Si vous passez plus de temps avec vos amis sur facebook qu'à leurs côtés physiquement, si vous vous impatientez de la lenteur de vos jeunes enfants à accomplir une tâche, si vous appuyez répétitivement sur le bouton "fermeture des portes" dans un ascenseur, alors il se peut que votre personnalité est en train d'être altérée. Selon certains experts, l'usage excessif des nouvelles technologies rend impatient, impulsif, distrait voir même narcissique.
Pour Nicholas Carr, auteur d'un article publié et repris à travers le globe en 2008 intitulé «Is Google Making Us Stupid?» dans son nouveau livre: «The Shallows. What the Internet is Doing to our Brains», l'internet, les ordinateurs, Google, Twitter et autres bonnes adresses nous rendent superficielles et sont en train de modifier les circuits de nos cerveaux.
Pour d'autres experts encore, passer beaucoup de temps devant ses écrans fixes et mobiles crée une dépendance voir même une addiction.
Selon Nora D. Volkow, Directrice du National Institute on Drug Abuse (NIDA), aux Etats-Unis et l’un des spécialistes mondiaux des mécanismes cérébraux de l’addiction: «L'interactivité avec nos écrans en continue est un changement sans précédent dans le comportement humain.»
Selon Russell A. Poldrack, Professeur de Psychologie et de Neurobiologie à l'Université du Texas: «Nos recherches ont démontré que le multitasking (le fait d'accomplir plusieurs tâches à la fois) a un effet insidieux sur l'apprentissage, modifiant le fonctionnement habituel du cerveau.»
Pour Maryanne Wolf, Psychologue à Tufts University, passer d'une page à l'autre rend impossible l'interprétation profonde d'un texte et ne permet simplement que de le décoder. Elle précise: «L'habitude de réfléchir profondément n'est pas innée chez l'homme, c'est le fruit d'un long apprentissage et de pratiques régulières et constantes.»
Les études sur le cerveau sont complexes et sujet a différentes interprétations et il en est de même pour celles mentionnées ici. D'autres études démontrent que les nouvelles technologies améliorent la cognition. Ou encore selon Technikart, "nous devenons plus experts en traitement de fragments d'information, en analyse et en catégorisation de données".
Mais pour avoir passé une grande partie de mes journées sur Internet depuis près de 15 ans, parcourant en continu des dépêches, des titres, des flux d'infos, des tweets et cliquant d'un lien à l'autre, les mots de Maryanne Wolf résonnent. Mon ordinateur allumé, la page de Google affichée, je peux répondre à toutes vos questions, dans le détail. Mais à la fin de la journée, mon ordinateur éteint, en vérité je n'ai retenu que des bribes d'infos.
Sources:
An Ugly toll of Technology: Impatience and Forgetfulness (NY Times)
Hooked on Gadgets, and paying a mental price (NY Times)
More Americans experience a downside to an always plugged-in existence (NY Times)
Self-linking behavior (Nicolas Carr's Blog "Rough Type")
Steven Pinker and the Internet (Nicolas Carr's Blog "Rough Type")
Does The Internet Make you Smarter? (Clay Shirkey for the WSJ)
The defense of computers, the Internet and our brains (NY Times)
Is Google Making Us Stupid (Nicolas Carr The Atlantic - August 2008)
The Secret Powers of Time (Professor Philip Zimbardo)




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