
Bien sûr, les enjeux, les thématiques, et évidemment l'homme pour qui il a monté la campagne présidentielle sont des matériaux fantastiques. N'empêche, il fallait le faire. Aujourd'hui, son nom arrive en deuxième position des mots les plus utilisés sur Google aux Etats-Unis, avant même Obama! Sa réussite a quelque chose de fascinant, dans la mesure où il donne réellement l'impression d'un sans-faute, alors que les pièges étaient nombreux et sérieux.
On nous dit que lui-même fuit la visibilité, refuse les interviews, et que c'est un homme de 41 ans discret et calme. Sa vie personnelle sur wikipedia se résume d'ailleurs à deux lignes dans lesquelles on apprend qu'il aime le base-ball et qu'il achète souvent des billets pour assister aux matches du Washington Nationals.
Mais les médias américains lui attribuent certains choix tactiques cruciaux dans la campagne, face à Hillary Clinton, dans le fait d'avoir misé sur tous les États grands et petits, et d'avoir élaboré une stratégie forte et cohérente après le 5 février, le fameux Super Tuesday, lors duquel les partis choisissent leur candidat. La campagne Obama est considérée comme avoir été meilleure tant sur le plan organisationnel que sur la récolte de fonds que les autres. Barack Obama lui-même l'a décrite comme la meilleure de l'histoire des Etats-Unis.
Le directeur de la campagne Obama est partenaire de la société AKP&D Message and Media (700 employés et 250 millions de chiffre d'affaires), qu'il a continué de diriger avec David Axelrod, le stratège en chef de la campagne. David Plouffe a conseillé de nombreux politiciens démocrates avec succès. Richard Gephardt, pour qui il a travaillé en 1997, l'a décrit comme quelqu'un de "très organisé, très intelligent, ayant toujours un plan qu'il exécute ensuite de manière très méthodique".
Ses plans comprenaient et prévoyaient évidemment les divers soubresauts de la campagne. Selon l'agence Bloomberg, Plouffe est "férocement compétiteur. Il lui est arrivé de refuser l'ordre de repos d'un médecin et de courir un marathon pour se retrouver avec des béquilles. Il dort peu, et prend ses conférences téléphoniques le matin tôt dans la salle de bains pour ne pas réveiller sa femme et son fils."
Discipline
Il est aussi décrit comme un homme discipliné - un mot qui revient également fréquemment dans la description de la personnalité de Barack Obama - notamment dans le contrôle des fuites à la presse.
Quant à son nom, bien sûr il fait rire les francophones. Mais lorsque quelque chose tombe à l'eau, on ne dit pas plouf en anglais. Plutôt splash.
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