
Ainsi donc, on commence tous à regarder vers Vancouver. Surtout avec la pléiade d’athlètes suisses qui vont aller se royaumer là-bas. Cent quarante-six. Il n’y en a jamais eu autant. Comme si la quantité faisait la qualité. Raison sans doute pour laquelle je ne les sens pas bien, ces JO d’hiver 2010. Un peu en somme comme le premier duel en multicoques d’Alinghi contre Oracle lundi à Valence, avec Bertarelli à la barre…
Et cela n’a rien à voir avec les tenues plutôt moins nazes que d’ordinaire, de nos Helvètes. Encore que ce brun ne soit pas du plus heureux effet. Non, ce doit être ces certitudes affichées par leur coach en chef Gian Gilli, qui table sur une bonne douzaine de médailles. Dont pas mal dorées sur tranche apparemment. Du coup, je ne vous raconte pas si je me méfie des Autrichiens, des Nordiques, toujours prêts pour les grandes occasions. Et sans vouloir parler de malheur, pour une fois je redoute carrément les Français, du moins dans certaines disciplines.
Parce que très franchement, ça péclote drôlement dans le camp suisse depuis quelque temps. Je me demande par exemple où est passé Carlo Janka, moins iceman que jamais. Et Sylvan Zurbriggen ? Il a beau faire délirer Fabrice Jaton, j’attends toujours le miracle. Quant à Didier Defago, il n’est plus vraiment du bois dont on fait les flûtes, au vu de ses derniers résultats. Juste vexé comme un pou que les pontes de la latte ne se prosternent pas devant lui sous prétexte qu’il a gagné le Lauberhorn et la Streif la saison dernière. Et qu’il a une cabine à son nom. La belle affaire, un an plus tard…
Entre le saut à ski et le bob !
Dans le fond, les seuls vrais espoirs de breloques olympiques, ce sont ces champions dont les journaux ne parlent jamais et qu’on montre rarement à la télévision. Je parle par exemple de Simon Amman, le Harry Potter du saut à ski, découvert à Salt Lake City en 2002, double médaillé d’or devenu pour un temps le héros de la nation, alors qu’on ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam. On a aussi nos chances en bob à 2 ou à 4 dont tout le monde se fiche comme de sa première chemise. Ce qui ne nous empêchera pas évidemment de nous taper follement sur le ventre, au cas où !
Quoi, j’ai oublié Cuche ? C’est vrai, je l’admets. En dépit de son récent doublé historique à Kitzbühel, j’ai du mal à y croire. Et pas seulement parce que la flèche des Bugnenets, qui d’après Le Matin a juste envie d’être un bon gars tout simple, s’est malencontreusement cassé le pouce. C’est juste un sentiment général de doute qui me taraude. En tout cas, une chose est certaine. Si le brave Didier veut mériter son titre de sportif de l’année, il a intérêt à se remuer le popotin dans la poudreuse canadienne.

Didier Cuche la main dans le plâtre. (Photo: AFP)
Au moins accepterais-je mieux que le trophée soit passé sous le nez de Federer. A propos, quand je pense que Yann Moix, dans son déversement de bile, a prétendu que la Suisse n’avait pas sécrété un seul génie depuis Jean-Jacques Rousseau. Alors qu’elle a produit une légende! Signe d’une incurie crasse du petit trublion d’opérette hexagonal.
Heureusement que Federer n’est pas Français
Aussi ne puis-je m’empêcher de revenir sur ce seizième titre en Grand Chelem. Je sais, dimanche dernier c’est loin et vous pensez que tout a été dit sur cette finale. Pas tout à fait. D’une part si on a glosé à l’envi sur le talent incomparable de la huitième merveille du monde, et que l’intéressé lui-même n’a cessé de répéter qu’il avait joué le meilleur tennis de sa carrière, on a oublié de relever l’essentiel. En- dehors de la menace Davydenko, Sa Grace a pu se balader plus tranquille que Baptiste sur le Central de Melbourne. Particulièrement face à Andy Murray, d’ailleurs.

Roger Federer le 1er février dernier à Melbourne. (AFP)
Mais outre cette nouvelle victoire acquise les doigts dans le nez, ce dont je me félicite le plus, je l’avoue, c’est que « Rodgeur » ne soit pas Français. Car après les dithyrambes logorrhéiques suscitées dans les médias tricolores par l’accession de Jo-Wilfried Tsonga dans le dernier carré, je vous laisse imaginer l’ampleur de la tempête si d’aventure nos chers voisins possédaient un tel mythe…
Reagissez à cette chronique!
les chroniques
Liliane Maury Pasquier et Maria Roth-Bernasconi
Chaque semaine, les conseillères aux Etats et nationale Liliane Maury Pasquier ...
Mélanie Richoz
Petits tracas quotidiens
Edmée
Chaque jeudi, notre chroniqueuse égratigne les stars du sport
Barbara Polla
Médecin et galeriste, elle croque la vie de mille et une façons.
Etienne Dumont, journaliste
La petite actualité insolite féminine de la Planète. Prochaine chronique ...
Beth Krasna
Chaque semaine, un décryptage subtil et éclairé de l'information économique ...
Emily Turrettini
La fondatrice de Netsurf porte chaque semaine un regard sur l'actualité du Net
Stephanie Booth
Chroniques du monde connecté. Chaque lundi, un coup d'œil humaniste dans ...
J'aime également souvent
J'aime également souvent votre ton décalé et votre écriture. Les premières lectures ont été une révélation!
Cependant, il m'attriste souvent de remarquer le manque de documentation. Jamais de saut à ski à la tv? Laissez moi rire. Quant aux critiques plus que virulentes à l'égard d'Aline Bonjour... loin d'être nécessaires, elles auraient mérité un minimum d'investigations. Swiss Ski l'a laissé tombé le jour où elle est montée dans le cadre A. J'appuie néanmoins fortement vos critiques à l'égard des commentateurs de la tsr, mais il serait temps de chercher à comprendre un minimum le monde du sport avant de le critiquer. Et rassurez-vous, une fois compris, il reste nombre de remarques à formuler à l'encontre des sportifs, des fédérations et des médias.
Bonne journée!
J'adore votre
J'adore votre plume.............. ( et en plus j'accompagne vos impressions ....)
Bonne journée......T.