comptable.

Ses anges gardien

Aide toi, et le ciel t'aidera. Par la suite, le ciel aura pour nom Jean-Luc Lagardère qui lui offre son MBA, Jacques Attali auprès duquel elle travaille un an à Londres et Simone Veil qui l'encourage à faire l'Ecole nationale de la magistrature. Elle lui prêtera même sa robe de magistrate le jour de sa prestation de serment. Alors qu'elle est substitut du procureur au tribunal d'Evry, elle écrit à Nicolas Sarkozy. C'est la deuxième fois. Il lui répond «Je n'ai aucune raison de me priver de vous.» En 2002, elle devient sa conseillère et travaille sur le projet de loi sur «la prévention de la délinquance.» Issue des banlieues, elle y retourne donc, bouclier idéal aux outrances de son patron. Elle est avec Jamel Debouze, dont elle était proche avant que leurs divergences politiques ne les séparent, le modèle de l'intégration réussie. Elle sait parler aux jeunes, n'en a pas peur, mais n'oublie jamais d'où elle vient. Nicolas Sarkozy a trouvé son joker: Rachida remplit non seulement son rôle de quota féminin, mais s'affiche comme la preuve que «si l'on veut, on peut.»

Amie de Cecilia

Mais qu'est-ce qu'elle a donc cette Rachida pour appeler à elle tant d'anges gardien? Un mélange de joie de vie héritée de sa mère - «une femme lumineuse et riante. Quand je l'ai perdue, j'ai pensé avoir été punie» - et de pugnacité. Mais surtout, elle a réussi tout ce qu'elle a entrepris, gratifiant ainsi ceux et celles qui lui ont fait confiance. Y compris Cecilia Sarkozy, de laquelle elle est très proche. «J'ai une affection irréversible à son égard.» Raison de plus pour Nicolas Sarkozy de ne pas trop l'éloigner ….


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