Elles portent des culottes et des bottes de moto…

A Genève se trouve le seul club féminin de motardes de Suisse. Des filles pleines d'énergie, venues de France Voisine, de Genève et même de Bienne, qui ont su créer une ambiance à la fois conviviale et décalée. Présentation.

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Elles sont douze. Ni plus ni moins, «parce qu'au-delà, ça crée des problèmes». Douze filles bien dans leurs casques, réunies autour d'une passion commune: la moto. Férues de vitesse, ces assoiffées d'asphalte ont décidé de se réunir au féminin, une fois par mois, histoire d'échapper de temps en temps à l'humour-testostérone…

Leur credo: prouver qu'on peut être à la fois une femme attirante et piloter une moto comme une cheffe. Outre le bitume, elles ont un point commun: un foutu caractère. «Il faut bien ça pour évoluer dans un monde de mâles» s'amuse Jess, bikeuse en cheffe. Présente dès l'origine du projet, Jess raconte qu'au début, tout le monde a essayé de la décourager: «On me disait de laisser tomber, que les groupes de filles ça ne pouvait que capoter, que c'était de véritables nids à embrouilles…». Foutu caractère oblige, Jess s'est entêtée. Bien lui en a pris, 13 ans plus tard, le groupe est toujours debout et plus vivant que jamais. Le temps a passé, certaines ont quitté les Mi-anges, la moto n'étant plus leur priorité, tandis que d'autres sont arrivées.

« Il y a un certain respect »

Point question ici de peinture rose bonbon ou de combinaison à frange… les Mi-anges sont avant tout de vraies amatrices de moto, «pas des rigolotes» expliquent-elles.

Chacune a sa personnalité. Impensable ici de se noyer dans une identité collective: Il y a Jess, la dame patronnesse, mais aussi Cheyenne la sauvage, Kaas la mystérieuse, Grenouille, l'amie des bêtes, Kouki et son franc-parler, Clav' et ses yeux diaboliques… Bref une bonne bande de copines, toujours prêtes à faire un tour… et la fête.

Lorsqu'elles se retrouvent, les Mi-Anges-Mi-Démons parlent «carbu», «cadres tubulaires», «Ducat'» ou «R1» en buvant du coca light. L'ambiance est énergique, les vannes fusent, les souvenirs appellent les fous rires. Entre deux comparaisons de motos, on se moque gentiment du copain d'une-telle, on raconte sa dernière anecdote de couple. Ensemble, elles parlent fort, beaucoup et longtemps… et elles le savent! Mais c'est toujours drôle ou piquant, même lorsqu'elles discutent de leurs futures sorties, des circuits à tester, des prochains défis à relever…

Et se rient du cliché qui veut qu'une motarde soit un erzatz de «mec», les poils en moins la gouaille en plus. La preuve: elles posent tous les deux ans dans un calendrier, en tenue sexy («mais jamais vulgaire» tiennent-elles à préciser)… et avec des motos.

Le regard des autres? «Il a évolué, disent-elles, les autres motards nous perçoivent bien, ils sont moins machos qu'avant, voire plus du tout, mais on a dû faire nos preuves…»

Question essentielle: se font-elles, elles aussi, arnaquer par les garagistes? Sourires. «Il y a quinze ans, on nous prenait pour des connes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, il y a même un certain respect. Ils nous soutiennent, nous conseillent et deviennent parfois des potes.» Ce qui ne les empêche pas de faire circuler l'info entre elles si un garagiste s'avère être une andouille…

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