Marylène Volpi, la femme verte qui rêve de bousculer le Valais
PORTRAIT | 13:18
Tandis que les candidats du PDC s’étripent, les écologistes lancent la
députée Marylène Volpi dans la course au Conseil d’Etat valaisan.
Rencontre avec une écologiste qui espère briser quelques clichés.

CéDRIC WAELTI | 21-05-2008 | 13:18
Les Volpi habitent un petit immeuble de la vieille ville de Sion. Au premier étage, il y a d’abord les parents qui veillent religieusement sur leur petit-fils. Chaque fois que cela est nécessaire. Deux niveaux au-dessus, dans un intérieur design, où se côtoient un trotteur bariolé et quelques toiles contemporaines, habite leur fille, Marylène Volpi-Fournier, 39 ans, députée au Grand Conseil valaisan et première candidate officielle au Conseil d’Etat. Ce sens de la famille, à l’italienne, demeure, dans un canton comme le Valais, un atout.
Quant au reste, il se pourrait que Marylène Volpi cultive un certain goût du risque électoral. Femme et écologiste, voilà deux qualitatifs qui se marient plutôt mal avec la politique valaisanne. Qu’est-ce qui est le plus lourd à porter dans le canton? «Je crois que beaucoup de gens ont une fibre écologiste, même s’ils ne le savent pas, sourit Marylène Volpi. Ici, certains ne voteront jamais socialiste mais peuvent soutenir les écologistes. » Les Verts valaisans ont obtenu 10,52% des suffrages en 2005 avec la candidature au Conseil d’Etat de Georges Darbellay, puis 10,15% des suffrages en 2007 avec la candidature au Conseil des Etats de Christophe Clivaz.
Bastion masculin
Reste donc «la question femme». En Valais, on trouve des spectatrices aux combats de reines et même dans les gradins du stade de Tourbillon, mais le gouvernement, lui, reste un bastion exclusivement masculin. «Officiellement, il n’y a pas de problème, mais bizarrement, ce n’est jamais la bonne candidate au bon endroit», ironise Marylène Volpi, en faisant allusion aux difficultés de sa rivale, la démocrate-chrétienne Marie-Françoise Perruchoud, qui pourrait bien partir en solo si elle ne reçoit pas la bénédiction de son parti, le 6 juin prochain.
Habilement, l’écologiste lui tend déjà la main. «Si elle n’est pas soutenue par le PDC, il se pourrait bien qu’on trouve avec Marie-Françoise Perruchoud des terrains d’entente. » Avec à la clé, une liste femme? «Je sais travailler avec tout le monde, c’est une de mes qualités. Quant à la liste, ma priorité reste une alliance avec les socialistes», confie Marylène Volpi-Fournier.
Contre le mégaprojet d’Aminona
Cette enseignante de philo et d’italien au Collège de la Planta s’est fait remarquer au Grand Conseil valaisan, à travers la nouvelle loi sur le tourisme, dont elle a dirigé les premiers travaux. Ce qui, en Valais, est loin d’être un cadeau, tant le sujet est sensible. Sur ce plan, Marylène Volpi plaide pour une évolution radicale des mentalités. «Il faut arrêter de penser à l’échelon communal, mais penser en termes de région. Le mégaprojet d’Aminona (ndlr: cinq tours de dix étages, avec au total 450 nouveaux appartements, près de Crans-Montana) est pharaonique, il incarne un développement touristique qui n’a pas tiré les leçons du passé. »
En bonne musicienne, la députée veut aussi jouer la partition écologiste avec un tempo adapté à ses électeurs. «Je ne suis pas extrémiste, avec moi on peut discuter. » Marylène Volpi reste pourtant persuadée que le Valais doit accélérer la cadence en matière d’économie d’énergie. «Le Valais doit vraiment prendre la mesure du réchauffement climatique. »
Autre candidate dissidente?
Le PDC valaisan, qui compte trois sièges au gouvernement (avec deux sièges à repourvoir) fera-t-il une place à une femme en mars 2009? C’est tout sauf certain. Barrée à Sierre (Centre) par son camarade de parti Jacques Melly, Marie-Françoise Perruchoud-Massy a jeté l’éponge lors des primaires du district, hier soir. Pourtant, la députée du PDC du Grand Conseil, également responsable de l’institut Economie et tourisme HES-SO à Sierre, est une personnalité bien connue des Valaisans.
Désavantagée par la stratégie en place, avec un candidat du Bas-Valais (Darbellay ou Tornay) et un autre du Centre, Marie-Françoise Perruchoud milite aujourd’hui pour une liste ouverte. Elle essaiera de convaincre le Congrès du PDC le 6 juin, de changer le système et d’offrir aux électeurs un choix de candidats plus large. Ce qui lui permettrait de tenter sa chance. Si elle n’est pas suivie par son parti, l’économiste, qui reste persuadée que les Valaisans sont prêts à élire une femme, pourrait tenter l’aventure en solo, sur une liste dissidente.
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