Parlant au cœur, «La petite chambre» a conquis celui des festivaliers

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Longue standing ovation dans la grande salle du Fevi pour La petite chambre des Lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond. Rien d’étonnant de la part d’un public toujours nettement plus enthousiaste que la critique, heureusement pour les cinéastes.

Cela dit, en dépit de maladresses et de longueurs induites par quelques scènes inutiles à effet d’annonce, le film se révèle plein de tendresse et d’émotion. Il a vu le jour à la suite d’un concours lancé par la TSR il y a deux ans, appelant à évoquer des thèmes d’ici.

Pour leur premier long-métrage de cinéma, les deux réalisatrices, comédiennes de profession, ont donc choisi de raconter le drame de Rose, jeune infirmière dont le bébé est mort-né. Mise en congé maladie, elle s’occupe en catimini d’Edmond, un octogénaire acariâtre et colérique, refusant d’aller dans un EMS.

Bouquet, un fabuleux cadeau

Se plaçant aux deux extrêmes de l’âge, l’œuvre qui parle à chacun de nous en évitant de verser dans le bon sentiment, est portée par Michel Bouquet et l’excellente Française Florence Loiret Caille, tombée sous le charme de l’immense acteur. «J’ai éprouvé un véritable coup de foudre. J’avais toujours envie de le prendre dans mes bras. J’étais jalouse quand quelqu’un d’autre s’approchait de lui. On s’amusait beaucoup, on faisait des courses de déambulateurs…»

Sa présence a évidemment été un fabuleux cadeau pour Stéphanie et Véronique, surtout dans la mesure où elles étaient certaines qu’il refuserait leur proposition. «Quand il a dit oui, on a bondi de bonheur. Il a une exigence envers lui-même, une angoisse de ne pas y arriver incroyables après 65 ans de carrière. On a fortement senti son immersion dans le rôle. Il nous a laissées le diriger, tout en nous donnant d’Edmond des choses que nous n’avions même pas imaginées».

Cela suffira-t-il à en faire un Léopard d’Or, ainsi que le prétend la rumeur? En tout cas une chose est sûre, ce n’est pas Isild Le Besco qui va lui faire de l’ombre avec Bas-fonds, qui entraîne trois jeunes femmes perdues aux tendances homosexuelles, dont deux sœurs, dans une virée mortelle. Plus sale et répugnant que sulfureux, cet opus laborieux tiré d’un fait divers lasse rapidement avec des scènes violentes et répétitives, entrecoupées par une voix off rédemptrice, qui nous récite la Bible.

En attendant les six heures de Karamay

Il ne reste plus qu’à attendre le documentaire maousse chinois de six heures. Il s’agit de Karamay de XU Xin. Il revient sur une épouvantable tragédie datant de treize ans. Huit cents écoliers et leurs professeurs donnaient une représentation à une délégation d’officiels de l’éducation lorsqu’un incendie se déclara dans l’école. Les élèves durent rester assis pour permettre l’évacuation des VIP. Tous survécurent, tandis que 323 personnes périssaient dans les flammes, dont 288 enfants âgés de 6 à 14 ans. Depuis, le drame est censuré dans les médias d’Etat.

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Edmée Cuttat

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