Le blues des femmes cadres dans l'administration genevoise | Les Quotidiennes

08/01/2009 19:01
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Le blues des femmes cadres dans l'administration genevoise

parité | 18:18  Après les départs successifs de trois figures des services publics, l'administration a-t-elle un problème avec ses femmes-cadres?




Stéphanie Fontugne, remerciée de la direction des TPG.


Laurence Bezaguet | 11-09-2007 | 18:18

Il ne suffit pas d'engager des femmes à des postes à responsabilité. Encore faut-il les aider à assumer leur tâche. Après les départs successifs de trois figures des services publics, ce constat semble avoir tout son sens. Certes, la vétérinaire cantonale, Astrid Rod, la directrice des transports publics genevois (TPG), Stéphanie Fontugne, et la cheffe du Service des espaces verts et de l'environnement (SEVE), Yveline Cottu, n'ont pas «rendu leur tablier» pour les mêmes raisons. Mais quand même… l'administration a-t-elle un problème avec ses femmes cadres?

 

Nous avons vainement tenté de faire parler les principales protagonistes. Stéphanie Fontugne ne souhaite pas faire le moindre commentaire. Yveline Cottu se contente de regretter que «quand on nomme une femme, on le clame haut et fort. Or, la cause des femmes ne sera gagnée que lorsqu'il n'y aura plus de distinction favorisante. Marquer une différence marque forcément la différence.» Son patron Manuel Tornare n'a pas hésité, lui, à dénoncer la «misogynie et l'insubordination de certains collaborateurs qui auraient dépassé les limites.» (nos éditions du 23 août).

 

Enfin, Astrid Rod ne cachait pas, dans la Tribune du 29 janvier, la difficulté qui persiste à être femme et cadre à la fois, surtout quand on a des enfants: «Comment concilier vie privée et vie publique quand vous devez être atteignable à tout moment? Que répondre à son enfant quand il ressent les coups de téléphones, le week-end ou lors des vacances, comme un manque d'intérêt à son égard?»

 

«On leur demande d'être parfaites. Ce qui n'est de loin pas le cas pour les hommes», considère Fabienne Bugnon, directrice du Service pour la promotion de l'égalité entre homme et femme (SPPE). «A l'image de Stéphanie Fontugne, quand on se sépare d'une femme, on dit qu'elle avait toutes les compétences. Mais on préfère s'en passer plutôt que de travailler ses faiblesses avec elle (la patronne des TPG a viré de nombreux directeurs). On se prive ainsi d'atouts professionnels et on n'encourage pas les femmes à se lancer.»

 

Directeur de l'Office du personnel de l'Etat, Grégoire Tavernier admet qu'il y a «très clairement un problème qui ne date pas d'aujourd'hui et qui n'est pas propre à Genève.» Les résultats ne sont pas à la hauteur de la volonté politique et des mesures prises en faveur de la promotion des femmes (lire ci-dessous) à cause du «fameux plafond de verre.» Le haut-fonctionnaire se dit déterminé à dépasser «cet aspect culturel car l'amélioration des ressources humaines et du fonctionnement de l'administration passe par une augmentation du nombre de femmes cadres.»


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