Promotion des femmes: Doris Leuthard met la pression sur les entreprises
Parité | 07:50 A l'invitation de la conseillère fédérale, une belle brochette de grands patrons, et pas des moindres, se sont engagés publiquement sur la promotion des femmes.
Madeleine von Holzen | 18-09-2007 | 07:50
Dans la salle, une très grande majorité de femmes. Entrepreneures, cadres, représentantes d'associations féministes. Une poussette, quelques hommes, surtout au premier rang. Un programme serré et une conseillère fédérale qui rit aux interventions de l'humoriste l'interrompant, sous les caméras de la télévision alémanique. Doris Leuthard avait annoncé en janvier dernier sa volonté d'organiser une conférence nationale sur la question des femmes, en réponse au
rapport PotentiELLE
adopté par le conseil fédéral fin 2006. Cette conférence s'est tenue hier à Horgen, près de Zurich.
Pas de lamentations, le ton est incitatif. «Nous autres femmes avons suffisamment de pouvoir pour imposer notre propre volonté», lance ainsi Doris Leuthard en guise d'introduction aux 200 participants. Encourager les femmes à prendre plus de place tant en politique que dans l'économie, inciter les milieux économiques à agir concrètement et montrer l'exemple tout en améliorant les conditions-cadres, voici les trois directions choisies par la conseillère fédérale pour agir.
Doris Leuthard a été jusqu'à téléphoner personnellement à certains patrons pour les faire venir à la conférence. Résultat : le numéro un d'UBS, de la Poste, de la Caisse maladie CSS, d'Adecco suisse, de Denner, du Groupe Raiffeisen ou encore de Sunrise, notamment, sont là. Avec l'obligation de s'engager de manière «contraignante», sur la promotion des femmes au sein de leurs entreprises.
Si les ricanements se font entendre dans la salle lorsque le CEO de Crédit Suisse Private Banking Walter Berchtold s'engage à ce qu'il y ait «au moins une femme sur les listes des positions de management mises au concours», les attitudes sont plus positives face à des propos plus concrets. Comme ceux d'Ulrich Gygi, directeur général de La Poste, qui promet 13% de femmes cadres d'ici 2010 (10% actuellement) dans son entreprise. Ou ceux de Georges Portmann, CEO de CSS, qui annonce une participation aux frais de garde des enfants, notamment.
Un site Internet répertorie ces engagements, parmi les déclarations de plus de 70 entreprises. Le
site restera ouvert
dans les mois qui viennent, permettant de faire un suivi sur les engagements, promet la conseillère fédérale. Quant à son propre département, Doris Leuthard le souhaite exemplaire, annonçant ses objectifs: au moins 25% de femmes dans les directions du Département fédéral de l'économie d'ici 2015, contre 13% aujourd'hui. Ainsi que le développement du mentorat et sur la formation continue pour les femmes.
Quand la salle applaudit-elle le plus ? Lorsqu'une participante prend le micro pour plaider en faveur des horaires continus à l'école: «Avec tout l'argent que nous avons en Suisse, nous pourrions être un modèle, avoir le meilleur système scolaire avec horaires continus au monde». «Le début d'un changement de mentalité», voilà ce que Doris Leuthard aimerait pouvoir retenir de cette journée. Que ce soit au niveau des décideurs économiques ou politiques de tout le pays.
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