Catherine Frot et Sandrine Bonnaire: duel de lionnes | Les Quotidiennes

08/01/2009 17:10
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Catherine Frot et Sandrine Bonnaire: duel de lionnes

cinema | 12:45  Dans le film "L'empreinte de l'ange", deux femmes se battent pour le même enfant. Les Quotidiennes vous recommandent cette version inédite du Jugement de Salomon. A découvrir dans toutes les salles romandes




Catherine Frot trouve ici un de ses rôles les plus marquants. Elle y est admirable, comme Sandrine Bonnaire


MARIE-CLAUDE MARTIN | 19-08-2008 | 12:45

Evidemment, à côté de Batman et Wall-e, le film de Safy Nebbou est passé un peu inaperçu. Dommage, car L'Empreinte de l'ange ne manque ni de suspens, ni de subtilité.

 

Il est, de plus, porté par deux actrices miraculeuses. D'un côté Catherine Frot, en mère psychologiquement fragile, peut-être dangereuse, dont le sourire évoque tour à tour la bouche fendue d'un Joker et l'infinie tendresse du monde. De l'autre Sandrine Bonnaire, en grande bourgeoise cool mais pas tant que ça.

 

L'histoire
Alors qu'elle vient chercher son fils Thomas a un goûter d'anniversaire, Elsa (Catherine Frot) est bouleversée par une petite fille de six ans, Lola, qu'elle ne quitte pas des yeux. A partir de là, Elsa cherche à s'introduire dans la vie de la fillette, s'invite là où on ne l'attend pas, fait amie-amie avec sa mère, Claire (Sandrine Bonnaire) qui, d'abord séduite par sa gentillesse, commence à se méfier et avoir peur de cette rôdeuse imprévisible.

 

Incertitude jusqu'à la fin
Elsa est-elle folle? Dépressive? Dangereuse? Pédophile même? On le comprendra un peu plus tard, cette quadragénaire en instance de divorce, préparatrice en pharmacie, est persuadée que Lola est sa fille, morte dans un incendie six ans auparavant.

 

Tout le suspense du film repose ainsi sur un principe d’incertitude: Elsa veut-elle voler à une autre femme l'enfant qu'elle-même a perdu ou est-elle réellement la mère biologique de la fillette? Les personnages le savent, nous pas.

 

L'enjeu
"L'Empreinte de l'ange" jongle avec plusieurs genres: le thriller, le drame familial, la chronique sociale et même un peu d'onirisme. Le film baigne dans des ambiances chien et loup, inquiétantes et mélancoliques, où la vérité a du mal à émerger.

 

Mais le coeur du film, son moteur et son essence, c'est l'affrontement entre ces deux mères de famille, capables d'aller jusqu'au sang pour gagner la partie. Elles se battent comme des lionnes, et c'est d'ailleurs ainsi que Safy Nebbou les filme, comme deux fauves habités par l'instinct.

 

Happy end?
On pouvait craindre un plaidoyer pour les liens du sang contre les liens affectifs, mais ce n'est pas du tout le cas. "L'Empreinte de l'ange" n'est pas la version moderne du Jugement de Salomon, la dénonciation d'une usurpatrice, mais la mise en tension de deux comportements, dont il est bien difficile de dire lequel est juste ou faux.

 

Le film, inspiré d'une histoire vraie, ne s'achève donc pas sur la victoire éclatatante de l'autre sur l'autre, mais par une double souffrance, un double sacrifice. La vérité est à ce prix, et l'amour aussi. Moins un happy end qu'un répit end.


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