L’UNIFEM intensifie la lutte contre la violence envers les femmes
INTERVIEW | 11:57 A la croire, il manque deux ingrédients à la lutte contre la violence envers les femmes: l’argent et les hommes. Interview d’Ines Alberdi, la directrice de l’UNIFEM.
cd | 27-06-2008 | 11:57
Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) est à l’origine de l’adoption cette semaine par le conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution appelant à la fin des violences sexuelles contre les civiles lors des conflits armés. Il a également réussi à impliquer la ministre Suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, dans sa campagne internationale «Say NO to violence against women», visant à éliminer la violence à l’égard des femmes. A peine sortie du Forum humanitaire mondial qui s’est déroulé à Genève, la directrice de l’UNIFEM, Ines Alberdi, est en visite à Berne. Interview.
– Où en est la campagne lancée par l’UNIFEM?
– Je suis très satisfaite de la tournure qu’elle prend. Nous avons recueilli à ce jour plus de 250 000 signatures, mais nous souhaiterions atteindre le million d’ici novembre 2008. L’objectif est de pouvoir les remettre au Secrétaire général des Nation Unies, Ban Ki-moon, le 25 novembre prochain.
– Quelle est l’implication de la Suisse dans la lutte contre la violence envers les femmes?
– La semaine passée, lors d’une réunion à Vienne, nous avons eu la chance que Micheline Calmy-Rey, accompagnée d’une dizaine d’autres ministres étrangers, signe la pétition. Nous avons besoin du soutien de cette figure forte, féministe de surcroît, pour faire parler de notre campagne. Les retombées n’en sont que plus positives. Nous bénéficions également du soutien de la Direction du développement et de la coopération (DDC).
– Quel a été votre rôle dans la décision du conseil de sécurité de l’ONU de faire du viol dans les conflits armés, un crime contre l’humanité?
– L’UNIFEM s’est énormément impliqué. Nous avons organisé des réunions avec les hauts militaires internationaux, avec l’OTAN. Nous avons étudié la façon dont les Casques bleus peuvent protéger plus efficacement les femmes contre les violences sexuelles, les viols et leur utilisation comme «outil de guerre». Je suis ravie que la résolution 1820 ai été adoptée à l’unanimité. C’est une belle victoire et une avancée pour les victimes.
– La campagne bénéficie du soutien «people» de Nicole Kidman…
– Oui, là encore c’est une chance pour nous. Elle s’est spontanément proposée pour endosser le rôle de marraine. On ne pouvait rêver meilleure ambassadrice, c’est quelqu’un de très généreux et énergique. Mais nous souhaiterions également avoir un parrain, un homme emblématique. Il me semble que ce serait une bonne façon d’impliquer les hommes. Car pour lutter contre les violences faites aux femmes, il nous manque deux ingrédients essentiels: l’argent et les hommes.
Pour signer la pétition: www.saynotoviolence.org
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