La candidate Hillary Clinton perd à nouveau son principal stratège
ETATS-UNIS | 10:11 Nouveau revers pour la candidate à la présidentielle. Pour Hillary Clinton, Mark Penn valait 10 millions de dollars. C'est le montant qu'elle avait versé jusqu'ici à son principal stratège. Dimanche, ce dernier a quitté ses fonctions après une gaffe qui menace aujourd'hui le rêve présidentiel de l'ancienne First Lady.
JEAN-COSME DELALOYE | 08-04-2008 | 10:11
L'affaire remonte au 31 mars dernier. Ce jour-là, Mark Penn rencontrait l'ambassadeur colombien à Washington pour parler d'un traité de libre-échange entre les Etats-Unis et la Colombie. Il ne représentait pas Hillary Clinton mais la firme de relations publiques qu'il dirige, mandatée par Bogotá pour «vendre» le traité aux Américains.
Problème pour Penn: Hillary Clinton ne veut pas de ce texte. Et en Pennsylvanie Etat qu'elle doit absolument remporter, le 22 avril, pour sauver sa campagne présidentielle les accords de libre-échange n'ont pas bonne presse auprès des électeurs démocrates. L'Etat de la côte est a beaucoup souffert des délocalisations. Et les syndicats réclament des mesures protectionnistes. Selon plusieurs médias américains, la candidate aurait d'ailleurs été furieuse d'apprendre le rendez-vous de Mark Penn avec les officiels colombiens.
A deux semaines de la primaire de Pennsylvanie, la gaffe et le départ de Penn compliquent la tâche d'Hillary Clinton. «Cela devient vraiment difficile pour elle, avance Peter Fenn, le stratège de la campagne victorieuse pour le Sénat en 2000. La partie est déjà bien entamée et il faudrait vraiment un changement radical pour qu'elle ait une chance de battre Barack Obama».
Peu avant la primaire de l'Ohio le 4 mars dernier, les médias américains avaient révélé qu'Austan Goolsbee, un conseiller de Barack Obama, avait rencontré des officiels canadiens pour, semble-t-il, les rassurer sur les intentions d'Obama. Ce dernier a promis aux électeurs de renégocier l'accord de libre-échange que les Etats-Unis ont conclu avec le Canada et le Mexique s'il est élu à la Maison-Blanche. Obama avait payé ces révélations au prix fort.
Alors que l'avance d'Hillary Clinton sur son rival semble fondre en Pennsylvanie, l'ancienne First Lady pourrait se retrouver dans une situation similaire. Pour Peter Fenn, Hillary Clinton est une «bien meilleure candidate que son équipe de campagne qui a fait des erreurs de stratégie grossières». Le proche des Clinton estime que cette dernière paie certaines décisions de son entourage. «Ses conseillers ont surjoué la carte de l'expérience, explique-t-il. Les électeurs américains, eux, voulaient simplement une candidate qu'ils pouvaient apprécier. »
Ces derniers jours, plusieurs élus démocrates ont apporté leur soutien officiel à Barack Obama et les regards se tournent désormais vers Al Gore. Le Prix Nobel de la paix et ancien vice-président de Bill Clinton a toutefois refusé jusqu'ici de s'impliquer dans la bataille.
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