Affaire DSK: ce qu'ils en pensent. | Les Quotidiennes

08/01/2009 13:24
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Affaire DSK: ce qu'ils en pensent.

scandale | 05:27  DSK a-t-il commis une faute politique en couchant avec une subordonnée? Un journaliste politique, un historien et une sociologue expriment leur point de vue.






M.C.M | 25-10-2008 | 05:27

"Le puritanisme n'est pas que sexuel", par Eliane Perrin, sociologue genevoise

"On le sait: la rencontre de son partenaire, d’une vie ou d’un soir, se
fait en priorité sur le lieu de travail, quelque soit le type de
sexualité. En même temps, c’est aussi un lieu de pouvoir et d’argent,
d’où la difficulté à faire la part des choses», dit Eliane
Perrin.

 

L’Europe est-elle en train de se puritaniser?
«Le puritanisme ne se nourrit pas seulement de morale sexuelle, il
aspire à une forme de neutralité, d’égalitarisme purgé de tout soupçon
sexiste, raciste ou népotiste. Je crois que les frasques sexuelles
continuent d’être bien tolérées en France. Ce qui a changé en revanche,
de manière lente mais inexorable, c’est l’hypersensibilité à tout ce
qui relève de l’injustice et des privilèges. C’est l’abus de pouvoir
qui choque, et plus encore en cette période de crise
planétaire.

 

Eliane Perrin ne voit que peu de similitudes avec l'affaire Lewinsky, où la maîtresse était la clé de l'histoire, à la fois le dénonateur et la victime de la machine qu'elle a mis elle-même en marche. Elle estime que DSK a réagi vite et plutôt dignement et que sa femme, Anne Sinclair, n'en a pas appelé à la morale conjugale anglo-saxonne.

 

Non sans humour, la sociologue croit encore à l’avenir politique de DSK, à condition bien sûr qu’il
soit blanchi du soupçon de népotisme, qui lui serait fatal. «Dans un
monde où tout est devenu incertain et précaire, l’affaire pourrait complètement se renverser et même
devenir rassurante. Elle prouverait qu’on peut être honnête à la tête
du FMI et qu’un couple peut survivre aux infidélités.»

 

 

 

"Ringardisation de la France" par Henri Moreigne, journaliste politique

L'image de "Latin Lover" collée à Dominique Strauss-Kahn est symbolique d’une vision franco-française plutôt ringarde qui permet de justifier des écarts de conduite aux relents de droit de cuissage. DSK est-il un pauvre égaré, VRP du système financier international, qui loin de son foyer, aurait commis un dérapage? Non!», dit Henri Moreigne, alias La Mouette Rieuse dans le blog du Monde.

 

Le journaliste politique (intalk.fr et Agovox) rappelle que «la face sombre de l’ancien député maire de Sarcelles est connue depuis longtemps. Une obsession des femmes qui confine à l’obsession. Jean Quatremer, journaliste à Libération, est l’un des rares à avoir osé l’évoquer."

 

Mais y-a-t-il faute pour autant ou seulement dom juanisme exacerbé? «Derrière le folklore, il y a bien faute du patron du FMI. Peut-être pas de népotisme mais faute quand même. Celle constituée par une personne en situation d’autorité (la qualité de patron prévalant sur celle de prétendant) pour obtenir des faveurs d’une subordonnée. Dans cette histoire, DSK véhicule l’image de ces puissants qui se permettent tout parce qu’ils se pensent.

 

 

"DSK illustration du mal français", par François Garçon, historien
Pour François Garçon, maître de conférences à la Sorbonne et auteur de l’essai très élogieux pour notre pays, «Le Modèle suisse» (ed. Perrin), l’affaire DSK est une illustration du piètre spectacle que la France donne à l’étranger.

 

Entre autres griefs, il reproche à son pays d’être: «Un Etat mal géré qui ne rend aucun compte et considère l’évaluation comme un viol; un peuple qui donne des leçons à tout le monde mais qui est incapable de se réformer; une nation qui pense encore que la planète l’envie alors qu’elle n’intéresse plus personne.»

 

Le résultat de ce discrédit? «Une perte de confiance généralisé, le chacun pour soi et le cynisme.»

 

Pour l’auteur franco-suisse l’affaire DSK met en lumière «la Nomenklatura française, issue des écoles où l’on devient des professionnels de la politiques, qui se tient les coudes pour passer entre les mailles de la morale. Comme ce corporatisme marche en France, ceux qui en bénéficient adoptent le même comportement à l’étranger, comme s’ils étaient chez eux. Et quand ça pète, comme ici, ils jouent la surprise scandalisée. Les Français ne peuvent pas se résoudre à être devenus une puissance secondaire.»


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DSK II

Esther : non, je ne pense pas que tous les hommes et toutes les femmes sont allés voir un jour ailleurs. N'essayez pas de vous rassurer avec des idées de ce genre.

Beaucoup ont quitté leur femmes pour une plus jeune ou moins aigrie, ou leur mari pour un plus gentil, mais tromper n'est pas systématique.

Quand à DSK, bien que le poste soit exposé aux pièges, il reste un gros blaireau imbu de son pouvoir qui en effet n'hésiterait pas à cocufier sa femme (sans la quitter, c'est ça le pire)

Et pour les américains : je sais que c'est très tendance euro-bobo-chic de proner le libertinage (surtout pour les femmes vieillissantes - les jeunes sont contre) mais la fidélité doit être défendue à tout prix (ou il faut rompre, ce qui est plus sain mais demande plus de courage)

DSK

Nous en avons assez des "états d'âmes" des américains et de leur puritanisme. Ces donneurs de leçons feraient bien de balayer devant leur porte et de laisser vivre les personnes normales... En effet, comme dirait Anne Roumanov : je cite : on ne nous dit pas tout !!! J'aimerais bien savoir quel homme ou quelle femme n'a pas, une fois dans sa vie, été voir ailleurs. Ce que DSK a fait est tout a fait humain et n'entrave en rien ses capacités.


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