140 époux violents chassés du domicile | Les Quotidiennes

19/11/2008 18:03
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140 époux violents chassés du domicile

VIOLENCES | 10:20  A Genève, l’impunité n’est plus de mise pour les auteurs de violences au sein du couple. Un seul cas lié à l’Euro a été recensé.






Laurence Bezaguet | 24-06-2008 | 10:20

«Le problème des violences domestiques est passé du stade de tabou à celui de fléau reconnu et combattu», s’est félicité hier le patron des Institutions, Laurent Moutinot, lors de la présentation du rapport 2007 du Bureau du délégué aux violences domestiques.

 

La police, la justice, les hôpitaux et les services sociaux ont intégré cette problématique dans leur travail quotidien et opèrent en réseau. Une stratégie qui commence, semble-t-il, à payer. Ainsi, d’après les chiffres de la police, sur 800 interventions, environ 140 époux violents (essentiellement des hommes) ont été momentanément éloignés de leur domicile en 2007, contre 117 en 2006. Il s’agit de procédures pénales: pris en flagrant délit ou interpellé sur la base d’indices tangibles (photos des lieux, témoignages), le conjoint peut être arrêté puis déféré au juge d’instruction.

 

Deux autres outils existent depuis peu pour expulser provisoirement un conjoint violent. Mais ils sont encore très peu utilisés à Genève, contrairement à d’autres cantons. Les victimes peuvent s’adresser au Tribunal de première instance, qui peut prononcer une mesure civile d’éloignement. Une ­dizaine de cas seulement ont été répertoriés en 2007. Depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle Loi cantonale contre les violences domestiques à fin 2005, une mesure d’éloignement administratif peut également être décidée par un commissaire de police. Contrairement à la voie pénale, où un acte sérieux est déjà commis au moment de l’éloignement, cette mesure permet d’agir à titre préventif. Elle peut être déclenchée à partir du moment où les agents ont constaté un conflit récurrent dans une famille. Seuls deux éloignements administratifs ont été prononcés en 2006 et cinq en 2007.

 


Manque de chiffres

«Quel que soit le mode d’éloignement, notre but est d’éviter que les victimes ne partent en catimini», insiste Laurent Moutinot qui qualifie ces drames de «délits, voire de crimes». Pour rappel: chaque année en Suisse, 22 femmes et 4 hommes meurent à la suite de violences conjugales.

 

Si les choses commencent à avancer pour lutter contre ce fléau, les outils statistiques font, eux, cruellement défaut pour mesurer l’ampleur et l’évolution du phénomène. C’est pour cette raison, informe le délégué aux violences domestiques, David Bourgoz, qu’un Observatoire genevois est en passe d’être créé, afin de recueillir les données de tous les acteurs impliqués.

 

Enfin, il n’y a eu qu’une seule arrestation pour violence conjugale, «directement liée à l’Euro», conclut le commissaire de police Dominique Jolliet.


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