UBS: Gabrielle Kaufmann-Kohler fait ses preuves | Les Quotidiennes

08/01/2009 14:49
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UBS: Gabrielle Kaufmann-Kohler fait ses preuves

banque | 12:41  La Genevoise réussit une importante première étape dans la restauration de l'image du leader mondial de la gestion de fortune. L'action a atteint son plus bas historique.




Gabrielle Kaufmann-Kohler est présidente du comité de nomination au sein du conseil d'administration d'UBS (Photo Olivier Vogelsang)


Philippe Rodrik | 02-07-2008 | 12:41

Jusqu’où dégringolera UBS? Hier après-midi, le cours de l’action du leader mondial de la gestion de fortune est descendu au-dessous de 20 francs (19,81 francs, puis 20,30 francs à la clôture). En un an, ce titre a ainsi perdu les trois quarts de sa valeur. Du coup, la capitalisation boursière de l’établissement n’excède guère 60 milliards de francs aujourd’hui.

 

Alors que les rumeurs d’absorption ne cessent d’enfler, observons ce petit calcul! Peter Thorne, analyste financier chez Helvea (spécialiste de courtage institutionnel), évalue, de façon tout à fait conservatrice, à 60 milliards de francs la valeur de la plus prospère des activités d’UBS, le wealth management (gestion de fortune).

 

Si la londonienne HSBC (Hongkong Shanghai Banking Corporation) Holdings PLC, ou la moins probable Deutsche Bank, prenaient maintenant le contrôle d’UBS, elles mettraient donc la main, «gratuitement», sur les trois autres divisions du groupe: les services bancaires et boursiers aux particuliers et aux entreprises suisses, la gestion d’actifs et la fameuse banque d’affaires, dont les positions les plus risquées sur les marchés américains s’élèvent encore à environ 45 milliards de francs.

 

Pour commencer à liquider ces résidus d’un deuxième semestre 2007 désastreux, une avocate genevoise, Gabrielle Kaufmann-Kohler, est chargée de renforcer les compétences bancaires et financières trop rares au sein du conseil d’administration d’UBS. Première et unique femme siégeant dans cet illustre collège, depuis le 19 avril 2006, la nouvelle présidente du comité de nomination vient de prouver son efficacité en deux mois à peine.


Quatre départs

Quatre administrateurs (le vice-président exécutif Stephan Haeringer, Peter Spuhler, Rolf Meyer et Lawrence Weinbach) quittent en effet leurs fonctions à la fin de l’année. «La plupart de leurs successeurs sont dotés d’une solide expérience dans la banque, la finance et le risque», promet le président du conseil d’administration, Peter Kurer.

 

Des noms? Rien avant la convocation à la troisième assemblée générale des actionnaires cette année, fixée au 2 octobre! Dans le cadre de ses compétences en matière de bonne gouvernance, le comité de nomination a en outre élaboré un modèle favorisant une nette séparation des responsabilités du directoire et du conseil d’administration, tout en accroissant les devoirs de surveillance du second. Accessoirement, Sergio Marchionne, patron de Fiat et expert des situations de crise, sera nommé «directeur indépendant senior», tout en gardant ses fonctions de «vice-président indépendant» du conseil d’administration.

 

Mais il en faudra nettement plus pour restaurer la confiance des investisseurs. Pour le deuxième trimestre, une perte nette de 2 à 5 milliards de francs pourrait être annoncée le 2 août. De nouvelles dépréciations d’actifs, à hauteur de 4 à 6 milliards, paraissent en plus inévitables. Et, comme prévu, UBS n’a pas publié hier d’avertissement sur les bénéfices.

 

Si une nouvelle «ultime» recapitalisation s’avère nécessaire, il sera désormais très difficile de convaincre.


Des analystes y croient toujours

Hier après-midi, l’action UBS a chuté au-dessous de 20 francs. Malgré un léger redressement, elle a reculé à la clôture de 5,3%, à 20,30 francs. L’action de la première banque helvétique n’est jamais tombée aussi bas, depuis la fondation de la société en 1998 (fruit de la fusion d’Union de Banques Suisses et Société de Banque Suisse).

 

Maintenant, son cours se trouve même au-dessous du prix d’émission (21 francs) fixé pour la deuxième augmentation de capital. Des analystes financiers continuent néanmoins de croire en UBS. «Je maintiens ma recommandation d’achat, indique Madeleine Hofmann, de la Banque Julius Bär & Co. SA. L’action UBS se trouve à son plus bas historique, certes. Au cours de ses dix ans d’existence, l’établissement a néanmoins augmenté d’environ 75% sa masse sous gestion en wealth management.»

 

Philippe Lederrey, de la Banque Privée Edmond de Rothschild SA, recommande lui aussi l’achat: «Il est indubitable que la nature systémique de la crise financière a rendu l’environnement totalement illisible pour les valeurs bancaires. Les marchés devront donc traverser encore plusieurs remises en question, avant qu’une réelle phase de rémission des primes de risques astronomiques ne s’enclenche solidement.»

 

Responsable de la recherche à la Banque Syz & Co. SA, Jérôme Schupp ne partage pas cet optimisme: «Nous considérons la valeur UBS comme un titre de spéculation et non plus d’investissement. Nous restons donc à l’écart. »
Tous les analystes se félicitent cependant des dernières décisions de son conseil d’administration.


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