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«Pour les femmes libérales-radicales la priorité numéro une est que le siège reste dans le parti, analyse Jacqueline de Quattro, présidente suisse des femmes libérales-radicales. La deuxième est qu’il soit latin et la troisième que le ticket présenté soit mixte. » La décision des femmes libérales-radicales tombera le 6 juillet prochain.
Le Conseil fédéral sera-t-il en majorité féminin au soir de l’élection du 16 septembre? Quatre femmes et trois hommes, la photo serait historique. Renversante, quand on songe qu’il y a trois ans encore Micheline Calmy-Rey était seule au gouvernement.
Dans les nombreuses inconnues de l’équation posée par la succession Couchepin, le critère femme entre-t-il en jeu? En tout cas, il ne fait pas tousser le président du Parti libéral-radical (PLR) Fulvio Pelli: «Le sexe ne joue aucun rôle. » Une assertion confirmée par la socialiste vaudoise Géraldine Savary: «C’est un non-thème. Tant mieux, cela démontre le chemin parcouru. D’ailleurs je ne sens aucun frémissement: ni dans les milieux féministes ni dans les milieux conservateurs. »
Un récent sondage du SonntagsBlick corrobore ce sentiment. Pour 32% des Suisses interrogés, la compétence compte plus que le sexe. 42% estiment que le successeur de Pascal Couchepin doit être «plutôt une femme» et seulement 21,9% voudraient «plutôt un homme».
Compétence à 110%…
«J’espère que le sexe n’est pas un critère», avance le vice-président de l’UDC Yvan Perrin. Tout en admettant qu’il ne peut en être vraiment certain: «Il ne faut pas se leurrer. Une femme, pour être reconnue à 100%, doit être compétente au moins à 110%…» glisse l’élu neuchâtelois qui ne perçoit aucune différence dans les gouvernements cantonaux, selon leur composition homme-femme. Aucun Exécutif n’a du reste de majorité féminine. Cent vingt-quatre conseillers d’Etat en exercice pour seulement trente-deux conseillères d’Etat, tel est le ratio de la gouvernance cantonale en Suisse.
A écouter ces bonnes dispositions, le critère femme n’est pas un handicap. Sera-t-il un atout? Personne ne le pense vraiment. Pas cette fois du moins. «Les partis jouent plusieurs coups d’avance, précise le président du PDC Christophe Darbellay. Le PLR table surtout sur Karin Keller-Sutter ou Mariane Dürst pour succéder à Hans-Rudolf Merz d’ici à 2011. »
La première, conseillère d’Etat saint-galloise, est la femme qui monte au sein du PLR; la deuxième, première femme présidente du gouvernement de Glaris, est aussi appelée à jouer un rôle de locomotive sur la scène fédérale. Une radicale alémanique au Conseil fédéral, certains bourgeois l’espèrent. Surtout si elle a la poigne de fer d’une Karin Keller-Sutter. Mais que deux femmes représentent le parti au Conseil fédéral, il y a encore un pas difficile à franchir.
Aussi le PLR passe-t-il pour un «lady killer» depuis qu’il a préféré, en 2003, Hans-Rudolf Merz à la Bernoise Christine Beerli. Mais il n’est pas le seul… A propos d’Isabelle Chassot, la conseillère d’Etat fribourgeoise, qui pourrait être une candidate sérieuse du PDC, Christophe Darbellay se rassure: «Des gens de notre groupe sont très ouverts à l’idée que le PDC puisse être représenté par deux femmes. » D’autres pas, semble-t-il. Car dans la photo idéale du «parti de la famille», il y a toujours une figure paternelle à côté de la maman.
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